Scandale : l’écologie n’occupe que 2,7% de l’espace médiatique

La crise écologique est la plus grave crise que l’humanité n’ait jamais connue. 94% des Français considèrent que l’écologie est « un enjeu capital ». L’écologie devrait être au cœur de la campagne présidentielle. Et pourtant, l’écologie n’occupe que… 2,7% de l’espace médiatique. Un chiffre qui vient d’être publié ce jeudi 17 février 2022 par l’institut Onclusive (ex-Kantar) à partir de l’analyse de 120 médias (télévision, radio, presse écrite et en ligne). Un chiffre qui devrait provoquer un électrochoc médiatique à 50 jours du premier tour de l’élection présidentielle, alors que notre gouvernement a été condamné à deux reprises durant ce quinquennat pour inaction climatique. Nous n’avons plus 5 ans à perdre. Notre article.

L’écologie, un « enjeu capital » pour 94% des Français

L’écologie, 30 ans qu’on en parle, 30 ans que nos gouvernements ne font rien, ou si peu de choses face à l’urgence. Pourtant, l’écologie fait partie des trois principales priorités des Français en vue de l’élection présidentielle. 94% des Français considèrent que l’écologie est un « enjeu capital ». Face au dérèglement climatique, « 64% des Français accepteraient des changements importants dans leur mode de vie à condition qu’ils s’appliquent de façon juste entre tous les membres de la société« .

Face à cet « enjeu capital », les Français approuvent les mesures que proposent les insoumis. Ainsi, la planification écologique est approuvée par 83% des Français qui sont favorables à la « règle verte » . Elle correspond à l’interdiction de prélever chaque année plus de matières premières que la Terre n’est capable d’en reconstituer en un an. 87% d’entre eux sont favorables à un plan national d’isolation des bâtiments pour lutter contre la précarité énergétique. Enfin, 89% des Français sont favorables à l’interdiction du glyphosate.

2022 : la planète brûle, les médias regardent ailleurs

Le 1er février 2022, 1 400 chercheurs publiaient une tribune sur France Info. Ils s’inquiétaient « de « l’absence de débat » sur le climat » dans le cadre de la campagne présidentielle. Ils appelaient aussi « les candidats […] à détailler leurs propositions » à ce sujet. Chose que Jean-Luc Mélenchon s’évertue à faire tant bien que mal, en parlant de planification écologique et de « règle verte » notamment, comme sur le plateau de France 2 ce 11 février. Un effort salué notamment par l’ONG Greenpeace. Mais nombre de médias zemmourisés ou plutôt bollorisés préfèrent relayer les obsessions identitaires et sécuritaires.

Cette tribune fait écho à une deuxième appel sorti aujourd’hui dans Le Monde. En effet, l’Affaire du siècle vient de publier une tribune intitulée « Ensemble nous affirmons : pas de climat, pas de mandat ! ». Elle exige que l’écologie soit bien plus présente dans les débats de la campagne présidentielle. Leur appel, que tout le monde peut signer et soutenir, est déjà en ligne sur leur site. Pour rappel, l’Affaire du siècle est une initiative citoyenne portée par 4 organisations de protection de l’environnement et de solidarité internationale : Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), Greenpeace France et Oxfam France.

2,7% de l’espace médiatique pour parler de la plus grave crise que l’humanité n’ait jamais eue à affronter

Pour « L’affaire du siècle », l’institut Onclusive (ex-Kantar) a développé un baromètre du climat afin de mesurer son « bruit médiatique » dans la campagne, à partir de l’analyse de 120 sources (télévision, radio, presse écrite et en ligne). Le premier baromètre vient de sortirce jeudi 17 février : il indique que les questions climatiques ont représenté 2,7 % du « volume rédactionnel » consacré à la campagne lors de la semaine du 8 au 13 février. 2,7% pour un « sujet capital ». 2,7% pour parler de la plus grave crise que l’humanité n’ait jamais eue à affronter

Cela ne peut plus durer. Il est temps que les médias s’emparent réellement de l’écologie et dans son ensemble, et que les candidats portent haut leurs propositions à la matière. Pour enfin s’éloigner des obsessions identitaires et sécuritaires de la macronie, de la droite et de l’extrême-droite, relayées avec acharnement par les médias.