Scandale : Emmanuel Macron refuse les débats avec les autres candidats

La nouvelle vient de tomber : Emmanuel Macron refuse de débattre avec les autres candidats à la présidentielle. Le candidat de la République en Marche (LREM) vient de l’annoncer depuis Poissy, où il réalise son premier déplacement de campagne en terrain conquis. Une décision lourde de symbole. Emmanuel Macron a été vivement critiqué pour son exercice du pouvoir solitaire, en monarque présidentiel, piétinant le Parlement, prenant des décisions tout seul en Conseil de Défense depuis le début de la crise sanitaire.

Ceux qui ont côtoyé de près le premier cercle macroniste, décrivent une hypertrophie présidentielle à un point rarement observé sous la V République. Un piétinement et un contournement féroce de toutes nos institutions démocratiques. Un Emmanuel Macron dictant à Alexis Khoeler, secrétaire général de l’Élysée, ce qu’il veut dans la loi. Un Alexis Khoeler transmettant ensuite l’information au directeur de cabinet du Premier ministre. Puis au président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, celui-ci transmettant aux 268 députés en marche restants, pas trop dégoûtés d’être constamment humiliés par l’exécutif.

La démocratie en marche : une poignée d’homme autour d’une table décidant des grandes lois pour tout un pays. Et si jamais ça tourne mal, comme pour la réforme des retraites soulevant le plus long mouvement social en France depuis mai 1968, l’exécutif dispose de tous les outils du parlementarisme rationalisé (49,3, vote bloqué, seconde déliberation). Un fonctionnement sacrément démocratique.

Le monarque présidentiel a semble-t-il pris l’habitude de ne rendre de compte à personne. Emmanuel Macron annonce donc ce soir à Poissy « pas de débat avec les autres candidats avant le premier tour« . Circulez, il n’y a rien à voir. Un débat ? Pourquoi un débat ?

Quand on se penche sur le sanglant bilan économique d’Emmanuel Macron, l’explosion des grandes fortunes et « en même temps » de la pauvreté qui fracasse le pays, on peut comprendre pourquoi Emmanuel Macron refuse le débat. Quand on se rappelle des différentes sorties fracassantes de Jupiter depuis le début du quinquennat, on comprend mieux pourquoi.

Les Français ? « Des Gaulois réfractaires au changement ». 29 août 2018. Une gare ? « Un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ». 29 juin 2017. Vous reprendrez encore un peu de mépris d’Emmanuel Macron ? « Les fainéants ». 8 septembre 2017. «  Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler  ». 27 mai 2016. « Les illettrés ». 17 décembre 2014.

Ce mépris du peuple s’inscrit dans une idéologie réactionnaire assumée par le chef de l’État. Et de plus en plus décomplexée. Le candidat Macron déplorait dès 2016 l’« absence de la figure du roi », affirmant que le « peuple français n’a pas voulu sa mort ». Les républicains apprécieront. Le Président a franchi un pas supplémentaire dans une interview au journal l’Express. Le chef de l’État y réhabilite Philippe Pétain et Charles Maurras, et fustige : « l’écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales. » Emmanuel Macron a décidément bien du mal avec l’égalité et la souveraineté populaires.

Emmanuel Macron méprise la démocratie. Emmanuel Macron méprise les autres candidats. Emmanuel Macron méprise les Français. Emmanuel Macron méprise le peuple. À quoi bon débattre ? Le monarque veut enjamber l’élection et poursuivre sa guerre sociale féroce en France sans avoir à rendre de compte à personne. Rendez-vous les 10 et 24 avril pour mettre fin à la monarchie présidentielle, pour convoquer la 6ème République et dégager Macron.

Par Pierre Joigneaux.