Mélenchon, une occasion historique

Ce dimanche 10 avril 2022, le peuple français a une occasion historique : propulser le partage des richesses, la bifurcation écologique et la 6ème République au second tour de l’élection présidentielle. Notre article.

Pour le partage des richesses

300 000 personnes à la rue dans la 6ème puissance économique du monde. 9 millions d’êtres humains sous le seuil de pauvreté. Nos étudiants obligés de faire des files d’attentes interminables pour pouvoir manger. Jusqu’à quand allons-nous continuer à accepter ça ? Quand, « en même temps », 5 milliardaires possèdent à eux seuls autant que 27 millions d’entre nous. Jusqu’à quand allons-nous accepter que les 38 millions de Français gagnant moins de 2000 euros par mois, survivent en moyenne avec 55 euros… dès le 10 du mois.

Après 2 ans de confinements, les bombes russes sur le peuple ukrainien, les va-t-en-guerre oubliant l’héritage de Jaurès, les prix qui explosent, cette lame de fond, la crise sociale, écologique et démocratique, qui fracasse le pays, le peuple n’en peut plus. Ce dimanche, une occasion historique lui est apportée pour tourner la page de 40 ans de néolibéralisme, de politiques de droite comme de « gauche » au service du capital contre le travail, du privé contre le public, de l’argent contre les gens.

Je pense à mon oncle. À 47 ans, après avoir travaillé toute sa vie, s’être brisé le dos chaque jour depuis 30 ans, qui se lève toutes les nuits à 3 heures du matin, pour 1200 euros. Aux femmes de ménages de Disneyland, à l’esclavage moderne. À toutes ces invisibles, oubliées, exploitées, pour un salaire de misère pour engraisser les actionnaires. À tous ceux qui, comme l’écrit Édouard Louis dans Qui a tué mon père, ressentent les décisions politiques dans leurs chairs. Toutes celles et tous ceux fracassés par la guerre sociale féroce que mène Emmanuel Macron.

Ce dimanche, une bouffée d’oxygène inespérée, pourrait enfin améliorer leur vie : le SMIC à 1400 euros net, le blocage des prix des produits de première nécessité et le retour de l’essence à 1,40€ le litre, plus aucune personne en dessous du seuil de pauvreté, la retraite à 60 ans, l’allocation autonomie de 1063 euros pour tous les étudiants du pays… Une révolution des conditions matérielles d’existences, par un simple bout de papier.

Nous ne pouvons pas, collectivement, continuer à accepter d’être exploités toutes nos vies pour des miettes, pendant que le capital se gave sur notre travail. Nous ne pouvons pas laisser 5 extrêmes-riches posséder autant que 27 millions de personnes dans ce pays. Avec les 236 milliards supplémentaires engrangés en 19 mois de crise sanitaire par les milliardaires français, la France pourrait quadrupler le budget de l’hôpital public, ou distribuer un chèque de 3500 euros à chaque Française et à chaque Français.

Tant que nous élirons des gouvernements néolibéraux, mettant l’État entier au service du capital contre le travail, rien ne changera. Le scandale McKinsey symbolise cette collusion entre l’État et le capital, ce que le philosophe Frédéric Lordon a appelé « l’Étatpital ». Le parcours d’Emmanuel Macron, banquier d’affaire propulsé à l’Élysée, et ses liens d’amitiés avec ces cabinets de conseils, constitue un idéal-type. 2,4 milliards d’euros d’argent public, notre argent, pour conseiller à Macron de nous dépouiller. Sans payer d’impôt en France. La séparation de l’État et de l’argent, la séparation du pouvoir exécutif des intérêts du capital, est une urgence vitale.

Le capital, ceux que Frédéric Lordon a appelé « les porcs », ne sont pas des demis-dieux intouchables. Ils ont des noms, ils ont des adresses. Bernard Arnault (LVMH), Françoise-Meyers Bettencourt (L’Oréal), François Pinault (Kering) et les frères Alain et Gérard Wertheimer (Chanel), ont, à eux seuls, augmenté leur fortune de 173 milliards d’euros en 19 mois de crise sanitaire. Pendant que 4 millions de Français basculaient dans la pauvreté. Le peuple peut les faire chuter de leur olympe.

Le peuple français l’a fait plusieurs fois dans son Histoire. La République est née de la grande Révolution. Ce dimanche, la révolution citoyenne peut advenir par les urnes : encadrement des salaires entre 1 et 20 dans les entreprises, rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF), taxe sur les profiteurs de crise, impôt universel pour aller chercher les riches jusqu’en enfer s’il le faut pour qu’ils payent leurs impôts, révolution fiscale avec 14 tranches d’impôts pour que toutes celles et tous qui touchent moins de 4000 euros dans ce pays, puissent enfin respirer.

Pour la bifurcation écologique

Le capital détruit l’humain, et la planète. Incendies, sécheresses, canicules, montée des eaux, inondations… Les rapports du GIEC successifs ont crié l’urgence dans le désert. Madame la Marquise, le château brûle je sais c’est fou, pour une fois, je vous en prie réveillez-vous, les flammes ont déjà attaqué les foules, regardez autour, le château brûle, l’air est rempli de soufre, reste-t-il encore des issues de secours, réagissez avant que tout s’écroule, le temps est compté, Madame la Marquise. Comme le chante l’artiste, le temps est compté avant que tout s’écroule : nous avons 3 ans selon le dernier rapport du GIEC. Pas 5 nouvelles années à perdre avec un gouvernement déjà condamné à deux reprises pour inaction climatique, donc.

Ça tombe bien : un programme de rupture écologique est en position de se qualifier au second tour. La règle verte, ne pas prendre d’avantage à la nature que ce qu’elle est capable de reconstituer en 1 ans, la planification de la bifurcation écologique de notre modèle économique, la sortie des traités de libre-échange, le protectionnisme écologique pour relocaliser la production et protéger notre industrie et nos agriculteurs, l’aide à l’installation et la caisse de dégrèvement pour toutes celles et tous ceux qui voudront se lancer dans l’agriculture biologique, la sortie des énergies fossiles et du nucléaire, de l’austérité budgétaire pour pouvoir enfin investir massivement dans les énergies renouvelables, et surtout, enfin, s’attaquer au responsable du dérèglement climatique : le capital.

Des gens se réclamant de l’écologie politique arrivent à réaliser l’exploit de parler d’écologie sans jamais nommer la cause du réchauffement climatique : le capitalisme. Hervé Kempf l’a écrit il y a 15 ans maintenant : ce sont les riches qui détruisent la planète. 100 multinationales sont à l’origine de 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Et non les pauvres, obligés de prendre leur voiture pour aller travailler, faire des kilomètres pour survivre, face à la destruction de nos services publics. Les tenants de l’écologie libérale, de la responsabilité individuelle, du pipi sous la douche, la gauche bourgeoise, transforment les victimes du réchauffement climatiques en responsables.

Pour la 6ème République

Les mêmes qui se sont bouchés le nez au lancement des Gilets Jaunes, ce moment où, le peuple est monté à Paris pour exprimer son ras-le-bol, l’urgence de partager les richesses dans la 6ème puissance économique du monde. Réponse du monarque présidentiel ? 5 mains arrachées, 40 yeux crevés, 4 439 blessés. Une répression policière d’une férocité inouïe, que subissent depuis des années les habitants de quartiers populaires.

Ce quinquennat aura réalisé l’exploit de faire naître les deux plus longs mouvements sociaux depuis 50 ans en France, les Gilets Jaunes et les retraites. Sans oublier les marches historiques contre les violences et le racisme policier à l’appel du comité Adama, contre les violences sexistes et sexuelles à l’appel du collectif NousToutes, contre l’inaction climatique des jeunes pour le climat. Ce dimanche, c’est l’occasion d’une révolution féministe et d’une révolution dans la police, de propulser ce qu’Aurélie Trouvé a appelé le bloc arc-en-ciel, au second tour de l’élection présidentielle.

Ce quinquennat restera comme celui de mouvements sociaux historiques, d’une diversité sociologique rare : Gilets Jaunes venus de la France périphériques, syndicalistes, habitants des quartiers populaires, jeunes des classes favorisés, militantes féministes et LGBTI, fonctionnaires appartenant aux classes intermédiaires, et même magistrats… Emmanuel Macron aura réalisé l’exploit de coaliser contre lui des composantes du peuple très différentes, reçues par un mépris présidentiel sans précédent dans l’Histoire de la 5ème République.

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Face à la crise démocratique qui fracasse le pays, alors que 66 % des électeurs sont restés chez eux lors de la dernière élection, alors que lorsque le peuple manifeste et que la réponse du pouvoir se résume en gaz lacrymogène et tirs de LBD, il est urgent de renouer avec le fondement de la République : la souveraineté populaire. Reprendre le fil rouge lancé par nos ancêtres en 1789 et convoquer une Constituante pour la 5ème fois de l’Histoire de France, après 1789, 1848, 1945 et 1946. Convoquer une Constituante pour que le peuple réécrive les règles communes : la constitution de la 6ème République. Un acte révolutionnaire qui redonnerait le pouvoir au peuple. Une révolution accessible en glissant un bout de papier dimanche, un bout de papier qui permettrait d’instaurer le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) et le pouvoir de révoquer les élus en cours de mandat.

Après les cahiers de doléances rédigés par les Gilets Jaunes, issus de notre longue tradition révolutionnaire française, l’objectif de la 6ème République est que le peuple puisse faire de la politique, intervenir dans la vie de la cité et choisir les sujets prioritaires. Alors que la zemmourisation médiatique a atteint son paroxysme durant ce quinquennat, l’obsession de l’islam, de l’immigration, de l’identité nationale, l’expression d’un racisme de plus en plus décomplexé en France a grand remplacé le partage des richesses, la crise démocratique et l’urgence écologique dans le temps d’antennes. Une diversion identitaire financée à coup de milliards par Vincent Bolloré. Face à cette diversion médiatique insupportable, invisibilisant les priorités des Français, le besoin d’une loi s’attaquant à la concentration des médias français entre les mains de 9 milliardaires est vital. Concentration médiatique qui s’est radicalisée sous les attaques répétées de Vincent Bolloré et du gouvernement à la liberté de la presse, à l’image du journaliste Rémy Buisine piétiné sous les bottes des CRS.

Pour nos services publics à bout de souffle

Enfin, comment ne pas citer comme raison qui suffirait à elle seule pour aller voter dimanche, l’état de nos services publics, et au premier rang desquels, l’urgence absolue dans laquelle se trouve notre Hôpital. Comment laisser repasser un gouvernement qui a réalisé 4 milliards d’euros d’économie sur notre Hôpital, fermé 17 000 lits, dont 5 700 lits en 2020, en pleine crise sanitaire, envoyé nos soignants en première ligne en sacs poubelle, avant de les matraquer et de les gazer. Les applaudissements aux balcons et aux fenêtres tous les soirs à 20 heures semblent appartenir à une autre époque. L’Hôpital est abandonné, les soignants en burn-out, des services d’urgences ferment à travers tout le pays faute de personnel.

Mais l’Hôpital n’est malheureusement pas le seul service public à bout de souffle. L’éducation nationale, ravagée par 5 ans de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation sans doute le plus détesté de l’Histoire de la 5ème République. L’École ravagée par la suppression de 7 900 postes dans le seul second degré (l’équivalent de 166 collèges), et confronté à une crise de vocation inquiétante du métier d’enseignant : avec une baisse de 30 % du nombre de candidatures au CAPES depuis 20 ans, et un nombre de démissions enseignantes quadruplé depuis 2012.

La liste de nos services publics en extrême souffrance est malheureusement trop longue. La Justice, la Police, les pompiers, la Recherche, les métiers du soin en dehors de l’Hôpital, les transports, la poste, les travailleurs sociaux… Tous sont au bord du craquage pour une seule et même raison : l’austérité sanglante, le choix économique du gouvernement. Et ce « en même temps » que les milliards d’euros déversé sans aucune contrepartie sur des grands groupes qui, trop contents de pouvoir se gaver d’argent public, font pleuvoir les dividendes tout en continuant à licencier. Le monde peut s’écrouler, une pandémie mondiale peut ravager la planète, que le capital peut réaliser encore plus de profit. C’est même l’essence du capitalisme : détruire l’humain et la nature pour s’enrichir.

Pour l’Insoumission

Heureusement, à l’opposé de l’égoïsme du capital, un autre monde existe déjà, c’est même ce que nous avons de plus beau à l’intérieur de nous : l’attention aux autres, le partage, la solidarité, la Fraternité. L’entraide, théorisé par Pablo Servigne, contre le chacun pour soi. Plutôt qu’avoir comme projeeet de société « ces jeunes Français qui rêvent de devenir milliardaire », passer à l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature.

Cet autre monde est possible, il suffit de regarder notre jeunesse. Loin de rêver des Bullshit jobs, théorisé par David Graber, de ces métiers vides de sens mais grassement rémunérateurs, notre jeunesse rêve de métiers avec du sens. Pour relever les défis du siècle, pouvoir agir face à la crise climatique et sociale, pouvoir être rémunérée en travaillant pour l’intérêt général, être rémunérée pour ses passions avec un salaire lui permettant de vivre dignement. Pour mettre fin à la reproduction sociale, briser la roue de l’Histoire l’année des 20 ans de la mort de Pierre Bourdieu.

Loin du fantasme du « grand-remplacement », des obsessions identitaires de l’extrême-droite relayées par les médias possédés par les milliardaires, l’immense majorité du peuple n’est pas dupe. La majorité d’entre nous s’enrichit de la créolisation, du partage, de la différence, malgré les tentatives martelées pour nous diviser. L’extrême-droite et les terroristes partagent ici le même dessein : tracer une ligne de démarcation entre les Français musulmans et les Français non-musulmans, mais l’Union populaire et la fraternité républicaine est plus forte.

La division du peuple au service du capital, n’est pas nouvelle. Mais il est temps de collectivement relever la tête, plutôt que de nous diviser entre nous. Deux chiffres en miroir : les 500 familles les plus riches du pays ont doublé leur fortune en 4 ans de Macron, passant de 570 milliards en 2017 à 1000 milliards en 2021, quand « en même temps » 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.

Contre le projet de Macron en cas de réélection

Et le projeeet de Macron en cas de réélection, consiste en une guerre sociale encore plus féroce contre le peuple. Recul de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, alors qu’après avoir charbonné toute leurs vies, 25 % des plus pauvres d’entre nous sont déjà morts à 62 ans. Après s’être attaqué de manière sanglante à l’assurance-chômage, Emmanuel Macron a annoncé vouloir s’attaquer au RSA, menaçant d’une mise en péril absolue les plus fragiles de notre société.

Après s’être attaqué à l’Hôpital, avec les conséquences morbides que l’on connaît, Emmanuel Macron projette de s’attaquer à l’École. La transformer en entreprise, conditionnant la rémunération des enseignants aux résultats des élèves, ouvrant la recherche à la concurrence internationale, tout en préparant « en même temps » de nouveaux milliards d’euros de cadeaux sans aucune contrepartie au capital. Sans parler de la nouvelle attaque prévue du droit d’asile, après la loi Asile immigration et les tentes lacérées, ni de la poursuite de la destruction industrielle du pays, après un quinquennat qui aura vu 100 usines sacrifiées chaque année et 38 000 emplois industriels détruits depuis 2017.

Pour lutter (vraiment) contre l’extrême-droite

Emmanuel Macron avait d’autres priorités durant ce quinquennat qu’il refuse de défendre devant les autres candidats. Ses ministres ont par exemple préféré s’attaquer durant des mois à un « islamogauchisme » imaginaire, plutôt qu’à l’extrême-droite. Et osent aujourd’hui se poser en rempart à cette dernière. Plutôt culotté quand on se souvient de l’interview d’Emmanuel Macron à Valeurs actuelles, qualifié de « très bon journal », sa réhabilitation de Pétain et Maurras, Marine Le Pen qualifiée de « trop molle » sur l’islam par Gérald Darmanin, le coup de fil à Éric Zemmour et l’intérêt pour sa note sur l’immigration, la loi séparatisme pour faire diversion… Emmanuel Macron et ses ministres n’ont eu de cesse de reprendre le vocabulaire et de faire monter les thématiques chères à l’extrême-droite durant 5 ans.

Pendant ce temps-là, un petit village résistait encore et toujours à l’envahisseur, à l’explosion des idées et des violences d’extrême-droite dans le pays, organisant des marches contre l’extrême-droite dans plus de 140 villes du pays avec plus de 110 organisations et allant démasquer Marine Le Pen et Eric Zemmour devant la France entière. Qui d’autre a plus combattu l’extrême-droite durant ce quinquennat ?

Refus d’augmenter le SMIC, de bloquer les prix, de dégeler le point d’indice des fonctionnaires, recul sur les retraites, arnaque sur l’ISF, remboursement de la dette, maintien de la flat-tax, austérité dans les services publics, mais également absences à l’Assemblée nationale sur la réforme des retraites, l’impôt sur la fortune, la taxe sur les profiteurs de crise, la nationalisation des autoroutes, le RSA pour les 18/25 ans, Parcoursup, les violences faites aux femmes, l’endométriose, le RIC… Jean-Luc Mélenchon a démasqué Marine Le Pen durant cette campagne. Pendant que certains des candidats de « gauche » ont passé leur campagne à concentrer leurs coups sur Jean-Luc Mélenchon, le candidat de l’Union populaire a refusé de répondre, et a été celui qui a le plus fermement tenu la tranchée contre l’extrême-droite et contre Emmanuel Macron.

Pourquoi Mélenchon ?

Mais pourquoi Mélenchon ? Si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous l’aurez déjà compris : non pas pour une personne mais pour un programme. Non pas pour une personnalité, mais pour passer à la 6ème République pour mettre fin à l’hyper-personnalisation du pouvoir concentré dans les mains d’un seul homme sous la 5ème République. Mais n’évacuons pas la question de la personnalité : Jean-Luc Mélenchon est souvent considéré comme trop nerveux. Mais est-ce une mauvaise chose d’être révolté dans ce monde là ? Préférez-vous un Emmanuel Macron, propre sur lui, qui ferme 5 700 lits d’hôpitaux en plein pandémie et fracasse les Gilets Jaunes avec le sourire ?

Face à l’urgence sociale, climatique et démocratique, le scrutin de dimanche est crucial pour l’avenir du pays. Et Jean-Luc Mélenchon, qu’on le veuille ou non, a le meilleur programme pour y répondre. Ce n’est pas moi qui le dit mais nos associations : Greenpeace, Notre Hôpital, Osez le Féminisme, Oxfam, L214, la Conférence Nationale du logement, France Nature environnement…Un programme plébiscité non seulement par les associations, mais plus largement par une (très) large majorité de Français.

Un programme plébiscité par une large majorité de Français

81% des Français sont pour l’augmentation du SMIC à 1400 euros net, 85% des Français sont pour taxer les dividendes des actionnaires des plus grandes entreprises, 78% des Français sont pour le rétablissement de l’Impôt sur la fortune (ISF), 91% des Français sont pour contrôler l’utilisation des aides publiques aux entreprises et les réorienter vers les TPE-PME, 92% des Français sont pour la baisse de la TVA sur les produits de la vie courante, 93% des Français sont pour instaurer un grand plan de réinvestissement dans les services publics, en particulier la santé, 80% des Français sont favorables à une taxe sur les profiteurs de crise, 90% des Français sont pour la garantie d’emploi, 70% des Français sont pour la retraite à 60 ans, 83% des Français sont pour que chaque retraité touche au minimum une pension égale au SMIC, 90% sont pour un pôle public du médicament, 80% sont pour le plafonnement des frais bancaires, 70% des Français sont pour que l’impôt baisse pour ceux qui gagnent moins de 4000 euros par mois. Et ainsi de suite.

Sur les propositions écologiques, là aussi, les Français plébiscitent les mesures proposées par les insoumis : 83% des Français sont d’accord pour interdire de prélever chaque année plus de matières premières que la Terre est capable de reconstituer en un an, la fameuse « règle verte » que Jean-Luc Mélenchon porte depuis plus de 10 ans, 74% des Français sont favorables à l’objectif de 100% d’énergies renouvelables en 2050, 87% des Français sont favorables à un plan national d’isolation des bâtiments pour lutter contre la précarité énergétique, à un plan de création de 300 000 emplois dans l’agriculture (86%) et de 300 000 emplois dans le domaine de la Mer (83%), près de 9 Français sur 10 (89%) sont pour un plan de relocalisation en France des produits essentiels à la vie quotidienne, autant de plébiscites allant dans le sens de la planification de la bifurcation écologique, victoire idéologique des insoumis.

Pour l’Union Populaire

Enfin, car Jean-Luc Mélenchon est loin d’être seul, et qu’il est même sacrément entouré. Par une équipe d’invisibles, par 17 député.e.s qui ont abattu le plus gros travail législatif des groupes parlementaires et ont été de toutes les luttes durant ce mandat, par 6 eurodéputé.e.s au Parlement européen, une équipe renforcée par de très nombreux nouveaux visages ces derniers mois, venus du champ associatif, intellectuel, syndical, artistique, politique, rassemblés au sein du Parlement de l’Union populaire, lieu où s’est finalement concrétisée l’union de la gauche.

Force est de constater que la stratégie d’Union populaire des insoumis, d’union à la base autour d’idée, fonctionne. La campagne présidentielle de conviction autour du programme, lancée il y a 16 mois, porte ses fruits : le candidat de l’Union populaire enregistre la plus forte dynamique de cette fin de campagne, et se retrouve en position de se qualifier au second tour. Le seul candidat en position de battre Le Pen dès le premier tour, le plus efficace pour arrêter de faire monter l’extrême-droite et s’exposer à ce qu’elle finisse par arriver au pouvoir en France, et pour propulser le partage des richesses, la bifurcation écologique et la 6ème République au second tour.

Après la trahison des classes populaires du parti socialiste avec le quinquennat Hollande, Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat à pouvoir qualifier la (vraie) gauche au second tour. Une occasion révolutionnaire : la révolution citoyenne par les urnes contre le capitalisme et le néolibéralisme qui brise nos vies depuis 40 ans. L’ère du peuple.

Par Pierre Joigneaux.