Macron

Commémorations du 8 mai : Macron, plus seul que jamais

Le 8 mai 2023, Emmanuel Macron est désormais totalement coupé de son peuple. Ce jour de commémoration de la victoire sur la barbarie nazie est historiquement l’occasion d’une grande célébration collective, joyeuse, réparatrice. Pas pour Macron. Plus maintenant. Pas après tout ce qu’il a fait. 

Élu par les voix d’une gauche qu’il s’acharne à diaboliser, pour barrer l’accès au pouvoir d’une extrême-droite qu’il ne cesse de flatter, ce Président est plus seul que jamais. Cette année, le traditionnel défilé sur les Champs-Élysées s’est déroulé à huis-clos pour éviter l’image humiliante d’une casserolade géante tout au long de la remontée de la plus emblématique des avenues parisiennes. Pas sûr que le résultat soit plus probant. Après quatre mois de révolte contre la retraite à 64 ans, toute la France a pu mesurer, en direct à la télévision, le fossé immense qui sépare le monarque républicain du peuple, seul véritable souverain en démocratie. Notre article.

8 mai : Emmanuel Macron défile seul sur les Champs-Élysées

Cette scène est la conséquence logique de l’évolution de la mobilisation contre la retraite à 64 ans depuis sa promulgation en pleine nuit vendredi 14 avril et l’allocution télévisuelle méprisante du chef de l’État le lundi suivant. Comme chacune des prises de parole d’Emmanuel Macron, elle a donné un nouveau souffle à la contestation, et poussé les opposants à inventer de nouvelles formes d’action. 

Désormais, à chaque fois qu’un membre de la minorité présidentielle, du Président à ses ministres jusqu’aux simples députés, sort de sa cage dorée, il est accueilli par des irréductibles résistants déterminés à se faire entendre. Pour cela, ils font un vacarme à tout rompre en frappant sur des casseroles ou tout autre ustensile susceptible de projeter le son de la colère par delà les périmètres d’isolement de plus en plus grands mis en place par le pouvoir discrédité. 

Ce 8 mai 2023 n’a pas manqué à la règle de cette mise à l’écart de la population. En plus massif, donc plus visible. Tous les rassemblements avaient en effet été interdits aux abords de l’avenue des Champs-Élysées. Des filtrages stricts avaient aussi été mis en place et le public tenu à bonne distance du défilé. Résultat : des séquences où le président défile devant des trottoirs vides. Accablant.

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Apaisement jour 22 : la crise politique s’aggrave

Le 17 avril, Emmanuel Macron s’était donné 100 jours pour sortir de la crise politique dans laquelle est plongé notre pays. Le 8 mai, jour 22 de ce qui devait être une période d’apaisement pour le pays, force est de constater que la crise de régime est plus profonde que jamais. 

Ce fut extrêmement visible lors de cette commémoration nationale de la victoire contre les nazis, la plus horrible des formes de fascismes de l’histoire de l’humanité. Ce jour devrait être une journée de fête de la liberté reconquise. Une journée de mémoire pour les millions de victimes juives, communistes, handicapées, homosexuelles, tziganes. Une journée d’introspection collective aussi, sur les risques de résurgence de cette idéologie mortifère et les moyens pour la contrecarrer.

Le peuple français ne se reconnaît plus dans l’action du chef de l’État. Macron avait promis qu’il se souviendrait de ce qu’il devait aux électeurs ayant fait barrage à l’extrême droite. Moins d’un an après, le voilà qui promulgue la loi qui fédère le plus d’opposition dans le camp des travailleurs. 93% des actifs y sont opposés, ainsi que tous les syndicats, tous les partis politiques de gauche. 

Macron n’en a cure. À coups de procédure accélérée, de « vote bloqué » et de 49.3, il passe en force au Parlement et refuse de discuter avec les syndicats. Puis, il prend la parole pour expliquer que si les Français sont opposés à cette réforme, c’est qu’ils n’ont pas compris qu’elle était indispensable. Les Français ne sont pas assez intelligents pour comprendre que cette réforme leur volerait deux ans de vie ? La colère dépasse désormais les mots. Les casseroles ont pris la place des slogans. Macron va-t-il tenir 100 jours ?