Désintox : Non M. Macron, les étrangers sans papier ne sont pas responsables de 50% des délits à Paris

Deuxième mensonge de Macron en une soirée de télévision. Le 26 octobre sur France 2, le président déclare : « à Paris, on ne peut pas ne pas voir que la moitié au moins des délinquants, des faits de délinquance qu’on observe, viennent de personnes qui sont des étrangers soit en situation irrégulière, soit en attente de titres »

Il est difficile d’obtenir des statistiques fiables en matière d’infraction. Encore plus en matière d’immigration illégale puisque les personnes concernées vont rarement se présenter comme telles. Cependant, le peu d’informations collectées suffit amplement pour affirmer avec certitude que Emmanuel Macron a encore dupé, manipulé, menti, sciemment, avec un objectif politique cynique : préparer le terrain à une nouvelle loi immigration afin d’engloutir Les Républicains une bonne fois pour toute. Notre article.

Le président épinglé pour un deuxième mensonge lors de l’événement sur France 2

Il y a une semaine, nos colonnes décryptaient à chaud un premier mensonge du Président de la République dans l’émission l’événement sur France 2. Une deuxième opération désintox est nécessaire après la révélation d’un deuxième mensonge par les services de Libération : contrairement à ce qu’affirme Macron droit dans les yeux des Françaises et des Français, « les étrangers soit en situation irrégulière, soit en attente de titre » ne sont PAS responsable de la moitié des délits à Paris.

Notre article d’analyse du naufrage en direct d’un Président minoritaire démontrait déjà combien sa rhétorique sert de marche-pied à l’extrême-droite. En plus d’être nauséabonde, cette partie de l’entrevue est aussi un bon gros mensonge comme nous y sommes malheureusement aujourd’hui bien trop habitué de la part de celui qui devrait incarner la France aux yeux du monde, mais qui ne cesse de l’avilir et de creuser le fossé entre le peuple et ses représentants.

Décryptage de la méthode Macron pour nous maintenir enchainés dans la caverne des illusions

Voici le chiffre sur lequel se fonde le Président pour déployer sa démonstration trompeuse : « 48 % des gens interpellés pour des actes de délinquance à Paris sont des étrangers »

1 – Le raccourci : Le chiffre n’indique pas la part des étrangers en situation régulière ou irrégulière. Afin de récupérer l’émotion à la suite du meurtre de Lola, dans le sillage d’Eric Zemmour et de l’extrême droite, le captieux chef de l’État supprime délibérément les étrangers en situation légale qui commettent des infractions de la statistique. En effet, cela contredit son récit. La différence qu’il veut créer avec l’extrême droite, pour faire croire qu’il est progressiste et ouvert d’esprit, c’est que lui fait la différence entre les bons et les mauvais étrangers, ceux qui sont sages et ceux qui sont des délinquants, ceux qui ont des papiers et ceux qui n’en n’ont pas.

Toutefois, Macron ne remet jamais en question ce présupposé parfaitement raciste et martelé par l’extrême-droite : si les étrangers sont sur-représentés dans les chiffres de la délinquance, c’est parce qu’ils sont étrangers, rien à voir avec la misère dans laquelle ils vivent.

2 – Le biais statistique : La phrase source est pourtant claire : il s’agit des personnes interpellées. Pas des coupables. Quelle différence ? Et bien, imaginons que certaines personnes soient plus souvent interpellées que d’autres selon un critère qui pourraient aussi être corrélé avec le fait d’être étranger ou non. Disons, au hasard, la couleur de peau. Alors, un double biais statistique fausse le résultat : D’abord, les personnes blanches de peau et coupable d’un délit ont moins de chance d’être suspectées, donc interpellées. D’autres part, des personnes racisés innocentes peuvent être interpellées à tort.

Emmanuel Macron décide délibérément d’ignorer la réalité du délit de faciès. Oui délibérément. Il y a moins de 2 ans, voilà ce qu’il déclarait.

Il est donc parfaitement au fait de cette problématique, mais choisi de l’ignorer, de la mettre sous le tapis, encore une fois, il ne faudrait pas gâcher ce joli récit du Président qui sait si bien trier les humains.

Pourquoi un tel mensonge ? Pour préparer le terrain à une nouvelle loi immigration

18 mois sans une nouvelle loi sur l’immigration ! Gérald Darmanin n’en pouvait plus… 18 mois sans pouvoir vomir son dégoût de la différence à l’Assemblée nationale, le pauvre, il était obligé de se contenter des plateaux télés. Heureusement, son ami à l’Élysée est là pour lui préparer le terrain à une nouvelle session de qui pisse le plus loin sur les noirs et les arabes avec Marine Le Pen.

Macron a un besoin vital de recentrer le débat sur les questions identitaires.

Cela lui permet d’abord de diviser le peuple. Alors que la colère sociale monte, face à des prix des biens de première nécessité qui explosent, le chef de l’État doit absolument réussir à trouver un moyen de diviser le peuple pour l’empêcher de s’unir dans la lutte sociale. Et pour cela, rien de plus efficace que de reprendre les mots de l’extrême-droite. Cela a toujours été le rôle historique de l’extrême-droite au service du capitalisme : diviser la classe ouvrière. Cliver sur la couleur de peau pour masquer le vrai clivage : la classe sociale, le patrimoine, les revenus, la propriété, bref la caste contre le peuple

La polémique identitaire renforce le RN mais elle écartèle Les Républicains. Entre la ligne Le Pen et celle de Darmanin qui reprend la double peine, l’espace se réduit de plus en plus et pressure LR. Les derniers fidèles au vieux parti conservateur seront forcés de choisir entre l’extrême centre et l’extrême droite. C’est en tout cas le pari risqué du chef du parti des riches. Risqué car au vu des sujets de débats chez LR et les récents votes des militants, pas sûr que la droite classique choisissent majoritairement le camp du président.

Et quoi de mieux pour légitimer une nouvelle loi immigration que de participer à la propagation de cette peur de l’étranger avec un bon gros mensonge ?

Par Ulysse