Rugbyman tué à Paris : un proche de Marine Le Pen, principal suspect

Vendredi 19 mars, dans la nuit, Federico Martin Aramburù, rugbyman argentin est tué par coups de feu en pleine rue de Paris. Le principal suspect est un multirécidiviste néofasciste, Loïk Le Priol, alors accompagné de sa compagne et d’un autre militant. Il a été intercepté hier en Hongrie. Il gravite dans des réseaux proches de Marine Le Pen. Bref résumé des faits survenus en fin de semaine dernière et de ses liens avec le Rassemblement national. Notre article.

Un rugbyman, Martin Aramburù, assassiné en pleine rue au cœur du quartier latin vendredi

Le silence médiatique était total jusqu’à hier. Un ex-rugbyman, Martin Aramburù, venait pourtant d’être assassiné en pleine rue, au cœur du quartier latin, à deux pas du “Mabillon”, par un militant néofasciste. C’était vendredi soir dernier, après le match France-Angleterre regardé dans un bar. Alors qu’une altercation raciste entre un étranger demandant une cigarette et un groupe de trois jeunes français avait cours, Aramburù et un coéquipier tentent de s’interposer. Puis, en sortant, ils sont suivis. Amenés près d’une Jeep, une autre altercation a lieu entre eux et les trois jeunes. Puis alors qu’ils s’éloignent un d’entre eux sort et lui tire dessus à plusieurs reprises. Il meurt de ses blessures.

Alors qui est cet homme dont aucun média hors de StreetPress, Mediapart et L’Équipe n’ont parlé ? L’assassin soupçonné se nomme Loïk Le Priol. Il a déjà le lourd passif d’un ultraviolent néofasciste. Ancien leader du Groupe Union Défense (GUD), milice d’extrême-droite centrale de la fachosphère, il participe à la torture et au tabassage d’un ex-leader du GUD avec d’autres militants nationalistes en 2015 (lire la glaçante enquête de Médiapart). La même année, il est mis en cause pour avoir “frappé et étranglé” une prostituée à Djibouti, selon Marianne. Ex-militaire, il a aussi monté une marque au retour de son service, devant servir d’arme culturelle dans la tentative d’hégémonie identitaire de l’extrême-droite : Babtou Fragile.

Le principal suspect Loïk Le Priol entouré de proches de Marine Le Pen

Et ses réseaux ? Ils sont entremêlés aux confluents de la fachosphère ultra violente, de ses figures médiatiques comme Julien Rochedy ou Baptiste Marchais, et de ses éléments les plus apparemment intégrés au cœur du Rassemblement National. En effet, nombreux sont ses cadres issus du GUD, et qui se retrouvent dans ces réseaux. Axel Loustau, proche de Marine Le Pen, n’était-il pas celui qui paya la caution de Logan Dijan, mis en garde à vue avec Loïk Le Priol après la torture d’Edouard Klein, l’ex-leader du GUD ?

N’est-ce pas la fille de Frédéric Châtillon, autre proche parmi les proches de la candidate du Rassemblement National, qui aida Loïk Le Priol à faire de la pub pour sa marque et la promut jusqu’aux côtés de Jean-Marie Le Pen ? Ne retrouve-t-on pas également Jean-Romée Charbonneau, candidat du RN à Niort aux municipales 2020 à ses côtés sur une photo en compagnie de Julien Rochedy ? Enfin, Mediapart n’a-t-il pas aussi révélé la proximité du complice de Le Priol cette nuit-là, Romain Bouvier, avec d’autres candidats du Front National comme Paul-Alexandre Martin ?

Ce lâche assassinat n’est qu’une nouvelle expression de l’extrême-droite qui sévit dans notre pays. Notre vigilance doit être totale. Il est temps aussi que les candidats entretenant des liens réels avec le néofascisme meurtrier s’en expliquent.