« Envoyez vos factures à Poutine » Quand Ursula Von der Leyen se défausse avec mépris.

Difficile pour la Présidente de la Commission européenne de saisir le problème d’une facture qui augmente. Avec ses 30 000 euros de revenus mensuels, elle plane loin au dessus de ce type de considération. Cela a donné lieu à une scène surréaliste au Parlement européen.

Après un très long discours de Ursula Von der Leyen « sur l’état de l’Union », Manon Aubry, lui répond. La Présidente du groupe de la Gauche au Parlement européen montre les factures énergétiques que des citoyens français lui ont envoyé pour faire connaitre leur détresse face à cette inflation qui les plonge dans la pauvreté. La Présidente de la Commission européenne n’a su répondre que par le mépris crasse qu’on lui connait envers les préoccupations populaires. Elle a balayé d’une réponse laconique, demandant à l’élue insoumise « d’envoyer vos factures à Poutine ». Notre article.

Face à la crise sociale, due à la flambée des prix, notamment de l’énergie, Manon Aubry décide de présenter à l’auditoire du Parlement des factures énergétiques de citoyens français.

Gilles, Grégoire et Brigitte ont vu leur facture exploser, pour lui de « 2 300€ de gaz », pour elle avec la peur de “devoir peut-être choisir entre manger ou se chauffer ».

Face à cet épandage de réalité sociale, nous avons assisté à une démonstration de mépris de la part de la Présidente de la Commission européenne.

Car Mme Von der Leyen a décidé de répondre nommément à Manon Aubry. Lui assénant, ce qu’elle pensait être « une bonne formule » (pour reprendre les termes attribués par François Hollande hier soir dans une interview) « Vous devriez envoyer ces factures à Moscou, car c’est Poutine qui est responsable ».

Voilà donc en une phrase le dévoilement sur la place publique d’une déconnexion totale avec la réalité des gens, doublée du mépris de celles et ceux qui n’ont pas le souci de la facture qui augmente. Car Mme Von der Leyen est payée 30 000€/mois. Elle ne sait pas ce qu’est une facture qui augmente, elle ne le perçoit pas.

Ici nous avons devant les yeux la démonstration implacable que Mme Von der Leyen (ainsi que tous ses soutiens dans le Parlement mais aussi ici en France), n’est plus en phase avec le niveau de colère de la population. 

En témoigne les réactions sur les réseaux sociaux. D’un côté, tout le joli monde d’en haut, se félicitant (à grands coups d’articles de presse) du « recadrage » de Manon Aubry par la présidente de la Commission européenne, accompagné de tous le mépris pour ces élues (souvent d’ailleurs plus pour les femmes) qui n’ont pas le ton polissé de “rigueur” dans ces institutions éloignées des gens. Alors que de l’autre, que de ressentiment de mépris, les commentaires fusent sous les publications, expliquant souvent le mal-être de voir la présidente de la Commission européenne n’avoir comme seule réponse à la problématique de l’inflation était « de voir ça avec Poutine ».

Au-delà du mépris de la situation, c’est aussi criant de vérité l’incapacité de l’Union européenne d’agir concrètement pour changer la vie des gens : non pas que l’institution y serait contraire, mais bien car elle est mue par une logique libérale qui l’empêche d’agir dans l’intérêt général, préférant protéger les multinationales que de bloquer les prix des produits de première nécessité par exemple.

Par ailleurs, la réponse de Manon Aubry, qui a repris la parole à la suite de la présidente, est criante de vérité sur cette déconnexion qui pousse une présidente de la Commission européenne à se défausser sur Poutine de la responsabilité de régler le problème de l’inflation.