Comment Macron a fait monter l’extrême-droite en 6 points

Macron. Lors de son seul et unique meeting de cette campagne présidentielle, Emmanuel Macron n’a pas hésité à dénoncer l’extrême-droite par ces mots : « La France, on ne la critique pas, on ne la divise pas, on la prend et on l’aime comme elle est. » Celui qui a été élu en 2017 pour lui faire barrage a manqué une occasion de se taire. Son quinquennat a été un tremplin pour les idées d’extrême-droite : interview à Valeurs Actuelles, réhabilitation de Pétain et Maurras, Marine Le Pen qualifiée de «  »trop molle » par Gérald Darmanin, l’appel à Éric Zemmour parce qu’il s’était fait agressé dans la rue, laisser-faire face à la zemmourisation médiatique, chasse à l’islamo-gauchisme. Notre article.

Le quinquennat Macron, tremplin des idées d’extrême-droite

Comment prétendre faire barrage à l’extrême-droite en réhabilitant deux de ses figures emblématiques ? C’est l’exercice très périlleux auquel s’est essayé Emmanuel Macron en 2018. En effet, il avait qualifié le maréchal Pétain de « grand soldat« , suscitant un tollé de la classe politique. Jean-Luc Mélenchon n’avait pas manqué de faire part de son indignation en déclarant : « Pétain est un traître et un antisémite. Ses crimes et sa trahison sont imprescriptibles. » Emmanuel Macron n’avait également pas hésité à réhabiliter Charles Maurras, père de l’extrême-droite française en 2029.

Lorsque Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a débattu avec Marine Le Pen, et que celui-ci lui a déclaré qu’elle était « trop molle » pour lui, cela a suscité de vives réactions de l’opposition et de l’embarras jusque dans les rangs de LREM. Un ministre de l’Intérieur, membre d’un gouvernement qui devrait lutter contre l’extrême-droite, exprimant que la patronne de cette dernière serait « trop molle » dans la lutte contre l’islamisme ? Certains ont sûrement crû rêver, mais c’est bel et bien arrivé.

Face à la misère étudiante, le gouvernement avait préféré mener une écœurante diversion : agiter le drapeau de la menace d’un pseudo « islamo-gauchisme » qui gangrènerait les universités. Légitimer un terme dangereux venant de l’extrême-droite plutôt que de se préoccuper d’étudiants qui crèvent de faim. La levée de boucliers des enseignants-chercheurs et des institutions scientifiques ne s’est pas faite attendre. Le CNRS s’est fendu d’une réplique cinglante à la macronie : « l’islamo-gauchisme » n’est pas une réalité scientifique« . Plus que jamais, le quinquennat Macron aura été un tremplin pour les idées d’extrême-droite.

5 ans de macronisme, 5 ans de banalisation de l’extrême-droite

Nous nous souvenons tous qu’Emmanuel Macron avait appelé le polémiste, à l’époque, Eric Zemmour, lorsque celui-ci s’était fait agressé et insulté dans la rue. Appeler un polémiste d’extrême-droite délinquant multirécidiviste condamné pour incitation à la haine serait acceptable. En revanche, contacter des familles dont leurs enfants ont été victimes de violences policières serait trop demandé ? Cela n’a jamais été fait.

La banalisation de l’extrême-droite ne s’est pas arrêtée là. Emmanuel Macron, sans vergogne, a donné une interview au magazine d’extrême-droit bien connu, Valeurs Actuelles, qu’il a osé qualifier de « très bon journal« . Ce n’est pas la République, mais bien la banalisation de l’extrême-droite qui a été en marche pendant 5 ans de macronisme.

Enfin, face à la zemmourisation médiatique, Emmanuel Macron n’a rien fait. Rien fait du tout face à l’empire Bolloré, moteur de cette zemmourisation médiatique, rien fait face aux discours d’extrême-droite se propageant de plus en plus dans les médias. La banalisation de l’extrême-droite par Emmanuel Macron a été totale, et il est très loin d’avoir construit un barrage avec elle, bien au contraire. Plutôt que de réélire un passe-plat de l’extrême-droite, un seul bulletin les 10 et 24 avril : celui de l’Union populaire, celui de Jean-Luc Mélenchon.