2022 : message aux pessimistes

Je voulais écrire ce message aux pessimistes. Pour tous ceux qui croient que le combat est perdu avant de l’avoir mené. Et pour tous ceux qui ne croient plus, ou qui n’ont jamais cru en « la politique ». J’étais moi même méfiant à l’égard du champ politique, de sa professionnalisation, de sa déconnexion du réel, de la guerre sociale, je le suis toujours.

Ramener le réel en politique

Mais augmenter le SMIC à 1400 euros net, c’est réel. Instaurer une garantie d’autonomie à 1063 euros net pour que plus personne ne vive en dessous du seuil de pauvreté, c’est réel. Instaurer une garantie d’emploi par l’État pour que tout chômeur de longue durée puisse travailler si il le souhaite, c’est réel : on parle de centaines de milliers d’emplois chiffrés dans l’Avenir en commun, les besoins pour la bifurcation écologique et sociale sont immenses.

Convoquer un référendum (article 11) pour lancer la Constituante et écrire les règles de la 6ème République, c’est réel. On l’a déjà fait dans notre Histoire, et d’autres peuples le font en ce moment même. Une 6ème semaine de congés payés, c’est réel. Même dans leurs rêves les plus fous, les travailleurs du début du 20ème siècle n’auraient pas osé imaginer qu’un jour ils pourraient partir en vacances payées. Et si 1 Français sur 3 ne part toujours pas en vacances en 2021, 2/3 d’entre nous avons la chance de pouvoir poser nos fesses sur le sable au moins une fois dans l’année. Et ça, personne ne nous l’a donné, nos aïeux l’ont arraché au capital.

La guerre sociale que le capital voudrait vous faire oublier

Car la guerre sociale, elle est réelle. C’est pas moi qui le dit, c’est l’ancienne plus grande fortune du monde, Warren Buffet : « c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ». Personne ne peut me regarder dans les yeux et le contredire : 26 milliardaires possèdent aujourd’hui autant que la moitié de l’humanité. 26 personnes possèdent autant que 3 milliards 500 millions d’être humains. C’est réel.

Le capital voudrait vous le faire oublier. Mais s’il y a des millions de pauvres, c’est bien parce qu’une poignée de personnes confisque tout. De l’enfer des pauvres est fait le paradis des riches, c’est pas moi qui le dit. En France, la fortune des 500 familles a doublé sous ce quinquennat, elle est passée de 570 milliards en 2017, à 1000 milliards en 2021. « Et en même temps », 4 millions de personnes ont basculé dans la misère ces deux dernières années.

Qui possède les médias qui vous disent que le partage des richesses est utopique ?

Vous le voyez tous les jours. Il suffit de prendre le métro. Il suffit d’ouvrir les yeux quand on marche dans la rue. Il suffit d’avoir des étudiants dans son entourage, d’accepter de voir ces images de notre jeunesse dans des files d’attentes interminables devant les soupes populaires. Et « en même temps » vous les voyez ces villas, ces yachts, ces festins sous les dorures du palais privé de Pierre Jean Chalençon pendant que 8 millions de Français ont besoin de l’aide alimentaire pour bouffer.

Qui vous a fait croire que le partage des richesses serait une utopie ? Qui vous a mis cette idée dans la tête : de toute façon on ne pourrait pas partager ? Qui possède les médias que vous regardez ou que vous avez éteint ? 90 % sont aux mains de 9 milliardaires. Ils ont tout sauf intérêt que vous vouliez partager les richesses. Tout sauf intérêt que vous vous convainquiez de l’urgence absolue d’une bifurcation écologique radicale de nos économies.

100 multinationales à l’origine de 70% des émissions de gaz à effet de serre

Pourquoi ? Car ce sont 100 multinationales qui sont à l’origine de 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Triez vos ordures, faites pipi sous la douche, prenez moins votre voiture, alors même que vous n’avez bien souvent pas d’autre choix comme ils ont détruit les services publics, mais surtout, surtout, ne levez jamais la tête vers le capital.

C’est la faute de votre voisin immigré. C’est encore mieux si il est musulman. C’est lui qui, assoiffé de richesse, a délocalisé la production là où la main d’œuvre coûte moins cher (merci l’Union européenne de la paix entre les peuples) tout en se gavant de milliards d’aides publiques et en reversant des milliards de dividendes.

Des milliards d’argent public sans aucune contrepartie = des milliards de dividendes + des pluies de licenciements

Car c’est bien ça aujourd’hui le schéma : pendant que les TPE PME croulent sous les charges, les grands groupes se gavent de milliards d’argent public sans aucune contrepartie « et en même temps » distribuent des milliards aux actionnaires tout en licenciant à tours de bras, en toute impunité.

Un seul exemple : Sanofi en 2020. 9,5 milliards de chiffre d’affaires, 4 milliards de dividendes, 1,5 milliard d’argent public (CIR) et… 400 postes supprimés en plein Covid… dans sa branche recherche et développement… en vaccin… en pleine pandémie mondiale… alors même que la France n’a pas trouvé de vaccin. Vous trouverez tous les chiffres sur les profiteurs de crise et le gavage du CAC 40 en pleine pandémie dans l’excellent rapport de l’Observatoire des multinationales. Encore 51 milliards de dividendes cette année. Le CAC 40 a vécu sa meilleure vie en 2021, et c’est pas moi qui le dit, c’est les Echos (dangereuse officine communiste) : le CAC 40 bat son record historique.

Don’t Look Up : la soif du capital freinera la bifurcation écologique jusqu’à quand ?

Le capital détruit l’humain et la planète, c’est réel. On le répète : 100 multinationales sont à l’origine de 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Frottez-vous les yeux un bon coup et relisez la phrase précédente, non ce ne sont pas les gilets jaunes obligés de prendre leur voiture qui sont responsables du dérèglement climatique, c’est la soif infini du capital.

Le film Don’t Look Up caricature bien pour qu’on comprenne : une météorite de plusieurs dizaines de kilomètres peut se diriger droit sur nous et les scientifiques nous alerter, que le capital, illustré ici par le personnage représentant les GAFAM (un mix de Elon Musk, Jeff Bezos et Mark Zuckerberg), peut préférer faire annuler la mission de bifurcation de la trajectoire, de sauvetage de l’Humanité, pour amasser toujours plus de profit.

Bonne nouvelle : une (très) large majorité de Français pour des mesures de rupture radicale

Bonne nouvelle : avec l’épuisement des énergies fossiles, les pics pétroliers atteint dans les pays plus gros producteurs, cette course effrénée du capitalisme financiarisé va bien être obligé de s’arrêter. Les traités de libre échange et les multinationales qui organisent la folie du grand déménagement du monde, ça va plus être possible.

Et meilleure nouvelle encore : la planification de la bifurcation écologique de nos économies, le partage des richesses, le passage à la 6ème République, les Français sont très (très) majoritairement pour. C’est pas moi qui le dit, c’est plusieurs enquêtes de l’institut Harris Interractive (encore une officine communiste!) : les mesures de ruptures sociales, écologiques et démocratiques, ce sont entre 60 et 90 % des Français qui les appellent de leurs vœux.

Non, la France n’est pas de droite

Les éditorialistes des plateaux appartenant à Bolloré vont s’évanouir : non la France n’est pas de droite. Sur le plan des idées elle est même bien à gauche. Ça ne veut pas dire bien sûr que ça se traduira dans les bulletins de vote, mais il y a un espoir immense, on va y revenir.

Une enquête Odoxa, publiée il y a un mois, mais passée étrangement sous les radars médiatiques, souligne les priorités des Français pour l’élection présidentielle. Surprise, surprise : le « grand remplacement », l’islam, l’immigration, les priorités de l’extrême-droite et de la droite sont… larguées. La priorité absolue des Français pour le vote en 2022 ? Le pouvoir d’achat. Et de très loin (45%). Arrive en seconde position des priorités ? La santé (30%), alors que notre Hôpital n’en finit plus de tirer des fusées de détresse. L’écologie (21%) est même deux fois plus prioritaire que l’obsession de l’identité nationale (10%). Une prouesse quand on connaît le temps d’antenne inversé de ces sujets.

Le pouvoir d’achat, priorité absolue des Français

Le pouvoir d’achat, priorité absolue des Français, ça vous surprend ? 38 millions de Français (ceux qui gagnent moins de 2000 euros par mois) survivent avec… 55 euros dès le… 10 du mois. C’est pas moi qui le dit, c’est une enquête… RMC pour BFMTV (encore une officine communiste!). Surprenant, les Français vivent-ils dans la misère ? Les Français veulent plus de justice sociale ? Ça me rappelle vaguement des gens avec des gilets colorés monter de toute la France tous les samedis dans les rues de Paris.

Mais ça c’était avant l’arrivée du Covid. Vraiment ? L’inflation, l’explosion actuelle des prix et de la pauvreté dans le pays, pose plus que jamais la question du pouvoir d’achat. Il y a en ce moment même un mouvement dans des entreprises sur tout le territoire pour l’augmentation des salaires. Ce sera donc la priorité des Français en 2022 et c’est pas moi qui le dit.

Mélenchon à 2 points du second tour

Si l’arrivée de la pandémie il y a 2 ans a comme suspendu nos vies, et le mouvement social avec, n’oublions pas que ce quinquennat a réalisé un exploit : faire naître les 2 plus longs mouvements sociaux en France depuis mai 1968, le mouvement des gilets jaunes et celui des retraites.

Si ce début d’année 2022 vous déprime, on a un motif d’espoir immense pour vous : un programme de rupture radicale, plébiscité par une (très) large majorité de Français, qui a déjà rassemblé 7 millions de personnes et 20 % des suffrages la dernière fois, est au porte du second tour. La nouvelle a été confirmée hier : quand le vote populaire n’est pas gommé, que la participation populaire est forte, un mouvement de gauche de rupture est à 2 points du second tour. Jean-Luc Mélenchon est en effet estimé à 13 %, à 1,5 ou 2 % de Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Éric Zemmour. Aux portes du second tour.

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La question n’est plus : Mélenchon est trop comme ci, trop comme ça. Macron est jeune, propre sur lui et souriant, ça ne l’a pas empêché de fermer 5 700 lits d’hôpital en 2020 en pleine crise sanitaire. On ne vote pas pour une personnalité, pour des vers de poésie, mais pour un programme. Et l’espoir est immense quand on sait que les mesures de l’Avenir en commun sont ultra majoritaires dans le pays.

Message aux pessimistes : l’Union populaire n’attend que vous

Même si vous êtes pessimistes, si vous avez lu ce texte jusqu’ici, qu’est-ce que ça vous coûte d’acheter l’Avenir en commun ? 3 euros. L’espoir n’a pas de prix : ceux qui vivent sont ceux qui luttent. Ceux qui ne se battent pas sont déjà aigri. Plus de 200 personnalités du champ associatif, syndical, artistique, intellectuel, politique nous rejoignent. Leur objectif ? Faire arriver le partage des richesses, la 6ème République, la bifurcation écologique, au pouvoir en avril. Ces idées sont ultra majoritaires dans le pays : c’est la stratégie de l’Union populaire.

On est passé à 600 000 voix du 2nd tour la dernière fois. On a bondi de 11 à 19,5 % dans la dernière ligne droite avec les meetings et les débats présidentiels. Il nous a sans doutes manqué une poignée de jours pour y être. L’ensemble des instituts de sondage du pays ont confirmé en ce mois de décembre que Jean-Luc Mélenchon est de loin le mieux placé à gauche.

On est à une poignée de discussions individuelles d’y arriver cette fois-ci : si chacun d’entre nous convainc 3 personnes, nous serons au second tour. C’est pas moi qui le dit, c’est les notices de l’ensemble des instituts de sondage du pays selon qu’elles tiennent en compte ou qu’elles gomment la participation populaire. La clé du scrutin sera l’abstention. Si la participation populaire est forte, on y sera. On a 3 mois pour convaincre 3 personnes. Et pour changer l’Histoire.

Par Pierre Joigneaux.