Le Pen

Sur France Info, Marine Le Pen défend la retraite à… 67 ans

« La retraite à 67 ans c’est déjà mieux que ce qui existe actuellement ». Marine Le Pen est sortie du bois ce matin sur France Info. Au lendemain d’une mobilisation historique contre la retraite à 64 ans, près de 3 millions de personnes dans les rues du pays, record depuis 1995, Marine Le Pen se démasque enfin. Partie au Sénégal pour fuir les cortèges du 19 janvier, Marine Le Pen ne pouvait pas éternellement entretenir le flou. Et son interview de ce matin a le mérite de la démasquer.

Le programme du Rassemblement national (RN) a en effet bien changé sur les retraites. Au revoir la retraite à 60 ans, bonjour la retraite pouvant aller jusqu’à… 67 ans. La justification de Marine Le Pen ? « C’est déjà mieux que ce qui existe actuellement ». Pourquoi faire bosser les gens, et notamment les femmes, aux carrières beaucoup plus hachées, toujours plus longtemps ? « Car Emmanuel Macron a fait exploser la dette, à 600 milliards d’euros ! ». Marine Le Pen reprend ici le plus vieil argument de la droite pour tenter de justifier les attaques sociales : l’austérité. Peu importe le rapport du COR, le « sérieux » financier n’est pas le fort du RN.

Mais la séquence ne s’arrête pas là. Fait suffisamment rare pour être souligné, Marc Fauvelle, le journaliste de FranceInfo, ne la lâche pas si facilement. « On pourrait taxer les plus riches ? ». Réponse de Marine Le Pen : « Taxer les plus riches c’est un peu vague ». Marc Fauvelle insiste. « On taxe les entreprises ou pas ? ». Et là le vernis craque : « Le marteau n’a pas qu’un clou, des taxes, toujours des taxes ». Patatras. Et oui, on vous le répète depuis des années maintenant sur l’insoumission : Marine Le Pen est du côté du capital. Peu importe qu’une taxe de 2% sur la fortune des 42 milliardaires suffise à financer le déficit des retraites. Marine Le Pen préfère nous faire bosser jusqu’à 67 ans. Entre le capital et le travail, Marine Le Pen a choisi son camp.

Marine Le Pen, une arnaque sociale

Lors du précédent débat sur les retraites, en 2019, Marine Le Pen avait déjà été absente. Comme lors des débats sur l’Impôt sur la fortune (ISF), la taxe sur les profiteurs de crise, la nationalisation des autoroutes ou le Référendum d’initiative citoyenne (RIC). Lorsque Marine Le Pen est présente, elle vote contre l’intérêt des travailleurs : contre la hausse du SMIC, contre le gel des loyers, contre le blocage des prix. Mais lorsque Marine Le Pen est présente, elle vote pour les intérêts du (grand) capital : contre la taxation des super-profits, contre l’imposition des multinationales, contre une réforme de l’impôt sur les sociétés (IS) qui favoriserait les petites et moyennes entreprises (PME). Le RN a choisi son camp : celui des grands groupes.

Quand les députés du RN sont présents sur les retraites, ils veulent vider les caisses de retraite et fragiliser la sécurité sociale. Comment ? En proposant la mise en place de primes exonérées de toutes cotisations sociales. Le RN préfère mettre en place des primes sans cotisations que de taxer les ultras riches. Pour rappel, une taxe de 2% sur la fortune des 42 milliardaires français suffirait à financer le déficit des retraites. Mais jamais le RN ne proposera de taxer le capital, et pour une bonne raison : car le RN compte bien sur l’oligarchie médiatique pour arriver au pouvoir en 2027. Le RN a choisi son camp. Et ce n’est pas celui de près de 3 millions de manifestants, ni de 93% des actifs. Le RN, une arnaque sociale à démasquer avant qu’il ne soit trop tard. 

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