Endométriose : les insoumis font adopter la reconnaissance de cette affection à l’Assemblée !

La proposition de résolution de la France insoumise afin de reconnaitre l’endométriose comme une affection longue durée est adoptée ! Clémentine Autain a présenté aujourd’hui ce texte, attendu depuis des années par les associations.

Dès les premières minutes de l’examen du texte, Marie-George Buffet remercie la France insoumise d’avoir mis à l’ordre du jour cette résolution.

En effet, l’endométriose est une maladie gynécologique chronique liée à̀ la présence anormale de tissus semblables à la muqueuse utérine, aussi appelée endomètre, en dehors de l’utérus. Elle touche au moins 10% des femmes à partir de la puberté, soit 1,5 à 2,5 millions de femmes en France.

Les associations révèlent qu’on compte en moyenne sept ans entre le premier symptôme et le diagnostic… soit sept années d’errance médicale ! Le nombre de femmes atteintes de cette maladie pourrait même ainsi atteindre 4,2 millions de femmes en France.

L’inscription sur la liste des affections longue durée (ALD 30) est une première étape dans la reconnaissance de cette maladie. Une ALD exonérante nécessite des soins prolongés et des traitements particulièrement coûteux. Cela donne droit aux patients à exonération du ticket modérateur pour tous les actes en rapport avec elle, c’est-à-dire une prise en charge à 100 % des dépenses liées à ces soins et traitements. De plus, ils bénéficient d’une réduction du délai de carence, qui n’est plus retenu que pour le premier arrêt de travail pendant 3 ans. 

Pourtant, l’Élysée refuse de reconnaitre l’endométriose comme une affection longue durée. Dans un article du 11 janvier 2022, 20 minutes rapportait les propos suivants :

« Dans le cadre de la stratégie, le passage de l’ALD 31 à l’ALD 30 a été posé, argumente l’Élysée. La Haute Autorité de santé, consultée, a conclu que les critères ne sont pas réunis. On reste donc sur une ALD 31, au cas par cas. Mais on ne dit pas que le dispositif fonctionne parfaitement, car il est méconnu par les patientes et les soignants. Il faudrait donc faciliter la reconnaissance en ALD 31. »

Pourtant, l’endométriose peut aboutir à des formes sévères responsables d’une invalidité au quotidien dans un tiers à la moitié des cas. Cette maladie constitue un handicap invisible ayant des conséquences sociales, économiques et professionnelles pour les femmes qui en sont atteintes avec des arrêts maladie fréquents qui affectent leur scolarité et leur carrière. La reconnaissance en ALD 31, comme c’est le cas actuellement, génère des inégalités de prise en charge entre patients en fonction des territoires.

Dans l’hémicycle, c’est un camouflet pour le Président :

Bénédicte Pételle annonce que le Groupe LREM votera pour. Stéphane Viry enchaine pour les Républicains. C’est un pas de plus vers une meilleure reconnaissance et amélioration de la prise en charge : le groupe votera pour. Le député évoque même un calcul politicien de la part d’Emmanuel Macron qui choisit, deux jours avant l’examen de notre proposition de résolution à l’Assemblée nationale, de lancer un grand plan de communication sur l’endométriose. Il dénonce le silence de la majorité depuis des années.

Les groupes de la majorité Modem, l’UDI, Agir remercient la France insoumise d’avoir choisi le mettre l’endométriose dans leur niche et annoncent voter pour. Tout comme le groupe socialiste et Libertés et Territoires.

Contre l’avis du ministre de la santé, Olivier Véran, qui n’a pas soutenu notre proposition de résolution est adoptée à l’unanimité : 111 votants, 111 voix pour.