Question : qu’est-ce que Vincent Bolloré va faire de toute cette oseille ?

Vincent Bolloré est un assisté bien né, riche héritier d’une papeterie de Bretagne qui profite de chaque crise pour s’enrichir, de chaque détresse sociale pour exploiter des salariés. Sa plus indécente réussite : la crise Covid. Grâce à l’appui indéfectible d’Emmanuel Macron, poursuivant la lignée des carpettes présidentielles pour grands patrons sans scrupules initiée par Jacques Chirac, sa fortune passe de 5 700 à 9 250 millions d’euros. En deux ans de pandémie mondiale : + 3,55 milliards. Une hausse de 62%. Quand le reste de l’humanité est confiné et que les fils de l’aide alimentaire s’allongent, Vincent Bolloré se promène en jet privé en se posant sa question préférée : qu’est-ce que je vais faire de toute cette oseille ?

Ces profiteurs de crise, ils ont des noms, ils ont des adresses. L’insoumission va s’atteler à les démasquer. Onzième épisode de notre série sur les assistés d’en haut : Vincent Bolloré. Notre article.

Le pédégé est pratiquement né à la faveur d’une crise. En Bretagne, la papeterie familiale est connue pour ses papiers à cigarette et son papier bible. Problème, à partir de la fin des années 1970, les gens fument moins et lisent moins la Bible.

Le fils Bolloré flaire alors le bon plan. Il rachète pour deux francs l’entreprise familiale au bord de la faillite. Puis, se rend à l’usine pour rencontrer les travailleurs et leur proposer un marché qui ne se refuse pas : soit vous partez, en pleine crise de votre métier, donc sans espoir de retrouver rapidement du travail dans votre branche, soit vous restez, mais vous acceptez de baisser votre salaire d’un cinquième. La mort ou la misère. Quand on vous dit que ça se ne refuse pas.

Première crise, première fortune. Le filon est bon, Bolloré ne va plus le lâcher. Après la Bretagne, il s’attaque à l’Afrique.

A partir des années 1990, Bolloré semble se désintéresser de la Bretagne. Trop plan plan peut-être. Pas assez bien pour lui. Ou trop de protection sociale. Trop de journalistes prêts à dénoncer les abus des puissants. (Oui c’était avant qu’il ne pose ses griffes putrides sur une partie importante des médias du pays). Direction l’Afrique.

Bolloré se met en quête de régimes dictatoriaux qui se maintiennent au pouvoir par la corruption. Pour faire de la corruption, il faut des corrompus et des corrupteurs. Au Cameroun, il trouve un Président corrompu, lui se fera corrupteur. En plus, cela tombe bien. C’est la crise. Le pays est sous la coupe du FMI, les salaires des fonctionnaires viennent d’être réduit de 60%, le président lance de grands plans de privatisation. Tout cela fleure bon les surprofits. Bollo ne s’y est pas trompé. A partir des années 2000, les reportages, les papiers critiques comme élogieux emploieront tous la même expression pour qualifier les filiales africaines du groupe Bolloré : la « vache à lait ».

Après la désindustrialisation en Bretagne, la privatisation des bénéfices du développement en Afrique , Bolloré profite à fond du confinement mondial.

Avec Universal Music, nouveau Jackpot sur fond de pandémie planétaire : les écoutes en streaming explosent, les profits du patron aussi. Après l’introduction en bourse de la nouvelle poule aux oeufs d’or en 2021, le groupe verse 5 milliards de dividendes à ses actionnaires.

Pour couronner le tout, la banque centrale européenne et l’État français, également dirigé par un banquier, rachètent à tout va les actions des entreprises pour éviter les faillites, sans trop regarder et sans aucune contrepartie sociale. Résultat, des pertes d’emplois pour les salariés. Et une hausse de 62% de la fortune du PDG.

Non, vraiment, que ce soit en Bretagne ou en Afrique, sous Chirac, Sarkozy, Hollande ou Macron, qu’importent les subprimes, qu’importe le covid, et surtout, surtout, qu’importent les travailleurs mineurs au Cameroun et les salariés remerciés à la moindre revendication, la petite entreprise Bolloré ne connaît pas la crise.