Macron veut ficher nos opinions politiques et religieuses

L’information est tombée ce lundi 4 janvier 2021 : policiers et gendarmes vont pouvoir ficher nos opinions politiques, religieuses, nos appartenances syndicales et nos données de santé. Le Conseil d’État vient de donner un avis favorable à trois décrets élargissant les possibilités de fichage en France. L’information n’a fait que peu de bruits. Elle constitue pourtant une nouvelle atteinte très grave à nos libertés fondamentales.

2021 Big Brother

Le Conseil d’État avait été saisi en référé (une procédure d’urgence) par la CGT, la FSU, FO, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature suite à trois décrets publiés le 4 décembre. Ces trois décrets élargissent considérablement les autorisations de fichage en France. Jusque là cantonné aux seules « activités », le fichage effectué par la police et la gendarmerie pourra désormais s’étendre aux « opinions ».

Ce sont les « opinions politiques », « l’appartenance syndicale », les « convictions philosophiques et religieuses » et les « données de santé » qui sont dans le viseur du gouvernement Castex. Les trois décrets suscitent une vive inquiétude chez les syndicats d’avocats et de magistrats. Ces derniers dénoncent le « spectre du Big Brother en 2021 ». Référence à 1984, le célèbre ouvrage de George Orwell symbole de la surveillance de masse organisée par un régime totalitaire. L’insoumission avait également publié un édito « Fichage des opinions politiques et religieuses : Big Brother vous regarde » pour alerter sur ces trois décrets liberticides début décembre.

Inquiétante dérive autoritaire du gouvernement Castex

Vos photos postées sur les réseaux sociaux, vos profils Facebook, Twitter ou Instagram, ou encore vos commentaires, pourront désormais également être fichés par les policiers et les gendarmes. Jusqu’ici réservé aux blacks blocks et aux hooligans, ces fichiers policiers vont donc pouvoir s’élargir à l’ensemble de la population française. Début décembre, le Pasp (prévention des atteintes à la sécurité publique) de la police contenait 60 686 personnes, le Gipasp (gestion de l’information et prévention des atteintes à la sécurité publique) des gendarmes 67 000 personnes et l’EASP (enquêtes administratives liées à la sécurité publique) 221 711 personnes selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Le fameux fichier « Edvige », qui prévoyait de recenser des personnes exerçant ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique, avait été retiré en 2008 face à une vague d’indignation dans le pays. Ces trois décrets confirment l’inquiétante dérive autoritaire du gouvernement Castex. La liberticide loi sécurité globale et la loi de programmation de la recherche, avaient déjà annoncé la couleur fin 2020. Des centaines de milliers de citoyens avaient défilé dans des marches des libertés à travers tout le pays. De l’ONU aux associations de défense des droits de l’homme, de nombreuses voix se sont élevées contre ces graves remises en cause de nos libertés fondamentales. Il va falloir de nouveau se mobiliser pour qu’Emmanuel Macron ne se transforme en Big Brother en 2021.

Par Pierre Joigneaux.

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