La fin des repas à 1 euro pour certains étudiants, le scandale dont personne ne parle

Vendredi 9 juillet un tweet se fit remarquer, celui de la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal. De ce tweet, 3 informations importantes émanent : premièrement, le gouvernement reconnaît enfin l’existence pleine et entière de la précarité étudiante en qualifiant l’application du tarif social de 1 euro pour les repas CROUS comme d’un « levier efficace de lutte contre la précarité étudiante ».

tweet vidal

C’est donc pour cette raison que deuxièmement, le dit ministère a décidé son maintien pour les étudiants boursiers et les « non-boursiers en situation de précarité », le gouvernement reconnaît donc que les étudiants non boursiers peuvent également être en situation de précarité, de misère sociale et économique et nécessitent l’aide de l’état. Peut-être en ouvrant le RSA aux moins de 25 ans? Ou en leur accordant une Allocation d’autonomie, afin que personne ne vive en dessous du seuil de pauvreté ? Pourtant, le gouvernement l’a toujours refusé, malgré les mobilisations des jeunes pour soutenir ces mesures. Visiblement, nous verrons cela en 2022.

Mais la troisième information n’est pas aussi surprenante que les deux premières. En effet, le terme de « non-boursier en situation de précarité » possède des adjectifs assez alambiqués et flous pour révéler que si des étudiants pourront profiter du tarif social, beaucoup d’autres ne le pourront pas. Beaucoup déjà en étaient exclus, ne possédant pas de compte « izly », nécessaire pour l’achat des dits repas. La devise républicaine promenant l’égalité des citoyens et citoyennes de la République française n’a de nouveau plus de sens, mais cela n’est pas une surprise venant de la LaREM.

Ces annonces laissent de nombreuses questions en suspens : Qui va définir qui aura le droit ou non au tarif social à 1€ ? Le CNESER? Le ministère de l’enseignement supérieur ? Quels indicateurs définiront cette discrimination économique et sociale ? Devoir manger à sa faim devra-t-il rimer avec une justification de la précarité ?

Ça paraît être une blague, mais les étudiants subiront une nouvelle humiliation avec cette intrusion dans leur vie privée, jusque dans leurs frigos vides dans des logements parfois insalubres. Que la ministre ne s’y trompe pas, au mois de septembre la crise que traversent les étudiants ne sera pas terminée, la précarité n’aura pas été éradiquée, pour la simple raison que nombre d’entre eux étaient déjà précaires avant la crise.

Cette année, comme toutes les précédentes, de nombreux étudiants auront faim.

Après avoir retiré 5€ d’APL aux étudiants, refusé l’ouverture du RSA aux mois de 25 ans, le ministère discrimine de nouveau les étudiants au niveau du porte-monnaie.

Nous espérons que comme la ministre l’a annoncé, la rentrée en 100 % présentiel aura bien lieu. Nous demandons cependant que soit pris en charge les masques et gels hydro-alcooliques par l’état puisque ces derniers seront plus que des fournitures scolaires, des outils sanitaires d’intérêt public. Mais pour cette rentrée nous disons non à cette discrimination qui laissera encore dans la précarité de nombreuses et nombreux étudiant-es déjà au banc de la solidarité nationale. Nous jeunes insoumis réaffirmons que le tarif social à 1€ doit être maintenu et garanti à touts les étudiants en France !

Nous nous sommes mobilisés en réalisant des collectes solidaires, en faisant de la prévention et en interpellant le gouvernement et l’opinion publique lors de manifestations contre la précarité étudiante, une précarité qui tue. Nous sommes prêts à nous mobiliser à nouveau et à engager toutes nos forces aux côtés des étudiants pour le maintien du tarif social des repas CROUS.

Les jeunes insoumis•es