L’eau comme bien commun, Mélenchon en soutien aux opposants aux « bassines »

Jean-Luc Mélenchon était ce dimanche 11 octobre 2020 dans les Deux-Sèvres aux côtés des opposants aux « bassines », des retenues d’eau construites par des agriculteurs. L’occasion pour le leader des insoumis d’effectuer un discours rappelant l’urgence écologique de la reconquête collective du temps long et de nos biens communs, au premier rang desquels, l’eau.

Des « bassines » pour retenir de l’eau destinée à… de l’exportation de maïs

Dans les Deux-Sèvres, le marais poitevin est en danger. Et pour savoir pourquoi, il faut encore s’intéresser au cycle de l’eau. Ici, pour faire face à la sécheresse, les agriculteurs ont lancé la construction de «bassines». Il s’agit de retenues d’eau artificielles et à l’air libre afin d’avoir assez d’eau le moment venu pour arroser les cultures.

Le problème est que ces bassines aggravent les choses. Pour qu’elles contiennent assez d’eau, on draine les sols. Et comme on retient l’eau à l’air libre, elle s’évapore davantage. Mais ce n’est pas tout : ces bassines concentrent la pollution issue de l’agriculture chimique et notamment les phosphates qui produisent des cyanobactéries et des cyanotoxines. En bout de chaîne, on assèche peu à peu le marais qui reçoit moins d’eau. Tout ça pour produire… du maïs, destiné non pas à la consommation nationale mais à l’exportation.

Un discours de Jean-Luc Mélenchon pour la reconquête de l’eau comme un bien commun

Le leader des insoumis était donc ce dimanche 11 octobre dans les Deux-Sèvres en soutien à la manifestation #NoBassaran contre les « bassines » qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes. L’occasion pour le tribun d’effectuer un discours sur l’eau. Un sujet particulièrement mis en avant ces dernières semaines par Jean-Luc Mélenchon. Le leader des insoumis a commencé par rappeler les facteurs négatifs : imperméabilisation des sols, construction partout, utilisation massive de pesticides tuant la biodiversité aérant la terre et augmentant sa spongiosité. Jean-Luc Mélenchon a rappelé que l’aggravation par le changement climatique de l’évaporation et du dérèglement du cycle de l’eau était déjà visible en Méditerranée, avec les crues dévastatrices dans les vallées de la Vésubie et de la Roya ou encore à travers l’assèchement du Doubs.

« C’est le cycle de l’eau tout entier qu’il s’agit de prendre en compte (…) Et pour ça nous avons une conquête à entreprendre : reconquérir la propriété collective du temps long et des biens communs. » Jean-Luc Mélenchon a rappelé que l’eau potable ne représentait que 2 % de l’eau sur la planète, et que ce bien commun indispensable à l’humanité était bien trop précieux pour être laissé aux mains du marché. Nous alertions à la rentrée sur l’incroyable danger de la désormais possible spéculation sur… l’eau. Les actionnaires se livrant déjà une bataille acharnée dans l’affaire Suez-Veolia.

Jean-Luc Mélenchon à appeler à récupérer le droit de décider pour l’intérêt général sur le temps long, décider que l’eau est un bien commun. Dès lors que l’eau est un bien commun, personne n’a en effet le droit de se l’approprier. Le leader des insoumis a appelé à ce que la totalité de l’eau soit collectivisée et sorte du giron des rapaces prêt à faire du profit jusqu’à nous priver des biens communs indispensables à la survie humaine. « Je dis à Veolia qu’ils se donnent bien du mal pour avaler Suez parce que de toute façon à la fin, on reprendra tout. J’appelle à ce qu’une révolution citoyenne nous redonne le pouvoir sur nos biens communs. »

Par Pierre Joigneaux.

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