Un Observatoire national pour « mettre sous surveillance » l’extrême droite

Le 12 octobre, un collectif d’universitaires, de journalistes, de politiques et de syndicalistes annonçait la création d’un Observatoire national de l’extrême droite. Celui-ci se donne pour objectif d’être un nouvel outil « permettant de mener une bataille idéologique d’ampleur pour sortir des combats de slogans et aller vers une déconstruction idéologique et argumentée du discours. »

« Un outil permettant de mener une bataille idéologique d’ampleur »

Dans une tribune publiée le 12 octobre dernier, un collectif composé de militants et élus politiques, de syndicalistes et d’enseignants a lancé l’Observatoire national de l’extrême droite. On y retrouve plusieurs députés insoumis dans le conseil d’administration comme Danièle Obono, Caroline Fiat ou encore Clémentine Autain, mais aussi des élus d’autres formations politiques comme Elsa Faucillon (PCF), Aurore Lalucq (eurodéputée Place Publique) ou Raphaëlle Rémy-Leleu (Conseillère de Paris EELV).

Annoncé comme un « outil permettant de mener une bataille idéologique d’ampleur contre l’extrême droite », il n’est pas surprenant de voir la création d’un tel observatoire au moment où l’agenda politique et médiatique du pays est dicté par le discours de l’extrême droite. Nous alertions récemment sur le séparatisme des médias et la montée des thématiques d’extrême droite symbolisée par l’alliance objective entre Eric Zemmour et Emmanuel Macron. Messages de haine, racisme et autres désinformations circulent à tout va sur les plateaux TV et radio. Leur opposer un discours argumenté et idéologique fort médiatiquement fait partie des objectifs de l’observatoire. Pour cela, proposera plusieurs outils, argumentaires et formations pour déconstruire ces discours et les relayer largement grâce à des ripostes sur les réseaux sociaux.

Confronter le discours de l’extrême droite à la réalité

Afin de déconstruire le discours de l’extrême droite, l’Oned se donne plusieurs missions. Tout d’abord un travail de recueil de données et d’analyse qui permettra de lutter contre la désinformation. Une pratique qui est monnaie courante sur de nombreux sujets chez le Rassemblement national et les groupuscules identitaires. Pour apporter leur expertise, plusieurs journalistes font parti du collectif qui a lancé l’Observatoire ainsi que des médias qui ont décidés d’être partenaires comme l’Humanité, Politis, Mediapart ou encore Regards.

En période électorale, le collectif produira des analyses des propositions et diffusera des argumentaires afin de « démontrer auprès des électeurs et électrices les incohérences entre discours et programmes » chez l’extrême droite. Pour cela, l’Oned devrait s’appuyer sur le recueil d’expériences de terrain, qui démontrent souvent un écart de taille entre les slogans de l’extrême droite et leurs actions une fois en responsabilité. Une analyse sera également proposée pour « évaluer l’impact de l’extrême droite sur les politiques publiques lorsqu’elle est au pouvoir ». De quoi rétablir certaines vérités tout en prenant pour exemples les expériences malheureuses de certaines collectivités dirigées par des élus RN.

Des observatoires régionaux

Des déclinaisons locales des travaux de l’Oned sont d’ores et déjà annoncées avec là encore « un travail précis et scientifique de recueil de données ». Une attention toute particulière sera apportée à l’identification et l’analyse des groupuscules violents comme le G.U.D ou Génération Identitaire qui sèment la haine sur le territoire. Une cartographie de ces réseaux ainsi qu’un travail de recherche sur leur financement pourront être effectués nationalement ou localement.

La démarche de l’Observatoire national de l’extrême droite s’inscrit « dans le prolongement de nombreux travaux préexistants de journalistes, d’intellectuels, syndicalistes, ou encore politiques » et se veut « innovante, pluraliste, et ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette démarche. ». Pour en savoir plus, consultez la page Facebook de l’observatoire.

Par Maxime Charpotier.

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