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Retraites – Un an après, que reste-t-il des mensonges de Macron ?

Retraites. Vol de deux ans de vie, un an après. Que reste-t-il des mensonges répétés en boucle par Emmanuel Macron, Elisabeth Borne, Gabriel Attal et leurs alliés pour mieux faire passer la pilule d’une réforme brutale et injuste qui faisait l’unanimité contre elle ? De janvier à mars 2023, la promesse d’une « pension de retraite minimale à 1200 euros » était devenue une parole d’Évangile macroniste sur les plateaux. Un trucage et un mensonge que l’Insoumission.fr avait déjà battu en brèche à l’époque.

Même enfumage pour les « 17 milliards d’euros d’économies ». La réforme qui vole deux ans de vie à tout un chacun va finalement engendrer un coût sur le long terme, selon le Comité de suivie des Retraites. Un an après l’adoption de cette réforme jamais votée par le Parlement, Gabriel Attal désormais Premier ministre continue dans la même veine. Attaques contre le SMIC, économies sur le dos des malades chroniques, généralisation du travail gratuit obligatoire par la réforme du RSA et suppression de l’allocation de solidarité spécifique, autant d’offensives sociales d’une brutalité inédite dont la réforme des retraites donnait un avant-gout. Notre article.

L’année passée a confirmé les mensonges du Gouvernement sur les retraites

Le principal mensonge que le Gouvernement a dû mettre en œuvre pour faire passer cette réforme des retraites aura été le mirage d’une pension minimale à 1 200 euros et d’une revalorisation mensuelle de 100 euros. Ces mensonges avaient déjà été débunkés au cours des débats par les députés de la France Insoumise et de nombreux économistes, au premier rang desquels Michaël Zemmour. 

L’insoumission relatait déjà ces mensonges au printemps dernier : la revalorisation à 1200 euros ne concernera que 0,002% des salariés. L’année passée a confirmé les mensonges du Gouvernement. En réalité, sur les 750 000 nouveaux retraités en 2024, seulement 185 000 bénéficie d’une revalorisation. Surtout, cette revalorisation n’est que de 30 euros bruts par mois en moyenne, selon la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques).

Bien loin de ce qui était promis par le Gouvernement pour faire avaler la pilule d’un report brutal de l’âge de départ. Selon les chiffres de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, parmi les personnes déjà retraitées avant la réforme, c’est seulement 600 000 d’entre elles qui ont bénéficié d’une revalorisation ; cette fois de 50 euros brut par mois.

Pour aller plus loin : Retraites – L’économiste Michaël Zemmour dissout le Gouvernement : « Ils ont compté 4 milliards de trop dans le tableau Excel. »

Aujourd’hui, la DREES est toujours incapable de donner le nombre de retraités atteignant les fameux 1200 euros, « 85% du Smic net ». S’accommodant avec la réalité, le ministre Olivier Dussopt avait pourtant martelé un chiffre sortant de son chapeau, affirmant contre vents et marées que 250 000 retraités franchiraient ce cap.

Mais le Gouvernement n’a pas seulement menti sur la revalorisation des pensions. Il s’est aussi largement arrangé avec la réalité au sujet de son deuxième argument phare pour justifier la réforme : les fameuses économies ô combien essentielles pour le pays que celle-ci permettrait. Alors que le Gouvernement annonçait un minimum de 17 milliards d’économies, le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) affirmait que seulement 5 milliards par an peuvent être dégagés à horizon 2027. Selon le Comité de suivi des retraites, la réforme pourrait même entraîner un surcoût à long terme.

Bref, les gesticulations du camp présidentiel pour faire passer sa réforme des retraites ne fonctionnaient déjà guère au printemps dernier. L’année écoulée a désormais confirmé ces contrevérités indignes du débat démocratique sur cette question sociale centrale que sont les retraites des citoyens.

Ce même Gouvernement n’a d’ailleurs toujours pas publié les décrets qui octroient des trimestres supplémentaires aux sapeurs-pompiers volontaires, ni ceux régularisant la situation de ceux ayant effectué des travaux d’utilité publics (TUC). Un an après, ces derniers sont donc toujours en attente de leur trimestre de retraites, pourtant promis par Emmanuel Macron.

Un an après, le pire reste à venir

Mais si l’année a su montrer l’étendue de la casse de la réforme des retraites, elle a aussi été le théâtre de nouvelles annonces d’un Gouvernement prêt à aller encore plus loin. Il souhaite prendre à nouveau pour cible les millions de seniors et de retraités de notre pays, toujours dans le but de faire des économies sur la dépense publique.

Initialement, le Gouvernement souhaitait ponctionner l’Agirc-Arrco (les retraites complémentaires, ndlr) pour récupérer plusieurs milliards d’euros. Il avait finalement renoncé lors du PLFSS de réforme des retraites. Mais il a toujours pour projet de récupérer entre 1.2 milliard d’euros par d’ici à 2026 et 3 milliards par an d’ici à 2030.

Autre angle d’attaque du Gouvernement pour précariser de plus belle la situation des retraités : la désindexation des pensions de l’inflation. Macron avait déjà sous-indexé les pensions en 2019, permettant ainsi d’économiser 2.8 milliards. Autrement dit, alors que l’inflation était d’1.3%, les retraites de base ont été revalorisées de 0.3% : les retraités ont vu leur pouvoir d’achat diminuer. Alors que Bruno Le Maire et Thomas Cazenave (ministre délégué aux Comptes publics) poussent pour obtenir la désindexation des pensions, celle-ci couperait au minimum 4.5 milliards d’euros aux retraités, selon les prévisions d’inflation pour 2025.

Avec ces prévisions, on sait d’ores et déjà que le niveau de vie des retraités se dégradera. Leur niveau de vie par rapport à celui de l’ensemble de la population serait compris entre 75.4% et 87, contre 101.5% en 2019. L’anniversaire de la réforme des retraites est donc aussi l’occasion de souhaiter celui de la précarisation généralisée de nos seniors.

Enfin, le Premier ministre a annoncé en ce début de février 2024 la suppression de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) pour les chômeurs en fin de droit. Le but : économiser environ 2 milliards d’euros, selon Départements de France. Cette suppression rimera avec perte de droits et de revenus pour nombre de bénéficiaires. Et ce sont les demandeurs d’emplois de longue durée qui sont visés par cette mesure, donc les plus âgés. En effet, les plus de 50 ans représentent presque 60% des actuels bénéficiaires de l’ASS.

Dans la continuité de la réforme des retraites de l’an passé, le Gouvernement cherche donc à accroitre les « ni en emploi, ni à la retraite » et aggraver leur précarité. Ces personnes sont pourtant bien souvent trop abîmées par leurs travaux passés ou dans une trop grande difficulté pour retrouver un emploi à 60 passés. Ils se sont déjà vus refuser leurs droits à la retraite ; le Gouvernement leur diminue désormais leur allocation de survie.

Cela fera basculer 82 000 seniors supplémentaires en fin de droit chaque année, pour seulement 20 000 reprises d’emploi espérées. Le sas de précarité entamé par la réforme des retraites est donc en bonne voie pour se prolonger, au détriment de la santé des plus âgées et des plus vulnérables.

Par Zoé Pébay