L’alarme du Secours populaire : la pauvreté et la faim fracassent le pays

Les chiffres du baromètre Ipsos / Secours populaire viennent de tomber. Ils alertent une fois de plus sur la pauvreté qui fracasse le pays. 45% des français ont subi une perte de revenus durant la crise sanitaire (12% de plus qu’en 2020), particulièrement chez les jeunes. Un tiers de la population rencontre des difficultés pour payer son loyer. 1 Français sur 5 est obligé de sauter des repas. 1 Français sur 3 n’a pu partir en vacances ni même partir un seul weekend cette année. Une réalité dont on ne vous parle jamais. Notre article. 

Les confinements, vecteurs d’importantes pertes de revenus

La crise sanitaire a eu des conséquences économiques désastreuses sur la vie des Français. Cette année, ce sont 45% des Français qui ont subi une perte de revenus. Un chiffre en hausse de 12% en un an. Cette perte de revenus s’explique notamment par l’application du chômage partiel et par une vague de pertes d’emplois dus aux mesures sanitaires. Les bars et restaurants ont dû fermer à plusieurs reprises ainsi que les boutiques des centres-commerciaux lors des confinements. Les salariés de ces secteurs d’activités se sont alors vus perdre leur emploi ou être mis en situation de chômage partiel (où les revenus sont considérablement inférieurs par rapport au salaire habituel : 84 % du salaire net pris en charge dans le meilleur des cas NDLR).

Le Secours populaire prend l’exemple de Jonathan, qui a perdu son emploi au printemps 2020 et qui a alors connu une grande situation de précarité, condamné à dormir dans sa voiture durant de longs mois. Jonathan n’est pas le seul a avoir eu des difficultés à se loger, près d’un tiers de la population (soit 32% des Français) rencontre désormais des difficultés pour payer son loyer, son emprunt immobilier ou ses charges liées au logement (+7% en un an). 

Des privations inacceptables pour pallier de trop faibles revenus

Il serait peut-être question de s’alarmer quand une partie d’entre nous n’a même plus de quoi bouffer. Un Français sur cinq est obligé de sauter des repas dans la 6ème puissance mondiale, soit 20% de la population (contre…14% il y a un an ! ). De plus en plus de Français doivent faire un choix entre manger moins ou manger mal : 27% de la population se restreint ainsi sur la quantité de ce qu’elle mange, 37% des Français se restreignent sur la qualité, 32% d’entre nous ne consomment pas de fruits et de légumes frais tous les jours, et 30% des Français sont dans l’impossibilité de se procurer une alimentation saine en quantité suffisante pour faire trois repas par jours.

Par ailleurs, la précarité ne s’arrête pas aux ventres vides, beaucoup d’entre nous se privent de loisir : 33% des Français n’ont pas pu partir en vacances ou en week-end une seule fois dans l’année pour des raisons financières, et seul 1 Français sous le seuil de pauvreté sur 4 n’a pu avoir d’activités de loisirs au moins une fois par mois hors confinement. 

Les jeunes, grands oubliés de la crise sanitaire

Cette année, les jeunes et plus précisément les étudiants ont été confrontés à une pauvreté extrême. Un chiffre alarmant : 34% des moins de 35 ans ont été obligés de sauter des repas. Un quart des 24-35 ans déclarent vivre dans l’insécurité des découverts bancaires. Jean-Luc Mélenchon, en janvier 2021, recueillait sur son compte Instagram des témoignages poignants de jeunes en détresse tel que celui-ci : « Je me couche plus tôt pour ne pas dîner. Je ne mange qu’une fois par jour. »

Les insoumis dénoncent la précarité étudiante depuis de longs mois et demandent au gouvernement d’ouvrir le RSA aux moins de 25 ans. Mais le gouvernement ne veut rien entendre. Au lieu de mettre en place le RSA jeune, Emmanuel Macron continue de fragiliser les étudiants en mettant fin aux repas à 1 euros pour certains étudiants, mais aussi en fragilisant l’ensemble des Français en situation de précarité en diminuant les allocations logement et les allocations chômage.

Ce rapport du Secours populaire devrait faire l’effet d’une déflagration dans le pays, mais les chaînes d’info en continu sont occupées par la sortie du livre d’Éric Zemmour, on ne peut pas parler de tout. La politique économique d’Emmanuel Macron, suppression de l’Impôt sur la Fortune (ISF), prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital, baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) d’un côté, baisse des APL et de l’allocation chômage de l’autre, et sa responsabilité sur l’état du pays ne semble pas être un sujet prioritaire.

Il serait pourtant peut-être temps de faire un bilan de ce quinquennat qui a vu naître les deux plus longs mouvements sociaux de la 5ème République, le mouvement des Gilets jaunes et le mouvement contre la réforme des retraites. De regarder la réalité en face : quand, après s’être gavés d’aides publiques sans aucune contrepartie, les profiteurs de crise ont reversé plus de 51 milliards de dividendes au printemps, quand « en même temps » un milliard de Français basculait dans la pauvreté portant à 10 milliards le nombre d’entre nous survivant sous le seuil de pauvreté. Il serait peut-être temps d’ouvrir les yeux : la pauvreté fracasse le pays.

Par Maéva Santamaria.