Portrait – Christophe Prudhomme, le porte-voix des soignants qui rejoint Mélenchon

Médecin urgentiste au Samu 93 de Bobigny depuis 1987 et représentant CGT des médecins, Christophe Prudhomme a rejoint le Parlement de l’Union Populaire pour porter la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Son engagement professionnel, politique et syndical constitue un soutien de poids aux insoumis dans la bataille contre la dislocation de notre système de santé publique. Notre article.

Christophe Prudhomme : adversaire farouche de la destruction néolibérale de l’Hôpital public

Véritable porte-voix des usagers et des travailleurs du secteur de la santé, Christophe sensibilise et lutte contre les politiques néolibérales menées par les gouvernements successifs depuis le “tournant de la rigueur” de 1983. Pour lui, les multiples réformes de ces dernières décennies concernant l’hôpital public s’inscrivent dans une stratégie plus globale de marchandisation de l’ensemble des services publics. Or, ces derniers, qui relèvent de l’intérêt général, sont des biens communs. Leur gratuité, sans condition de revenu, fait leur force. Ils répondent aux besoins vitaux des usagers quel que soit leur statut social et doivent ainsi être placés hors des lois du marché.

Christophe Prudhomme le martèle dans chacune de ses interventions retransmises à la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux : l’effondrement en cours de notre système de santé publique est un choix politique. Un choix aux conséquences catastrophiques. En plus de porter atteinte à la cohésion sociale du pays et de placer les soignants dans une situation conflictuelle avec les patients, le modèle industriel de “l’hôpital-entreprise” nuit à la permanence des soins. Le manque de moyens, de lits, d’effectifs et de matériels, corrélé à une augmentation des besoins, crée une situation de vulnérabilité à la fois pour l’usager et le soignant. Bien antérieure à la crise sanitaire du COVID-19, la crise de l’hôpital public, orchestrée par ces choix politiques, a des conséquences très concrètes.

« L’État compte les sous, on comptera les morts » : la sanglante austérité dans l’Hôpital public

Outre l’explosion du temps de travail et des arrêts maladies des soignants, les fermetures de lits et de services ainsi que les démissions en masse, les premiers touchés sont les usagers devenus clients et notamment ceux qui ne peuvent se rendre en clinique ou payer des dépassements d’honoraires. “Les médecins appellent cela pudiquement “pertes de chance par défaut de moyens” mais on parle bien ici de morts évitables. “Quand vous arrivez à Laval à 21h, avec une douleur dans la poitrine, que vous êtes en train de faire un infarctus et que les urgences sont en train de fermer, cela s’appelle une perte de chance”. L’État compte ses sous, on comptera les morts, écrivait à juste titre Annie Ernaux dans sa lettre au président en mars 2020.

Aujourd’hui, il y a un consensus au sein du corps médical, rappelle Christophe Prduhomme. De la CGT jusqu’aux professeurs de médecine, tous revendiquent un changement total de paradigme pour mettre fin à l’approche comptable et gestionnaire liée aux politiques d’austérité poursuivies par le gouvernement Macron.

Christophe Prudhomme : défenseur de l’ensemble des services publics

Non, les services publics n’ont pas à être économiquement rentables pour le bénéfice d’une minorité et pour respecter ce diktat systématique du chantage à la dette publique. Face à ce démantèlement organisé des services publics, 3000 magistrats (sur un corps de 9090 personnes) signaient en novembre dernier – suite au suicide d’une des leurs – une tribune dans laquelle ils alertaient le gouvernement sur leur situation d’épuisement et sur le fonctionnement quasi industriel de cette justice à bout de souffle.

En décembre, 1376 médecins de l’APHP (l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) leur renvoyaient l’ascenseur en adressant une lettre à Macron pour dénoncer la crise de l’hôpital public et la déshumanisation de leur métier. Ce parallèle établi par Christophe Prudhomme entre l’Hôpital public et la justice rappelle à notre conscience la nécessité de décloisonner nos revendications, de créer des ponts et d’envisager une convergence des luttes entre salariés des différents services publics d’une part, et d’autre part, entre salariés et usagers de ces mêmes services. Car si les conséquences parfois dramatiques de ces démantèlements peuvent diverger, les causes structurelles n’en demeurent pas moins identiques quel que soit le service public.

Christophe Prudhomme, un nouveau soutien de poids dans la campagne de l’Union populaire.