« Jetez la rancune à la rivière, il s’agit de gouverner le pays tout entier » : Mélenchon au 1er mai

Ce 1er mai 2022, Jean-Luc Mélenchon avait un message à faire passer. S’adressant à la foule, venue en nombre le soutenir, le leader du bloc populaire a prononcé un discours d’une vingtaine de minutes place de la République à Paris, soulignant la responsabilité historique de la gauche pour le camp du travail, appelant chacun à jeter ses rancunes à la rivière, alors que le bloc populaire peut prendre le pouvoir dans 6 semaines. Notre article.

Populaire. Jean-Luc Mélenchon a fait son entrée place de la République, entourée d’une meute impressionnante de journalistes et de citoyens prêts à tout pour l’approcher. Entouré de têtes connues, jeunes et féminines de l’Union populaire, celui qui a rassemblé près de 22% des suffrages à la présidentielle, est monté sur l’estrade improvisée pour l’occasion. Pour sa première prise de parole publique depuis la présidentielle. C’est peu dire que le peuple, venu en nombre ce dimanche, avait lui aussi un message à faire passer à Jean-Luc Mélenchon.

« Ne l’oubliez jamais : rien ne vous a été accordé. Tout a toujours été arraché » : Mélenchon

Le tribun a commencé par rappeler l’importance vitale du 1er Mai dans l’Histoire de la lutte du camp du travail contre le capital, des petits contre les grands, de ceux d’en bas contre ceux d’en haut : « le 1er Mai marque pour nous notre attachement à notre Histoire la plus profonde, la lutte qu’ont mené nos grands parents pour la dignité des travailleurs. Et leur droit d’avoir une vie humaine ».

Jean-Luc Mélenchon a ensuite rappelé l’Histoire du 1er mai, les morts dans les mines, déjà à l’époque pour le profit du capital, l’interdiction du travail des enfants, le symbole du triangle rouge, la réduction du temps de travail dans la journée, la semaine, la vie, et a lancé à la foule : « Ne l’oubliez jamais : rien ne vous a été accordé. Tout a toujours été arraché ».

Une longue bataille entre le temps contraint, travaillé, et le temps libre, arraché au capital

Le leader du bloc populaire a résumé le combat historique du camp du travail que symbolise le 1er mai : la part du capital doit être moins grande, la part du travail plus grande. Un long combat, une longue bataille, entre le temps contraint, travaillé, et le temps libre, arraché au capital.

Jean-Luc Mélenchon l’a rappelé, le pouvoir en place n’attend qu’une seule chose, remporter une majorité à l’Assemblée nationale pour faire passer en force le recul de l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Face à la guerre sociale féroce que prépare Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon l’a rappelé : « la politique n’est pas un jeu ». Le tribun le sait, si Macron obtient une majorité, les classes populaires vont cracher du sang, entièrement sacrifiées sur l’autel des bénéfices du capital. « Le sens de l’Union populaire, c’est le droit à la vie ». Le droit de pouvoir faire autre chose que de travailler.

Passer au dessus des divisions pour gagner le 3ème tour

Conscient de la gravité des enjeux et de la responsabilité historique de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a fait passer clairement le message : « nous avons décidé de passer par dessus des divisions profondes, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ça avance ». Et ce, malgré toutes les insultes essuyées par le leader des insoumis durant la campagne présidentielle, auquel Jean-Luc Mélenchon a admirablement réussi à ne jamais répondre.

« Jetez la rancune à la rivière, il s’agit maintenant d’assumer le pays tout entier. La classe ouvrière, les salariés de toute sorte, ceux qui sont à la retraite, si vous le voulez, vous avez la capacité de nous faire gagner, cette force vous appartient ». Jean-Luc Mélenchon s’est félicité que l’enjeu des législatives, le 3ème tour, la possibilité d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale et d’imposer une cohabitation à Emmanuel Macron en propulsant le bloc populaire à Matignon, ait très largement pris dans le pays.

Jean-Luc Mélenchon à Matignon ? « Mettez un peu de 6ème République dans la 5ème » a sourit le tribun, avant d’enjoindre les forces de gauche à faire passer l’intérêt général humain avant leurs intérêts personnels, posant comme date limite cette nuit pour arriver à l’accord commun. Puis, pendant plus de 2 heures, Jean-Luc Mélenchon s’est offert un bain de foule, aux cris de « Mélenchon à Matignon ». Tout sourire, entouré d’un peuple porté par un incroyable espoir, une fraternité et une chaleur humaine d’une force rare. L’ère du peuple ? Réponse les 12 et 19 juins prochain.

Par Pierre Joigneaux.

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