Michel tabassé par 3 policiers : les images qu’ils veulent cacher

Michel, producteur de musique, a été violemment tabassé par trois policiers le 21 novembre 2020 à l’intérieur de son studio dans le 17ème arrondissement de Paris. Les images sont d’une incroyable violence. Elles sont révoltantes. Elles témoignent, une fois de plus, des violences policières qui gangrènent notre pays. Heureusement que les images sont là : pas d’images, pas de preuves. Pas de preuves, pas de violences policières. La loi sécurité globale et son article 24 doivent être supprimés. C’est notre sécurité qui est en jeu. Il faut qu’on puisse témoigner. Ces images doivent servir à condamner les policiers au tribunal. Continuons la mobilisation contre cette loi liberticide. Pour la liberté d’informer. Pour continuer à visibiliser ces violences policières et la dérive autoritaire dans notre pays.

Une séquence de 20 minutes de violences inouïes et révoltantes

La colère. La révolte. Le dégoût. La lassitude aussi. À la vue de ce nouveau scandale de violences policières, les sentiments s’entremêlent. Nous avons été nombreux et nombreuses à nous réveiller avec ces images devenues virales ce jeudi 26 novembre au matin sur les réseaux sociaux. C’est le journaliste David Perrotin, du média Loop Sider, par le tweet (ci-dessous) qui révèle l’incroyable histoire. Malheureusement « incroyable » est peut-être un terme mal choisi, tant l’inacceptable est devenu banal, tant nous nous sommes habitués à ces images de violences policières sur les réseaux sociaux.

Michel, producteur de musique, rentre chez lui ce 21 novembre 2020, dans son studio, dans le 17ème arrondissement de Paris quand les policiers s’engouffrent derrière lui. Et là l’inacceptable commence : c’est parti pour une séquence de 20 minutes de violences inouïes et révoltantes. Les coups de poings en pleine tête, les coups de pied, les « sale nègre » fusent. À trois sur un seul homme, les policiers pensent agir en toute impunité. Heureusement, la caméra de vidéosurveillance du studio filme. Nouvelle preuve s’il en fallait de la vitalité des images, question brûlante alors que la loi sécurité globale vient de passer en première lecture à l’Assemblée nationale.

Darmanin obligé de reconnaître deux fois en trois jours des violences policières… grâce à des images qu’ils veulent interdire

Face à l’ampleur de l’indignation sur les réseaux sociaux (un million de vues pour la vidéo en deux heures, 60 000 tweets, « Michel » en sujet numéro toute la matinée sur Twitter), le ministre de l’Intérieur a été obligé de réagir. Gérald Darmanin a annoncé que l’IGPN avait été saisie et les trois policiers suspendus à titre conservatoire. Petit problème de cohérence pour le ministre de l’Intérieur qui d’un côté défend l’article 24 remettant en cause la liberté de filmer et diffuser les images de violences policières, et de l’autre se sert de ces images pour condamner ces violences policières.

C’est en effet la deuxième fois en trois jours que Gérald Darmanin est obligé de réagir à des violences policières. Suite au déferlement de violences policières lundi soir place de la République, ces images d’enfants piétinés par des CRS, crocheté et frappés à coup de pied, de Rémy Buisine, journaliste de BRUT, roué de coups au sol par un policier, de cette soirée indigne de la République racontée par l’insoumission, le ministre de l’Intérieur avait déjà dû réagir. En se servant… des images diffusées sur les réseaux sociaux. Qu’il veut interdire. La farce a assez duré. Cédric Chouviat, Adama Traoré, Steve Maia Caniço, Zineb Redouane et tant d’autres ont déjà perdu la vie. Il est grand temps de mettre fin à ce fléau qui gangrène le pays et abîme la République.

Tout d’abord, il est urgent que le gouvernement retire la loi Sécurité globale. Ensuite, il faut que Gérald Darmanin et le préfet Lallement, responsables de tant de violences policières dans la capitale, s’en aillent. C’est ce qu’ont réclamé des milliers de manifestants rassemblés ce mardi 24 novembre place de la République, lendemain des violences policières abjectes commises sur cette même place. Enfin, il faut refonder de fond en comble la police comme le propose la France insoumise : supprimer la BAC et reconstituer la police de proximité, recruter massivement notamment dans la police judiciaire pour pouvoir sortir de la politique du chiffre inutile et mener des enquêtes sur le temps long pour démanteler les réseaux, passer de la logique d’affrontement à la logique de désescalade dans le maintien de l’ordre, supprimer les LBD et grenades de désencerclement, supprimer l’IGPN qui ne sert à rien et créer une institution indépendante pour juger les violences policières. Ce contrôle et le retour d’une police républicaine deviennent urgents. Ces images révoltantes abîment un peu plus chaque jour le lien entre les citoyens et la police. Continuer à pouvoir témoigner et informer est une protection vitale face à cette dérive autoritaire et policière inquiétante. Manifestons samedi dans tout le pays contre leur loi liberticide.

Par Pierre Joigneaux.