« Il n’est pas descendu de son jet-ski » : Mélenchon répond à Macron sur l’« abondance » et lance la rentrée politique

« Nous vivons la fin de l’abondance » a déclaré hier Emmanuel Macron. De quelle « abondance » parle-t-il ? Hier, nous apprenions que les dividendes versés par les grandes entreprises aux actionnaires français ont battu un nouveau record : 44 milliards d’euros au deuxième semestre. La famine. Et « en même temps », l’inflation continue d’étouffer le peuple. Jean-Luc Mélenchon lui a répondu depuis les universités d’été de LFI à Châteauneuf-sur-Isère : « Il n’est pas descendu de son jet-ski. Il n’y a jamais eu d’abondance, mais de l’irresponsabilité, du pillage, du gaspillage, la marchandisation de tout et du vivant ». La rentrée politique a sonné. Notre article.

Abondance : Emmanuel Macron voulait sans doute dénoncer l’accumulation du capital de ses amis extrêmes-riches ?

Emmanuel Macron est-il resté sur son jet-ski ? Perdu sur une île déserte, loin de la misère qui fracasse le peuple français ? Le chef de l’État a osé parler hier d’une « fin de l’abondance ». Un propos terriblement révélateur de la déconnexion du président de la République. Il serait peut-être bon d’effectuer un petit rappel au président : la majorité du peuple français n’a jamais connu l’abondance. 4 Français sur 10 ne sont pas partis en vacances cet été. 8 millions de Français ont besoin de l’aide alimentaire pour manger. 10 millions de Français survivent sous le seuil de pauvreté.

Emmanuel Macron parle sans doute du monde qu’il connait, des camarades qui l’entourent, de Rotschild, McKinsey, Uber et compagnie. Frédéric Lordon a donné un nom à cette collusion au plus haut sommet de l’État entre le gouvernement et le grand capital : l’État-pital. Si Emmanuel Macron parle de ses amis, effectivement l’abondance existe. Et pas qu’un peu Hier, nous apprenions que les dividendes versés par les grandes entreprises aux actionnaires français ont battu un nouveau record : 44 milliards d’euros au deuxième semestre. 5 personnes se partagent autant de richesses que 27 millions de Français.

La « fin de l’abondance » ? À qui Emmanuel Macron s’adresse-t-il ? Aux 12 millions de personnes qui n’ont pas eu les moyens de se chauffer cet hiver ? Aux 10 millions qui survivent sous le seuil de pauvreté ? Cette énième petite phrase du chef de l’État est d’une violence symbolique rare. Une violence que le chef de l’État ne doit même pas mesurer tant sa déconnexion avec « ceux qui ne sont rien » est immense. Pas du même monde.

« Il n’y a jamais eu d’abondance, mais de l’irresponsabilité et du pillage » : Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron

Jean-Luc Mélenchon, le leader de la gauche, a eu l’occasion de répondre au chef de l’État depuis Châteauneuf-sur-Isère, où s’ouvrent ce jeudi les « AMFIS », les universités d’été de La France insoumise (LFI). « Quand vous êtes dans un pays avec 9 millions de pauvres, Emmanuel Macron ne se rend pas compte à quel point parler d’« abondance » peut être blessant. Pour ses amis les riches, oui l’abondance continue ». Jean-Luc Mélenchon 1, Emmanuel Macron 0 ? Le leader de la NUPES ne s’est pas arrêté au partage des richesses.

« Sur le plan écologique, je ne peux pas lui en vouloir car je pense qu’il n’y a jamais rien compris. Il n’y a jamais eu d’abondance Monsieur Macron, il y a toujours eu de l’irresponsabilité, ce n’est pas pareil. Des gens qui croyaient que la nature était sans fin. L’abondance n’a jamais existé. Du pillage, du saccage, oui, et ça continue ». Une autre vision du monde.

Suppression de l’Impôt sur la fortune (ISF), instauration de la flat tax, refus d’instaurer une taxe sur les profiteurs de crise et les superprofits… même s’il s’en est toujours défendu, Emmanuel Macron est bien les présidents des riches, voire des ultra-riches comme l’ont écrit Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. (Le présidents des ultra-riches, La Découverte, 2019).

Main dans la main, la macronie et le Rassemblement national (RN) ont voté contre la hausse du SMIC, contre le blocage des prix et le gel des loyers en juillet. Ce, alors que les inégalités ont explosé et que l’inflation va atteindre 7% en septembre. La question du pouvoir d’achat sera au cœur de la rentrée sociale qui s’annonce explosive. LFI et ses alliés de la NUPES, l’alliance historique de la gauche, vont continuer à tenir la tranchée sur ces sujets face à l’alliance capital-fasciste LREM-RN. La rentrée politique a sonné.