Essence : les prix explosent, les Français aussi !

Alors que les prix de l’essence explosent, de nombreuses mobilisations s’organisent partout en France : blocages de dépôts pétroliers, manifestations… L’explosion du prix de l’essence est intenable pour de nombreux Français, qui n’ont souvent pas d’autres choix que d’utiliser leur voiture tous les jours. Les prix flambaient d’ailleurs déjà avant que la tragique guerre à l’Est ne les fasse exploser. Des mesures d’urgence devraient s’imposer. Mais face à cette situation, Emmanuel Macron ne propose qu’une ristourne de 15 centimes effective dès le… 1er avril. Jean-Luc Mélenchon a une mesure beaucoup plus ambitieuse : bloquer les prix des carburants, et les ramener à 1,40€/L. Notre article.

Essence : les prix flambaient déjà, la guerre à l’Est les a fait exploser

L’augmentation des prix de l’essence ne date pas d’hier. La pandémie n’y est pas étrangère. Le marché du pétrole a connu une chute brutale en raison du Covid-19 et l’arrêt de nos sociétés en 2020. À mesure que le monde s’est remis en marche, les prix des carburants ont bondi : « la reprise de l’activité a tiré les prix à la hausse« .

La France n’a pas été épargnée par cette augmentation des prix qui s’est répercutée directement sur le portefeuille des Français. Lundi 24 janvier, le sans-plomb 95 était vendu à 1,724€/L dans les stations françaises, tandis que le gazole était à 1,6540€/L. « Les gens sont pris à la gorge » s’exclamait Jean-Luc Mélenchon durant l’émission Elysée 2022 du 10 février dernier. Ce sont presque 20 centimes de plus qu’au début de la mobilisation des Gilets Jaunes.

Aujourd’hui, les prix des carburants crèvent le plafond. Le sans-plomb 95 est à 2,037 €/l, tandis que le Gazole est à 2,040 €/l. Et encore, ce ne sont pas les pris les plus élevés enregistrés au mois de mars. À noter que le Gazole est supérieur à l’essence. Il est certain que la dramatique guerre à l’Est n’a pas arrangé la situation. En effet, ce conflit génère de nombreuses incertitudes et de la spéculation sur les prix du pétrole. Dans ce marché, la Russie est le « troisième producteur mondial avec quelque 10 millions de barils par jour (9 % des importations françaises)« .

Face à l’explosion du prix des carburants, des blocages dans tout le pays

Il est difficile de croire à de tels prix. L’explosion du prix des carburants ne fait qu’aggraver la crise sociale en France. Ceux qui doivent aller travailler doivent débourser des fortunes pour pouvoir simplement se déplacer de leur domicile à leur travail. La colère sociale gronde partout dans le pays, et même à l’étranger, comme en Espagne, où une grève nationale et illimitée des camionneurs est en cours. Depuis lundi en effet, des milliers de routiers ont enfilé leurs gilets jaunes et bloquent autoroutes, ports et plateformes logistiques.

Des mobilisations s’organisent partout en France. Des agriculteurs ont organisé une action coup de poing devant la préfecture du Lot-et-Garonne, à Agen. Face à l’explosion des prix des carburants, « les transporteurs avaient annoncé pouvoir ‘bloquer la France« . Ils ont organisé une manifestation à Rennes lundi 14 mars. Hier, plusieurs dépôts pétroliers étaient bloqués dans le pays. Des transporteurs ont bloqué le dépôt pétrolier de Lorient, de même pour celui de Brest, et pour celui de Vern, près de Rennes. Les Français sont pris à la gorge et la réponse du gouvernement est, comme à son habitude, loin d’être à la hauteur de la crise.

Macron propose une ristourne de 15 centimes, Mélenchon veut bloquer les prix

Face à une explosion sans précédent du prix des carburants, en pleine crise sociale et alors que les gens sont pris à la gorge, la macronie propose une ristourne de 15 centimes à partir… du 1er avril. On croit presque à une blague. Une aide dérisoire, très loin d’être à la hauteur de ce que les Français attendent. Surtout quand on sait que leur première priorité est celle du pouvoir d’achat.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a une solution radicale, mais réaliste, et bien plus à la hauteur que l’enjeu qu’une ridicule ristourne de 15 centimes. Le 13 janvier déjà, le candidat de l’Union populaire s’exprimait à ce sujet à l’Assemblée nationale pendant la niche parlementaire du groupe des insoumis. Il en appelait déjà à un blocage des prix face à l’urgence sociale, à savoir ceux des biens de première nécessité et ceux de l’énergie (gaz, pétrole, etc…).

Il a eu l’occasion de revenir sur cette proposition dans l’émission « La France face à la guerre » lundi 14 mars. Concrètement, le prix de l’essence serait ramené à 1,40€/L. Est-ce vraiment possible ? Absolument, c’est inscrit dans le code du Commerce à l’article 410-2. Il autorise le gouvernement à prendre des mesures temporaires en cas de « situation de crise, de circonstances exceptionnelles« . Alors, quand est ce que l’on bloque les prix ? Dans 39 jours, si Jean-Luc Mélenchon remporte l’élection présidentielle.

Par Nadim Février