Sécheresse, vagues de chaleur, canicule : 2022, avant-goût du climat en 2050

L’année 2022 sera la plus chaude jamais enregistrée depuis les premiers relevés de température. 33 jours de vague de chaleur, 3 épisodes de canicules et 10 000 décès supplémentaires durant l’été. +3,8°C par rapport aux étés de nos grands-parents. Cet automne est le plus chaud jamais enregistré en France. Et si 2022 était aussi l’année la plus froide du reste de notre vie ? Sur les 10 années les plus chaudes depuis 1900, on en dénombre 8 depuis 2010. La cause : les gaz à effet de serre et leur conséquence directe : le dérèglement climatique. Les responsables doivent sans cesse être pointés du doigt : les assistés d’en haut et les 100 multinationales responsables de plus de 70% des émissions de gaz à effet de serre. Brève.

Les chiffres de Météo France pour 2022 donnent le tournis, même aux moins éco-anxieux d’entre nous

Le mois de décembre vient à peine de commencer. On sait déjà que 2022 sera l’année la plus chaude jamais enregistrée. La température annuelle moyenne sera comprise entre 14,2°C et 14,6°C soit 1,1 à 1,5°C au-dessus de la température normale entre 1991 et 2020. Le mois d’octobre 2022 est le plus chaud jamais enregistré. Tous les mois de l’année sauf janvier et avril ont été au-dessus des normales de saison. +3,8°C de mai à août. « C’est colossal et dangereux pour les organismes comme les écosystèmes, qui sont épuisés », alarme la climatologue Françoise Vimeux, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement.

Côté sécheresse, c’est moins pire mais ce n’est guère mieux. Entre 20 et 25% de déficit d’eau sur l’année. Les mois de mai et de juillet sont les plus secs jamais enregistrés en France depuis le début des mesures en 1959.

Or, l’un aggrave l’autre : l’eau apporte la fraicheur au sol. Une terre moins humide, c’est une terre qui se réchauffe plus vite. En retour, la hausse des températures accélère l’évaporation et aggrave donc la sécheresse.

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Conséquence : catastrophe climatique et pénurie de biens communs de l’humanité

La sécheresse n’est pas qu’un problème pour les photos Instagram devant de verts pâturages. 3 jours sans eau et c’est la mort pour l’être humain. Et cela vaut pour à peu près tout ce qui est vivant. La pénurie d’eau impacte notre capacité générale à subvenir à nos besoins vitaux. Oui, en bref, à vivre. La chaleur est également un facteur de risque. Il y a eu 10 000 décès supplémentaires cet été.

Autre conséquence : les catastrophes climatiques. Des incendies ont ravagé les massifs forestiers et tués plusieurs personnes. Moins médiatique : des tornades dévasté des villages du Nord de la France en quelques secondes.

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Le chiffre de l’année : 500

« L’été il fait chaud, les vagues de chaleur au mois de juillet, c’est normal ». Voilà un argument que l’on entendait encore défendu il y a peu. Aujourd’hui, ce n’est plus le signe que d’un aveuglement coupable. De nos jours, les vagues de chaleur ont lieu en octobre, remplaçant les premières gelées par ce qui s’apparente à des tornades tropicales. 400 études scientifiques ont permis d’établir l’impact de l’activité humaine et du réchauffement climatique qui en résulte sur les vagues de chaleur. Résultat des recherches : x500. Le changement climatique d’origine anthropique a rendu 500 plus probable une période estivale d’une telle chaleur.

Cette année 2022 était donc particulièrement chaude par rapport à ce qu’on connu nos grands-parents. Mais elle paraîtra au moins normale et plutôt fraiche à nos enfants. Une période estivale telle que la France l’a connue cet été « sera entre sept et dix fois plus probable en 2040 par rapport à cette année, dans des scénarios d’émissions intermédiaires », avertit Agathe Drouin, climatologue à Météo-France.

Après cette avalanche de chiffres alarmants, une question demeure : Que faire ?

L’essentiel dans cette affaire est de garder à l’esprit une chose : beaucoup est déjà perdu mais tout n’est pas perdu. Et pour sauver ce qui peut encore l’être chaque dixième de degré compte.

On l’a aperçu dans cet article, en matière de climat, tout se tient, tout est interconnecté. Tout n’est que spirale, positive ou négative. Toutes les petites victoires, où les défaites amoindries ont des conséquences gigantesques sur la survie de la biodiversité planétaire.

Comment faire pour obtenir ces victoires :

  1. Identifier les vrais responsables : les assistés d’en haut et les 100 multinationales responsables de plus 70% des émissions de gaz à effet de serre
  2. Gouverner à leur place
  3. Gouverner par les besoins de l’intérêt général humain