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Marine Le Pen Assemblée nationale, 8 octobre 2019. Par Stéphane Burlot

Les 10 raisons pour lesquelles Marine Le Pen n’aime pas la France

En avril 2023, l’IFOP réalise une étude qui montre que les électeurs de Marine Le Pen aiment moins la France que les insoumis. En page 11 de cette enquête, on peut lire que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon au 1er tour de l’élection présidentielle 2022 sont plus nombreux à déclarer que « La France » évoque quelque chose qu’ils aiment que les électeurs d’extrême droite. 18 % des électeurs de Marine Le Pen et (12% pour les électeurs d’Eric Zemmour) déclarent qu’ils n’aiment pas la France. À l’inverse, 91 % des sympathisants de la NUPES et 90% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon indiquent aimer la France, un score supérieur à la moyenne des Français (89%). 

À la lecture de cette enquête, nous avons donc décidé de creuser la question : pourquoi est-ce que Marine Le Pen, qui revendique diriger le camp des patriotes, déteste la France ? Son équipe de football, ses travailleurs et ses travailleuses (et ses syndicats), la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la laïcité, le féminisme, l’écologie, l’Egalité, la République, la béchamel, la culture française, nous avons trouvé 10 raisons qui expliquent cette détestation de notre pays par la cheffe de l’extrême droite. Notre article. 

1 – Marine Le Pen déteste l’équipe de France de football et ce qu’elle représente : la créolisation du pays

En 2005, Alain Finkielkraut déclare : « Les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est ‘black-blanc-beur’. En réalité, l’équipe nationale est aujourd’hui ‘black-black-black’, ce qui en fait la risée de toute l’Europe ». Le retournement osé par le professeur de Polytechnique est total : dans son esprit, nous devrions avoir honte de cette équipe qui a rendu des millions de gens fiers d’être Français en remportant, coup sur coup, la Coupe du monde 1998 et l’Euro 2000. 

Or, comme le révèle France Inter, ce philosophe est au menu de la formation intellectuelle de tous les militants de Marine Le Pen. 

Rien d’étonnant donc à ce qu’en juin 2010, celle qui est alors vice-présidente du Front national déclare qu’elle « ne se reconnaissait pas dans l’équipe de France ». En 2021, ses partisans lancent sur Twitter une campagne appelée #BoycottEquipeDeFrance

L’équipe de France de football incarne le summum de tout ce que déteste Marine Le Pen. Des jeunes de toutes les origines, de toutes les couleurs, qui trouvent leur place dans un collectif, tendu vers un objectif commun. Et qui gagne. 

D’une manière générale, Marine Le Pen déteste la fête populaire incarnée à son plus haut degré par le football. Quand les Bleus gagnent, on gagne tous. Par delà les différences de genre, de race, de classe, les gens sortent dans les rues, chantent, dansent, se regardent, se parlent. Le sport est un peut-être le ciment le plus puissant de la Fraternité républicaine, mais Marine Le Pen déteste la République, nous allons y revenir. Il faut être enfermé dans une tour d’ivoire pour ne pas voir la beauté de la fraternité créé par le sport, et par le football, le plus populaire de tous. Et le grand malheur de Marine Le Pen, c’est qu’avec une telle équipe de football, ce sont des rendez-vous réguliers. 

Existe-t-il un lien entre la lutte des classes et les victoires des Bleus ? La continuité temporelle entre la victoire de l’équipe de France de football au mondial 2018 et l’insurrection des Gilets jaunes pose la question. En juillet, le peuple français se retrouve dans toutes les rues du pays pour ramener la coupe à la maison. En novembre, ce sont tous les ronds-points du pays qui se transforment en agora où le peuple va se rencontrer, se parler, chacun va mêler ses idées aux autres, écouter, échanger, discuter, apprendre des autres. Et construire une impressionnante insurrection qui fera trembler le monarque présidentiel. Un deuxième moment rare, à quelques mois d’intervalle, de fraternité populaire extrêmement forte. Corrélation ne fait pas causalité. C’est un sujet à explorer, avis à tous les historiens et sociologues qui voudraient se plonger dans une étude précise et documentée. 

Un premier indice toutefois. L’histoire du chant « on est là ». Au départ, la mélodie d’une chanson italienne. Qui passe par les travées du stade Bollaert. Pour atterrir sur les Champs-Elysées. 

@quotidienofficiel

Quelle est l’histoire du chant « On est là » devenu l’hymne des manifs ? On remonte le fil 🧶 #onestla #manif #manifestation #grevedu23mars #greve #retraite #macron #emmanuelmacron #borne #dussopt #motiondecensure

♬ son original – Quotidien

2 – Marine Le Pen déteste les travailleurs et les travailleuses qui font la France

C’est saisissant lors de la bataille contre la retraite à 64 ans : Marine Le Pen déteste la lutte sociale. Le 1er février 2023 sur France info, elle confesse : « Je ne vais jamais manifester ». Alors que les éboueurs sont le fer de lance de la mobilisation grâce à une grève héroïque, Marine Le Pen répond : « oui, je les appelle à reprendre le travail » le 16 mars sur BFMTV.

Derrière elle, ce sont tous ses lieutenants du Rassemblement national qui défilent sur les plateaux. Sébastien Chenu, vice-président du RN, affirme à propos des manifestations contre la retraite à 64 ans : « Défiler avec ces hypocrites, c’est pas intéressant. » dans les 4 vérités sur France 2, le 28 mars. Sur LCP, le 14 avril, alors que 64% des Français sont pour continuer la mobilisation, la porte-parole de Marine Le Pen, Laure Lavalette, déclare : « Ce qu’on propose c’est de respecter la décision du Conseil constitutionnel ». 

L’obsession de Marine Le Pen, c’est la division des exploités. C’est le rôle historique de l’extrême droite. Empêcher les prolétaires de s’unir contre les propriétaires des moyens de production. Remplacer le clivage haut / bas, extrêmement dangereux pour ceux d’en haut, surtout à l’heure du suffrage universel et de la décision majoritaire, par d’autres clivages, culturels, ethnique, religieux, qu’importe, pourvu que ça fasse diversion. 

C’est pourquoi vous n’entendrez jamais Marine Le Pen dire ne serait-ce qu’un mot contre ces grands dirigeants de multinationales qui se gavent de super-profit. Les votes du Rassemblement national à l’Assemblée nationale révèlent l’arnaque sociale que constitue cette mouvance politique.

Le 20 juillet, le RN vote contre l’indexation des salaires sur l’inflation (c’est pourtant le souhait de 84% des sympathisants de ce parti). Le même jour, ils votent contre l’augmentation du SMIC à 1500 euros. Rien pour les travailleurs donc. 

Par contre, pour protéger les intérêts des grands patrons, les élus RN sont dans la place. Le 5 octobre 2022, les 18 eurodéputés votent contre l’extension de la taxe sur les superprofits dans tous les secteurs. Le même jour, à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen et ses amis ne votent pas une réforme sur l’impôt sur les sociétés (IS) en faveur des PME. Rappelons qu’en France, les groupes du CAC 40 paient 4,5 % d’impôts en moyenne (l’Obs, juillet 2022). Pour les PME en revanche, le taux se situe entre 15 et 25%. Même lorsque cela concerne les entreprises et les patrons, l’extrême droite défend les grands contre les petits. 

3 – Marine Le Pen déteste la déclaration des droits de l’homme et du citoyen

Le 20 août 1789, les élus de la première Assemblée nationale constituante de notre Histoire votent l’article premier de ce qui deviendra le texte de loi le plus célèbre du monde. Au milieu d’une Europe aristocratique, un millier de Français rédigent cette phrase si lumineuse, si progressiste, qu’elle reste un phare pour toutes les personnes qui se réclament du camp de l’émancipation humaine : 

Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.

Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Contrairement aux révolutionnaires américains, les Français ont décidé que leur texte fondateur ne s’adresserait, non aux nationaux, mais à l’humanité toute entière. 

Précisons qu’avant que la théorie féministe démontre l’obstacle majeur que cela représentait dans la lutte pour l’égalité, il était communément admis que lorsque l’on parlait des Hommes avec un grand H, on désignait les humains et non le genre masculin.

Sa portée universelle est une des raisons qui fait la force, le rayonnement de la Grande Révolution dans le monde entier. Cette déclaration a même permis à des peuples colonisés par les Français de se révolter en s’appuyant sur cette contradiction entre la politique coloniale et les droits proclamés pour tous les humains en 1789. 

Or, avec sa proposition de préférence nationale, réserver les droits en priorité aux personnes de nationalité française, Marine Le Pen va totalement à l’encontre de cet universalisme qui fait rayonner la France aux yeux du monde depuis plus de 200 ans. 

4 – Marine Le Pen déteste la laïcité

La France a été ravagée par les guerres de religion entre protestants et catholiques au XVIème siècle. Toutes les minorités religieuses, et en premier lieu, les personnes de confession juive ont subi de nombreuses persécutions. Deux actes politiques ont fondé le cadre pour sortir de cette situation. D’abord l’édit de Nantes en 1598 puis la loi sur la laïcité de 1905. 

Voici ce que proclame son article premier : 

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Cette loi de 1905 est donc une loi de liberté. La liberté, consacrée pour toutes et tous, de croire ou de ne pas croire, de pratiquer sa religion ou pas.

Or, Marine Le Pen défend tout ce qui porte atteinte à cette laïcité. Elle est contre l’abrogation des régimes dérogatoires à la loi de 1905 (concordat Alsace-Moselle et ordonnance de Charles X en Guyane), tout en défendant « les racines chrétiennes » de la France.

Dans son programme présidentiel, Marine Le Pen s’est prononcée en faveur de l’interdiction du voile dans l’espace public. Une telle proposition, anticonstitutionnelle, reviendrait à proscrire l’ensemble des signes religieux dans la sphère publique. Le texte de 1905 est limpide : la seule raison pour des restrictions du libre exercice des cultes est en cas de trouble à l’ordre public. Quels sont les troubles provoqués par un foulard, un chapeau sur une tête ou une chaine autour du cou ? Il faudrait aussi enlever les pottu entre les sourcils des femmes de confessions hindouistes ? On voit bien que ce sont précisément ce genre de débats à la fois insultants pour les personnes concernées et totalement stériles intellectuellement, qui constituent la pente glissante vers des conflits religieux. La véritable laïcité, égalitaire, émancipatrice, celle de 1905 permet au contraire d’apaiser.

Mal à l’aise sur le sujet, Jordan Bardella avait affirmé sur BFM que les « Français pourraient tout de même porter la Kippa ». Marine Le Pen a elle aussi éprouvé des difficultés sur ce thème lors de son débat face à Emmanuel Macron. Suivant le fil de sa pensée, elle a défendu l’interdiction du port de signes religieux pour les accompagnatrices scolaires, autrement dit, les mamans voilées. Sans y voir une once de contradiction, elle a également soutenu (et continue de le faire) l’installation de crèches dans les municipalités au moment des fêtes de fin d’année. Marine Le Pen une arnaque totale sur la laïcité. La laïcité ne peut pas être à géométrie variable. Ce que défend Marine Le Pen, c’est la domination catholique. 

5 – Marine Le Pen déteste le féminisme

Dans le programme du RN, les femmes n’apparaissent qu’aux chapitres « politique familiale » et « sécurité ». On ne trouve aucune mention des discriminations salariales. Elles sont pourtant de 15,6% en moyenne dans notre pays contre 13% en moyenne dans l’Union européenne. Enfin, sur le volet retraite, c’est la double peine. À toutes celles qui ont eu des carrières hachées et des temps partiels imposés, donc des conditions de travail pénibles qui ne permettent souvent pas de gagner suffisamment pour faire vivre sa famille décemment, Marine Le Pen propose… de bosser jusqu’à 67 ans !

Si le chemin du combat féministe reste long dans notre pays, de grands mouvements collectifs comme le MLF ou le MLAC ainsi que de grandes figures comme Pauline Léon, Simone de Beauvoir ou Gisèle Halimi ont porté haut le flambeau de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Pour des millions de Français, ce combat et les conquêtes arrachées au patriarcat font partie de la fierté de vivre dans notre pays. La pétition pour demander la panthéonisation de Gisèle Halimi a récolté plus de 35 000 signatures. 

Mais ce n’est pas l’avis du Rassemblement national. En plus d’un programme qui n’offre aucune perspective d’avancée sur le combat pour l’égalité hommes femmes, le parti dirigée par Marine Le Pen a donné l’investiture aux élections législatives à des gens comme Hervé de Lépinau qui compare l’avortement à la Shoah ou Laure Lavalette qui a signé la charte de l’association Choisir La Vie, réclamant d’« abroger à terme la loi sur l’avortement ». 

6 – Marine Le Pen déteste l’écologie

Marine Le Pen déteste tout autant la lutte écologique que la lutte des classes. D’ailleurs, l’un ne va pas sans l’autre. Hervé Kempf l’a démontré dans ouvrage Comment les riches détruisent la planète paru aux éditions du Seuil en 2007. OXFAM a également révélé que 63 milliardaires polluent plus que la moitié des Français

Puisque Marine Le Pen défend en tout circonstance les intérêts des plus puissants, elle est donc nécessairement une adversaire résolu de la bifurcation et de la planification écologique. 

Logiquement, les eurodéputés de son parti ont voté contre la régulation des yachts et des jets privés au Parlement européen. À l’Assemblée nationale, le 27 juillet 2023, Marine Le Pen et ses amis votent contre le conditionnement des aides publiques aux grandes entreprises au respect de contraintes écologiques. 

Cette détestation de l’écologie vient de loin. Pour preuve, dans la bibliothèque du parfait militant FN, on trouve pas moins de quatre ouvrage réfutant l’origine humaine du réchauffement climatique

Encore une fois, la dirigeante de l’extrême droite française est à contre-courant de l’Histoire et de la vie actuelle en France. 

Jean-Jacques Rousseau est l’un des père de l’écologie moderne, aussi bien par sa philosophie développée dans Les Rêveries du promeneur solitaire  que sur le plan théorique avec Le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Au XXème siècle, cet ancrage profond de l’écologie radicale dans notre pays s’intensifie. Dès 1974, René Dumont porte un discours radical sur l’écologie à l’élection présidentielle. Sur le plan intellectuel, Michel Serres et Bruno Latour sont également des penseurs de référence pour toute la pensée écologique. Le 16 mars 2019, ce sont plus de 350 000 personnes qui marche pour le climat dans toute la France. Et l’activisme n’est pas en reste, depuis Greenpeace, les faucheurs d’OGM jusqu’au Soulèvement de la Terre, les Français sont un peuple de résistants face aux ravages environnementaux du capitalisme. Et ça, ça ne va pas du tout à Marine Le Pen. 

7 – Marine Le Pen déteste l’Égalité

Le mot « Égalité » ne figure pas dans son programme, et pour cause : l’enquête IFOP révèle que les sympathisants du RN n’aiment pas l’Égalité, ils lui préfèrent le mot « liberté ». Mais quelle est donc cette liberté sans égalité ? C’est la liberté du renard dans le poulailler. C’est la liberté du patron de multinationale comme Emmanuel Besnier de pousser des éleveurs au suicide lorsqu’il décide de fixer des prix de vente du lait en dessous du prix de revient. 

La liberté sans égalité, c’est la consécration du plus riche, du plus gâté par la société à sa naissance d’écraser les autres. C’est la liberté pour 5 personnes de posséder autant que 27 millions d’autres. C’est le capitalisme sous sa forme la plus débridée. 

Cette détestation de l’égalité est visible dans ses votes à l’Assemblée nationale. À plusieurs reprises, Marine Le Pen vote contre le rétablissement de l’ISF. Ce fut le cas par exemple le 17 octobre 2022 à l’Assemblée nationale. En 2023, en pleine bataille sociale pour la défense des retraites, le Rassemblement national s’abstient lors du vote sur le rétablissement de l’ISF alors que les sommes rapportées auraient permis de combler le soi disant déficit. 

Marine Le Pen est favorable à l’accumulation sans limite du capital. Romaric Godin résume ainsi sa politique sociale : « ruissellement national ». Sauf que le ruissellement, national ou non, est toujours une illusion. Ceux du sommet se gavent. Et il ne reste plus aux autres de quoi vivre décemment. 

Non seulement Marine Le Pen n’aime pas l’Égalité, mais elle déteste la République.

8 – Marine Le Pen déteste la République par nostalgie de la royauté

Ce qui fonde la nation en France, c’est l’attachement à des valeurs, proclamée notamment par la DDHC dont on a vu combien elle ulcère Marine Le Pen, et affirmée par les trois termes de la devise républicaine. 

Ces valeurs sont l’héritage de tous les Français et au delà, de toutes les personnes qui aiment la France, et elles sont issues de la Révolution française. Et autant dire qu’à l’extrême droite, Maximilien Robespierre, Claire Lacombe, Camille Desmoulins, et ces millions de gens, resté inconnu mais qui ont participé à ce formidable élan émancipateur à travers les cahiers de doléances ou les soulèvements populaires, ce n’est pas tout à fait leur tasse de thé. 

Pratiquement chaque commémoration des ennemis de la Révolution et de la République qu’elle a instituée est une occasion pour les amis de Marine Le Pen de rappeler leur détestation de ce que ce courant politique appelé « la Gueuse » jusqu’au milieu du XXème siècle. 

Rien que sur les 6 derniers mois, c’est un florilège. 

Julien Odoul célèbre Noël à sa façon.

Jean-Philippe Tanguy (vice-président du RN à l’Assemblée nationale) réclame le rapatriement des cendres de Napoléon III

Christophe Barthès (député RN) assiste à une messe en hommage à Louis XVI. 

Ces déclarations n’ont donné lieu à aucune condamnation, aucun rétropédalage de la part de Marine Le Pen : le RN est nostalgique de la royauté. 

Au delà du système politique, ce rejet de la République, c’est aussi le rejet d’un projet collectif. La République, c’est la chose commune, c’est une construction qui appartient à tous. Qu’importe la religion, le genre, l’orientation sexuelle, qu’importe la couleur de peau, l’origine géographique ou sociale. Le programme politique, comme les prises de paroles dans les médias, sont totalement vides quand il s’agit de défendre les droits LGBTI+. À ceux qui n’ont pas la même couleur de peau que leurs ancêtres collaborationnistes, ils déversent leur haine jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Ils ne se lèvent pas pour soutenir Yannick Morez dont la maison a été incendiée parce qu’il avait osé accueillir des réfugiés dans sa ville. 

La République est une et indivisible. Et c’est bien ça qui gêne le RN. Marine Le Pen, comme tous les dirigeants historiques de l’extrême droite n’a qu’un seul objectif : diviser. Diviser le peuple pour que les ultra riches puissent régner en paix. 

9 – Marine Le Pen déteste la béchamel et la raclette

« La France est métisse, c’est pour ça qu’on l’aime » chante Dub Incorporation. L’idéologie réactionnaire aujourd’hui incarnée par Marine Le Pen a toujours défendue un idéal perdu qui n’a jamais existé. La France est métisse jusqu’au plus profond de son histoire. En affirmant une origine gallo-romaine, nous sommes le seul pays qui définisse son peuple premier comme le fruit d’un métissage. Ce n’est pas seulement une cohabitation, un territoire pluri ethnique comme il en existe de nombreux sur le globe. « Nous sommes un » comme dirait Simba. Mais cette unité est celle de la béchamel. Sans mélange, ça fait des grumeaux. Une fois patiemment touillé cela donne une sauce qui agrémente parmi les plus beaux mets de notre gastronomie.

Gastronomie toujours. Quelques exemples de cet amour du mélange, du métissage. Il suffit de regarder le classement des plats préférés des Français. En troisième position, la pizza : les français sont parmi les plus gros mangeurs de pizzas du monde. Or, sur ces pizzas chacun met ce qui lui plaît. Une pâte commune, et les agréments qui sied aux papilles de chacun. C’est ça la France. Et c’est pareil avec la raclette, deuxième du classement. Pour tout le monde, des patates et du fromage. Et dans l’assiette de chacun des convives c’est le festival de la diversité. Certains ne jurent que par les cornichons, pour d’autres c’est la charcuterie. Comme la France, la raclette permet à chacun de se retrouver autour d’un socle commun et d’exprimer sa créativité individuelle. Il y en a pour tous les goûts. L’important c’est de pouvoir tous s’asseoir ensemble et de passer deux heures autour d’un repas avec les gens aimés.

10 – Marine Le Pen déteste la culture française

Lorsqu’on lui demande « Quelles sont vos priorités dans le domaine de la culture ? » voici ce que la cheffe du RN répond : «  J’ai présenté plusieurs engagements concernant la culture dans mon projet présidentiel. Ils correspondent à mes priorités en ce domaine. Les voici : Défendre l’identité nationale ». C’est peu. Et c’est en contradiction avec les bases même des arts et de la culture de notre pays. Il est essentiel de terminer cette revue du dégoût que provoque la France chez Marine Le Pen par ce point. 

Sa première réponse quand on lui parle culture, c’est répondre identité nationale, elle n’aime pas la France car elle n’aime pas sa culture universelle. 

François Morel a réalisé une splendide chronique. Au-delà de toute explication, il nomme tous artistes, intellectuels, sportifs, dont les patronymes résonnent comme autant de couleurs différentes qui élargissent notre palette, autant de nouvelles senteurs qui rafraîchissent. Cette litanie est une ode au métissage qui fait la grandeur de notre pays. 

Qui sont les figures d’histoires de l’extrême droite ? Philippe Pétain ? Charles Maurras ? Édouard Drumont ? Quelle trace ont-ils laissé dans l’Histoire de notre pays ? Une tâche. Une honte. Marine Le Pen déteste la France parce qu’elle sait que lorsqu’elle aura disparu, jamais son nom ne fera partie de la liste des raisons d’être fier de vivre en France. 

Sa vision de la France est une version tronquée, estropiée, monolithique, qui n’a jamais existée. Cette France aux Français que ses militants les plus fanatisée appellent de leur vœux, c’est un pays qui serait en réalité vidé de sa substance, de sa chair comme de ses valeurs et de ses racines. 

Pour terminer, nous vous laissons avec ces strophes limpides de Diam’s qui nous ont largement inspirées pour la rédaction de cet article. 

Marine

Regarde-nous

On est beau

On vient des 4 coins du monde

Mais pour toi on est trop

Marine

Je ne suis pas de ceux qui prônent la haine

Plutôt de ceux qui votent et qui espèrent que ça s’arrête

T’as fais couler ce navire Marine

J’ai peur du suicide collectif des amoureux en couleur

Marine

Pourquoi es-tu si pâle?

Viens faire un tour chez nous c’est coloré, c’est jovial