Concert-meeting pour la Palestine de Médine et LFI à Strasbourg : échec de la censure du PS et de LR

Contre l’accord d’association UE-Israël, LFI et le rappeur Médine organisent un grand meeting-concert à Strasbourg, ce 17 juin à 19h. Seront présents les eurodéputées Manon Aubry et Rima Hassan, le député de Strasbourg Emmanuel Fernandes et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Le lieu, le Phare Citadelle, rue de Nantes, a dû être changé en […]

médine strasbourg

par

partager

Contre l’accord d’association UE-Israël, LFI et le rappeur Médine organisent un grand meeting-concert à Strasbourg, ce 17 juin à 19h. Seront présents les eurodéputées Manon Aubry et Rima Hassan, le député de Strasbourg Emmanuel Fernandes et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Le lieu, le Phare Citadelle, rue de Nantes, a dû être changé en dernière minute. Pourquoi ? 

Qui aurait pu prédire qu’une alliance du PS et de la droite aurait mené à une politique autoritaire et alignée sur les intérêts d’Israël ? La maire socialiste de Strasbourg Catherine Trautmann l’a encore démontré en tentant d’interdire le meeting de LFI pour la Palestine, suivi d’un concert de Médine. Celle qui a été élue maire en mars dernier, avec le soutien d’Horizons, le parti macroniste d’Édouard Philippe, a multiplié les pressions pour que l’événement n’ait pas lieu. Sans succès. Notre brève. 

Un concert de Médine pour la Palestine qui déplaît à la droite sioniste 

Quand on parle de Catherine Trautmann, on parle d’une maire élue grâce à une alliance avec la droite d’Horizons au deuxième tour de l’élection municipale, et a désigné des adjoints macronistes. Rien de surprenant donc à ce qu’elle défende une ligne autoritaire, qui n’hésite pas à censurer ses opposants, surtout quand ils défendent les Palestiniens. 

En 2025, quelques mois avant sa réélection (elle avait été maire dans les années 90 et 2000), Trautmann, alors élue d’opposition PS, s’était déjà associée à la droite contre le jumelage de la ville avec le camp palestinien d’Aïda. Elle avait rétorqué à la majorité écologiste de l’époque que le jumelage de Strasbourg devait être dégelé avec… la ville israélienne de Ramat Gan. Donner un point aux génocidaires et un point aux génocidés, cela s’appelle la modération selon l’extrême centre. 

Un mois après sa réélection à la mairie, Catherine Trautmann avait tenté, sans succès, d’interdire une conférence de Rima Hassan pour le peuple de Palestine. Alors lorsque LFI et Médine ont annoncé leur événement commun pour ce 17 juin, la tentative d’interdiction par la maire de Strasbourg n’a rien d’étonnant. 

Dans sa levée de boucliers, elle a été accompagnée des élus LR, qui dénoncent en Médine un artiste qui « attise les tensions communautaires ». Un artiste qui clive et divise ? Inconcevable pour la droite. L’adjoint de Trautmann, en conseil municipal, s’est caché assez minablement derrière son petit doigt et le droit commercial pour justifier l’interdiction de l’événement. 

Mais en voyant ces interventions, parmi d’autres demandes d’interdiction comme celles du CRIF ou du président de la région Grand Est, on peut se demander, avec l’élue LFI de Strasbourg Halima Meneceur, si ces motifs de censure ne sont pas une « polémique » (jamais clairement identifiée par ailleurs), mais bien les positions politiques de Médine contre le génocide en cours à Gaza. Ce qui ferait des coups de pression de la mairie une pure censure politique et idéologique. 

Malgré ces tentatives, le meeting-concert aura bien lieu, malgré un changement de salle. L’Alliance de la Gauche Européenne (ELA), dont fait partie LFI, a rappelé que : « cet événement revêt une nouvelle signification : y participer sera non seulement un acte de solidarité avec la Palestine, mais aussi comme un acte de résistance face à toutes les forces qui cherchent à réduire au silence les voix dénonçant le génocide en Palestine ». 

Pour susciter autant de réactions épidermiques, du RN au PS, Médine doit taper juste par ses chansons comme par ses prises de position. Les tentatives de censure ne sont pas venues à bout de la combativité des militants pour la Palestine, et on gage que l’événement de ce soir est appelé à être un grand succès populaire. 

Pour aller plus loin : Gard : un maire RN censure un important festival de jazz et s’en vante

Par Alexis Poyard

sur le même sujet

Désarmer les fonds prédateurs, sauver les entreprises – Retour sur le travail parlementaire d’Aurélie Trouvé
Après les révélations sur l’ancien élu RN au tatouage nazi à Perpignan, le silence de Louis Aliot
Sortie d’un élu RN lunaire et islamophobe à Ivry : même encravatée, le RN reste profondément raciste
Pédocriminalité dans le périscolaire parisien : le Nouveau Paris Populaire saisit le Procureur de la République de Paris

Rechercher