Retraites : Marine Le Pen au Sénégal pour fuir les cortèges ?

Mais où est donc passée Marine Le Pen ? La candidate autoproclamée du pouvoir d’achat, est la grande absente de la séquence politique. Deux millions de personnes dans les rues du pays, 93% des actifs vent debout, mais Marine Le Pen n’est pas là. Elle est au Sénégal. Pour fuir les cortèges ? Pour ne pas être mise au pied du mur ? Pour ne pas devoir choisir d’aller ou non à la manif, alors que les différents leaders syndicaux ont dit qu’elle n’était pas la bienvenue ? Pour que l’arnaque sociale que constitue le programme économique du Rassemblement national (RN) ne soit pas démasquée ?

Lors du précédent débat sur les retraites, en 2019, Marine Le Pen avait déjà été absente. Comme lors des débats sur l’Impôt sur la fortune (ISF), la taxe sur les profiteurs de crise, la nationalisation des autoroutes ou le Référendum d’initiative citoyenne (RIC). Lorsque Marine Le Pen est présente, elle vote contre l’intérêt des travailleurs : contre la hausse du SMIC, contre le gel des loyers, contre le blocage des prix. Mais lorsque Marine Le Pen est présente, elle vote pour les intérêts du (grand) capital : contre la taxation des super-profits, contre l’imposition des multinationales, contre une réforme de l’impôt sur les sociétés (IS) qui favoriserait les petites et moyennes entreprises (PME). Le RN a choisi son camp : celui des grands groupes.

Quand les députés du RN sont présents sur les retraites, ils veulent vider les caisses de retraite et fragiliser la sécurité sociale. Comment ? En proposant la mise en place de primes exonérées de toutes cotisations sociales. Le RN préfère mettre en place des primes sans cotisations que de taxer les ultras riches. Pour rappel, une taxe de 2% sur la fortune des 42 milliardaires français suffirait à financer le déficit des retraites. Mais jamais le RN ne proposera de taxer le capital, et pour une bonne raison : car le RN compte bien sur l’oligarchie médiatique pour arriver au pouvoir en 2027. Le RN a choisi son camp. Et ce n’est pas celui des 2 millions de manifestants, ni de 93% des actifs. Le RN, une arnaque sociale à démasquer avant qu’il ne soit trop tard. Notre article.

Retraites : 2 millions de personnes dans la rue, Emmanuel Macron en Espagne, Marine Le Pen au Sénégal

Mais t’es où, mais t’es pas là ? La chanson de Vianney pourrait s’appliquer aussi bien à Marine Le Pen qu’à Emmanuel Macron. Une mobilisation sociale historique démarre dans le pays sur un enjeu majeur de société, et les deux derniers finalistes de l’élection présidentielle sont absents. Le chef de l’État est en Espagne.

Il aurait sans doutes préféré être à Davos, mais l’ONG Oxfam vient de sortir des chiffres qui font tâches : une taxe de 2% sur la fortune des 42 milliardaires suffirait à financer le déficit de 12 milliards d’euros annuel des retraites. Depuis l’Espagne, le président explique aux gueux qu’ils n’ont pas compris, il faut faire preuve de « pédagogie », le maître mot de la macronie face à la mobilisation sociale.

Il va falloir se retrousser les manches, et expliquer aux carreleurs qu’avec des genouillères et aux ouvriers qu’avec des exosquelettes, travailler 2 années supplémentaires pour financer les 157 milliards d’euros de cadeaux déversés chaque année sans aucune contrepartie sur les groupes du CAC 40, c’est acceptable. Bon courage. Un des ministres s’y est essayé hier sur un plateau face à un infirmier qui travaille de nuit aux urgences, ça ne s’est pas très bien passé. Mais en fait, pendant qu’Emmanuel Macron est en Espagne, où est donc passé Marine Le Pen ?

La visite de Marine Le Pen au Sénégal qui passe mal

Au Sénégal, où sa visite passe mal. « Aucun Africain n’a le droit de concéder quelque tolérance que ce soit à Marine Le Pen », premier tacle de l’ancienne ministre Aïda Mbodj. « Que vient faire au Sénégal Marine Le Pen, qui incarne en France le racisme et la xénophobie depuis des décennies ? En tant que militante antiraciste, je ne lui souhaite absolument pas la bienvenue au Sénégal ! », un deuxième tacle signé Aminata Touré, candidate à l’élection présidentielle de 2024. Elles sont loin d’être les seules.

« Marine Le Pen a été le levier-moteur des contre-valeurs poussant la France et l’Europe à des sentiments racistes et xénophobes », insiste auprès du journal Le Monde Boubacar Seye, président de l’association Horizons sans frontières. « Quelles que soient ses motivations, sa conscience devrait lui interdire de fouler le sol africain. Elle ne peut pas plaire en Afrique, c’est une question de dignité africaine. La rencontrer, c’est une trahison de la conscience africaine ». Marine Le Pen n’est pas la bienvenue. Mais qu’est-ce que la leader d’extrême droite est donc venue chercher ou fuir au Sénégal ? À faire oublier la séquence de Fournas ou à fuir la mobilisation sociale contre la réforme de la minorité présidentielle ?

Retraites : Marine Le Pen, l’arnaque sociale

Deux millions de personnes dans les rues du pays, 93% des actifs vent debout, mais Marine Le Pen n’est pas là. Elle est au Sénégal. Pour fuir les cortèges ? Pour ne pas être mise au pied du mur ? Pour ne pas devoir choisir d’aller ou non à la manif, alors que les différents leaders syndicaux ont dit qu’elle n’était pas la bienvenue ? Pour que l’arnaque sociale que constitue le programme économique du Rassemblement national (RN) ne soit pas démasquée ?

Lors du précédent débat sur les retraites, en 2019, Marine Le Pen avait déjà été absente. Comme lors des débats sur l’Impôt sur la fortune (ISF), la taxe sur les profiteurs de crise, la nationalisation des autoroutes ou le Référendum d’initiative citoyenne (RIC). Lorsque Marine Le Pen est présente, elle vote contre l’intérêt des travailleurs : contre la hausse du SMIC, contre le gel des loyers, contre le blocage des prix. Mais lorsque Marine Le Pen est présente, elle vote pour les intérêts du (grand) capital : contre la taxation des super-profits, contre l’imposition des multinationales, contre une réforme de l’impôt sur les sociétés (IS) qui favoriserait les petites et moyennes entreprises (PME). Le RN a choisi son camp : celui des grands groupes.

Quand les députés du RN sont présents sur les retraites, ils veulent vider les caisses de retraite et fragiliser la sécurité sociale. Comment ? En proposant la mise en place de primes exonérées de toutes cotisations sociales. Le RN préfère mettre en place des primes sans cotisations que de taxer les ultras riches. Pour rappel, une taxe de 2% sur la fortune des 42 milliardaires français suffirait à financer le déficit des retraites. Mais jamais le RN ne proposera de taxer le capital, et pour une bonne raison : car le RN compte bien sur l’oligarchie médiatique pour arriver au pouvoir en 2027. Le RN a choisi son camp. Et ce n’est pas celui des 2 millions de manifestants, ni de 93% des actifs. Le RN, une arnaque sociale à démasquer avant qu’il ne soit trop tard.

Par Pierre Joigneaux.