Rachat de Twitter par Elon Musk : l’inquiétude monte

Twitter. La semaine dernière, Elon Musk a déboursé 44 milliards de dollars pour racheter l’oiseau bleu. Cependant la personnalité égotique du milliardaire et ses saillies conservatrices, remettant en cause les règles de modération du réseau social, soulèvent de vives inquiétudes dans les milieux progressistes. Notre article.

Ce lundi 25 avril, Elon Musk, l’homme le plus riche du monde selon le dernier classement Forbes, devant Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, et le Français Bernard Arnaud, patron de
LVMH, a racheté Twitter. Actionnaire majoritaire depuis le 9 avril, il était en négociation avec la direction du réseau social pour en prendre le contrôle depuis lors.

Rachat de Twitter par Elon Musk : l’inquiétude est vive dans les milieux progressistes

L’homme aux 87 millions d’abonnés à travers le monde veut faire de Twitter, qu’il compare à
une « place de village », un espace dans lequel la liberté d’expression serait restaurée. Selon le milliardaire, les règles de modération de Twitter ne permettent pas à toutes les opinions de
s’exprimer. Pour Elon Musk, la démocratie repose sur la liberté d’expression. Enfin, sur SA
VISION de la liberté d’expression. Il ne semble pas comprendre le danger que peut représenter une liberté d’expression sans limite, dans laquelle une parole raciste, homophobe, sexiste, validiste ou complotiste aurait le même poids qu’une parole basée sur la Science et le respect de toutes les sensibilités.

Signe du danger : l’extrême droite s’est réjouie de la prise de contrôle d’Elon Musk, et ce partout dans le monde. De Florian Philippot, chef de file des patriotes, dont on ne présente plus les idées nauséabondes et l’opportunisme crasse, à Marsha Blackburn, sénatrice américaine conservatrice, climato-sceptique et opposée à l’IVG.

Elon Musk, une personnalité problématique

Le nouveau patron de Twitter s’est déjà fait remarquer par sa personnalité égotique, ne tolérant aucune critique. Les cas de tweets assassins, de coups de fil passés à la direction d’un internaute qui ose le critiquer ou de remarques acerbes à l’égard de journalistes, souvent des femmes, laissent entrevoir le pire.

D’après l’article du monde « Rachat de Twitter par Elon Musk : pourquoi la « liberté d’expression » défendue par le milliardaire inquiète », publié le 26 avril, de nombreuses journalistes en viennent à s’autocensurer lorsqu’il s’agit de couvrir les événements de Tesla ou de SpaceX pour ne pas subir les foudres du milliardaire… Ce qui n’est pas sans rappeler l’autocensure dont font preuve certains médias français, notamment ceux que possède Vincent Bolloré, comme le dénonce le documentaire MédiaCrash, encore sur les écrans.

Un mouvement de concentration des médias à l’échelle planétaire ?

En France, ce documentaire réalisé par les journalistes d’investigation de Médiapart, a mis en lumière la concentration des médias français aux mains des plus grandes fortunes : 9
milliardaires possèdent 90 % des médias en France, et bientôt ils posséderont 70 % de l’édition. Cette concentration des médias aux mains des plus riches du monde laisse à craindre la mainmise du néolibéralisme sur une opinion publique, déjà biberonnée aux auto-proclamés « experts » en économie, mais qui travaillent à la solde de banques ou de grands groupes d’assurances.

43 milliards sans sourciller pour Twitter, mais on attend toujours les 6 milliards pour éradiquer la faim dans le monde… Quant à Elon Musk, il est intéressant de souligner que ce milliardaire mégalo, non content de polluer toujours plus avec ses vols SpaceX ouverts aux plus riches, n’a toujours pas donné suite à la proposition détaillée des Nations Unies. En effet, 2 % de sa fortune permettrait de sauver 42 millions de vies. Il avait demandé à ce qu’on lui fournisse un plan détaillé pour éradiquer la faim dans le monde : c’est chose faite depuis novembre 2021. Et on attend toujours… Visiblement, le milliardaire préfère croquer seul un oiseau plutôt que de permettre à 42 millions de manger à leur faim.

Clara Ponte.