Immobilier de luxe : la France attire l’argent sale des criminels de guerre et des dirigeants corrompus

En France, de Saint-Tropez au très chic XVIème arrondissement de Paris, le marché immobilier a la cote chez les puissants du monde entier. De la famille de Paul Biya, président camerounais corrompu par son grand ami Bolloré à celle de Aliyev, président d’Azerbaïdjan, accusé de crime de guerre dans le Haut-Karabagh, ce sont 62 acquéreurs issus des élites politiques de toute la planète qui sont accusés de blanchir de l’argent dans l’immobilier en France, pour un total de 744 millions d’euros.

Difficile de passer à côté de tels montants. Tout est accessible en ligne. Les journalistes de l’Obs n’ont eu qu’à se pencher pour ramasser les soupçons de détournement de fonds, blanchiment d’argent et corruption généralisée. Pourtant, les notaires impliqués dans les acquisitions et les autorités chargés de contrôler ce marché à haut risque n’y ont vu que du feu. De quoi éveiller quelques soupçons sur leur volonté d’empêcher des profiteurs malfaisants de blanchir leur argent mal acquis en France. 

117 millions pour Khadem al-Qubaisi impliqué dans le scandale 1MDB en Malaisie

42 millions pour Sevil Aliyeva, fille et sœur des présidents d’Azerbaïdjan, dont la seule activité connue est la production de deux disques de musique.

6 millions pour Andrey Gorbatskiy soupçonné de détournement de fonds.

5 millions pour la famille du président Biya, accusé d’avoir vendu son pays au magnat Vincent Bolloré.

3 millions pour Rafael Sarria Diaz, spécialiste du blanchiment de l’argent sale des trafiquants de drogue.

1,79 millions pour Prabowo Subianto, gendre du président indonésien, accusé d’avoir commandité l’exécution de centaines de personnes.

793 000 pour Faure Gnassingbé, fils du président du Togo avec pour seule activité connue : étudiant en master.

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Des achats immobiliers sans hypothèque, payés en cash, par des personnes ne déclarant souvent aucune activité. Les notaires et autorités de régulation n’ont rien trouvé à dire. 

C’est comme si le gouvernement ne mettait pas tout en œuvre pour empêcher ce genre de personnage peu fréquentable de blanchir leur argent sale en France. Étrange non ?

La loi prévoit que ce sont les notaires, les avocats et les agents immobiliers, en bref, toutes les personnes qui touchent un montant à chaque signature qui sont censés faire remonter d’éventuelles irrégularités. 

Avec une telle législation, pas étonnant que moins d’une opération sur quatre mille (0,025 %) soit signalée comme potentiellement frauduleuse. Et cela, alors que le marché immobilier fait face à un risque de menace « élevé » de blanchiment de capitaux. Quel notaire, quel avocat, quel agent immobilier voudrait avoir la réputation de dénoncer ses clients, ceux-là même qui assurent sa rémunération ? En outre, on peut imaginer combien il est aisé pour les puissants profiteurs d’identifier les professionnels “compréhensifs” qui encaisseront leur chèque sans scrupule. Première brèche.

Pour les quelques enquêtes ouvertes, le manque de financement pour l’investigation empêche les magistrats de faire correctement leur travail. Les délais s’allongent, laissant aux politiciens malfaisants le temps d’effacer leurs traces. Deuxième brèche.

Pour cacher leurs transactions immobilières délictueuses, les élites corrompus peuvent s’appuyer sur des figures du notariat acquis à leur cause. 

Le grand régulateur en chef à Paris, Christian Lefebvre, chargé de sanctionner les notaires qui ne signaleraient pas leurs clients douteux, est lui-même impliqué dans la vente de trois appartements à Sevil Aliyeva, la sœur du dictateur de l’Azerbaïdjan. Xavier Lièvre, troisième vice-président du Conseil supérieur du notariat, la plus haute autorité de la profession a lui permis une transaction immobilière pour Prabowo Subianto, accusé de crime de guerre en Indonésie. Ce n’est plus une brèche, c’est un boulevard Haussmannien.

Christian Lefebvre : Les notaires au cœur de la médiation

Avec de tels gardiens du temple, pas étonnant que des pilleurs du monde entier choisissent la France comme destination de choix.

Qui mettra fin à ces agissements infamants pour la patrie des droits de l’Homme ? Emmanuel Macron, président des riches et amis des lobbys ? La riche héritière du manoir Le Pen, elle-même accusée de détournement de fonds le 16 avril 2022 ? Une nouvelle fois, capitalistes et fascistes avancent main dans la main. Cette fois-ci, c’est pour vendre notre pays aux ultra riches corrompus. 

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On comprend bien pourquoi ils ont tout fait pour tenter, sans succès, d’empêcher la Nupes, seule opposition politique à cette alliance des maltraiteurs du peuple, d’obtenir la commission des finances.