Présidentielle : faire barrage à Le Pen peut se faire au 1er tour

Marine Le Pen, patronne de l’extrême-droite, peut ne pas accéder au second tour grâce à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. L’équation qui se pose au peuple français est simple dans 8 jours : Le Pen ou Mélenchon face à Macron. Dédiabolisée, Marine Le Pen est aujourd’hui à nouveau aux portes du second tour. Un second tour identique à 2017 ? 80% des Français le refusent. Au-delà d’un barrage à l’extrême-droite dès le 1er tour, c’est bien la question des sujets abordés lors du débat du second tour qui pèsent en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Contre Emmanuel Macron, voulons nous parler immigration, islam et sécurité avec Marine Le Pen, ou partage des richesses, bifurcation écologique et 6ème République avec Jean-Luc Mélenchon ? Notre article.

Marine Le Pen n’a jamais cessée d’être d’extrême-droite

Quelques rappels s’imposent. Derrière un visage d’ange et un grand sourire se cache toujours la patronne de l’extrême-droite en France, qui a tout fait pour se dédiaboliser depuis des années. C’est justement parce que cette entreprise de dédiabolisation semble porter ses fruits auprès des Français, que doit être rappelé qui est Marine Le Pen : l’héritière d’un parti fondé par d’anciens nazis, qui n’a jamais cessée d’être d’extrême-droite.

Nous étions revenus dans nos colonnes sur l’infâme assassinat qui a pris la vie au rugbyman Federico Martin Aramburù. Le principal suspect est un multirécidiviste néofasciste, Loïk Le Priol. Hier, il a été mis en examen pour « assassinat et détention d’armes« , en plus d’être incarcéré. Ancien leader du Groupe Union Défense (GUD), il gravite dans des réseaux proches de Marine Le Pen. Cet acte n’est qu’un énième signal des dangers de l’extrême-droite qui sévit sans gêne notre pays, et qui entoure toujours soigneusement Marine Le Pen.

Pas plus tard que ce matin, Marine Le Pen s’est affichée toute souriante, posant pour faire un selfie avec l’un des leaders des hooligans néonazis du groupe Strasbourg Offender (voir ci-dessus), dont les membres sont « coupables de violences aggravées, d’expressions xénophobes, de saluts nazis ou d’intimidations« . Sa dédiabolisation en prend un coup. C’est la même Marine Le Pen qui, en février, accusait Eric Zemmour d’avoir « quelques nazis » dans son entourage. Son hypocrisie est dévoilée au grand, une nouvelle fois. Sans parler de son propre entourage toujours composé d’anciens du GUD comme Frédéric Chatillon ou Axel Loustau.

Le vote Mélenchon, la meilleure arme pour battre l’extrême-droite dès le 1er tour

La militante féministe Caroline De Haas a pris position et soutient désormais la candidature de l’Union populaire. Parmi les raisons qui expliquent son choix, figure notamment la raison suivante : « la possibilité de s’éviter deux semaines de Rassemblement National sur le devant de la scène politique. » Les mots sont presque les mêmes dans la bouche du rédacteur en chef de la revue Regards, Pierre Jacquemain : « Qu’on l’aime ou pas, Mélenchon est le seul qui peut empêcher Le Pen d’atteindre le second tour. Ceux qui en appellent au front républicain au second tour jouent avec le feu.« 

Jean-Luc Mélenchon peut empêcher Marine Le Pen d’atteindre le second tour grâce à un bon de 4 points dans les sondages ces deux dernières semaines, plus forte dynamique de la campagne. Tout est possible dans les 8 derniers jours qui nous séparent du premier tour. Un nouveau mandat d’Emmanuel Macron ne ferait pas barrage à l’extrême-droite, il continuerait à la faire monter. Le quinquennat qui se termine a été un tremplin pour les idées d’extrême-droite, un ministre allant jusqu’à qualifier Marine Le Pen de « trop molle » sur l’islamisme, plusieurs ministres préférant s’attaquer à un « islamo-gauchisme » imaginaire qu’à l’extrême-droite.

Si Marine Le Pen a toujours été systématiquement surestimée dans les sondages, il ne faut pas se mentir pour autant : Marine Le Pen reste haute dans les sondages, et l’écart entre elle et Emmanuel Macron est de plus en plus faible (52,5%-47,5% pour l’écart le plus proche) en cas de second tour. Chacun se soit de rester vigilant. La responsabilité de l’ensemble des partis de gauche est historique pour cette élection présidentielle.

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« Monsieur Macron, c’est le programme économique de Mme Le Pen, plus le mépris de classe. Mme Le Pen, c’est le programme économique de M. Macron, plus le mépris de race« , s’était exclamé Jean-Luc Mélenchon à Marseille. Si Macron annonce un nouveau mandat de casse sociale s’il est réélu, Marine Le Pen présente, elle, un programme qui serait une saignée pour les classes populaires : elle est contre le SMIC, contre le dégel du point d’indice des fonctionnaires, contre le blocage des prix, et elle a reculé sur l’âge de départ à la retraite. Dès lors, la présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour permettrait un tout autre débat sur les solutions pour répondre à la crise sociale qui fracasse le pays.

Parler d’immigration ou de partage des richesses : quel débat du second tour voulons-nous ?

Les sujets qui seront abordés lors du débat du second tour auront un impact déterminant sur le prochain quinquennat, et plus largement sur l’ensemble de l’échiquier politique. La question que tout électeur doit se poser est « quel débat du second tour je souhaite ? » Marine Le Pen VS Macron ? Ou Mélenchon VS Macron ? Les conséquences de la tenue de l’un ou de l’autre seraient bien différentes : « les débats politiques, en particulier pendant la présidentielle, ont un impact à la fois sur le réel (immédiatement) et sur l’avenir« , selon les mots de la militante féministe Caroline De Haas.

Si Jean-Luc Mélenchon est au second tour, cela permettrait au pays de ne pas vivre pendant deux semaines « un concours de propos racistes ou islamophobes dans les médias. » Plus encore, « ce sont des injures en moins, des propos racistes en moins au travail ou dans les repas de famille, des violences en moins, selon Caroline De Haas. La France a-t-elle vraiment besoin d’un remake du second tour de l’élection présidentielle de 2017, avec un débat nauséabond où les principaux thèmes seraient à nouveau l’islam, la sécurité, l’immigration et autres obsessions de l’extrême-droite ?

Quels sujets voulons-nous voir être débattus après 5 années de casse des services publics, de répression et cadeaux toujours plus grands au capital ? Ne préférons-nous pas parler de pouvoir d’achat, de salaires, de l’âge de départ à la retraite, de comment combattre la crise climatique, de comment réformer nos institutions ?

Balayer l’extrême-droite dès le 1er tour permettrait enfin de parler de partage des richesses, de bifurcation écologique et de 6ème République. Cela permettrait enfin qu’Emmanuel Macron assume son bilan et soit mis face à ces contradictions, son hypocrisie et ses échecs par un candidat qui propose une rupture avec le monde actuel. Un autre monde est possible grâce à l’Union populaire. Il peut advenir grâce à un simple bout de papier à glisser dans l’urne les 10 et 24 avril.

Par Nadim Février