Macron dévoile son projet pour 2022 : l’austérité

À contresens. Personne pour les canaliser. Les membres du gouvernement multipliaient les indices ces dernières semaines. La sentence est tombée. L’information est passée totalement sous les radars médiatiques, occupés par la diversion identitaire et les polémiques montées en épingle par le gouvernement, elle est pourtant capitale. Le Président de la République vient de dévoiler (discrètement) son projet pour son second quinquennat : l’austérité.

Le pacte de stabilité envoyé par le gouvernement à Bruxelles cette semaine prévoit en effet un retour du déficit public en dessous des 3% pour… 2027. Fin du secret de polichinelle, Emmanuel Macron est bien en train de préparer 2022. Et le disque de son « projeeeett » n’est plus le même. Oubliez le « ni droite, ni gauche », le « en même temps » macroniste de 2017. La macronie s’est radicalisée.

La composition de la commission Arthuis nommée par le gouvernement pour tabler sur « l’avenir de nos finances publics » ne laissait guère de place au doute. Le gouvernement s’entête dans une idéologie d’un autre siècle, celle de la rigueur budgétaire. Peu importe que depuis 2013, des économistes du Fonds Monétaire International (FMI), l’institution la plus islamogauchiste de la planète, reconnaissent le caractère suicidaire de la compression des dépenses publiques en temps de crise. Peu importe que les États-Unis d’Amérique optent en ce moment même pour une solution de relance keynésienne. Nos dirigeants se radicalisent aveuglement dans un dogme qui n’est même plus dominant au sein des économistes : celui de l’austérité quoi qu’il en coûte.

Peu importe que la crise sans précédent que nous traversons ait révélé aux yeux du monde les conséquences funèbres de 30 ans de néolibéralisme. Oubliez les images de patients triés dans les couloirs d’hôpitaux. 69 000 lits d’hôpitaux supprimés en 15 ans ? Le gouvernement continue à en supprimer en pleine pandémie mondiale, dans le plus grand des calmes. Les soignants sont en extrême souffrance à l’Hôpital ? Le gouvernement prévoit 800 millions d’euros d’économie sur le budget de la santé pour cette nouvelle année.

Pire. Le gouvernement prévoit de constitutionnaliser la fameuse « règle d’or » des 3% de déficit public. Une proposition de loi est en effet en préparation, portée main dans la main par les marcheurs et Les Républicains (LR). Confirmation si il le fallait, du basculement de la stratégie macroniste du bloc bourgeois vers le bloc conservateur traditionnel. Gravant également dans le marbre le piétinement du pouvoir législatif, censé débattre au Parlement chaque année du budget. Nouvelle confirmation de la dérive autoritaire macroniste.

Le gouvernement choisit donc de faire payer la crise aux premiers de corvés. Aux soignants, aux enseignants, à toutes les travailleuses et tous les travailleurs qui portent le pays à bout de bras depuis le début de la crise sanitaire. Il choisit donc de ressortir de ses cartons l’austérité sanguinaire, et de continuer à détruire nos services publics. 1 800 postes d’enseignants vont être supprimés à la rentrée 2021. Des hôpitaux continuent à fermer en plein Paris. Ce quinquennat pourrait être résumé en deux mesures : la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la réforme de l’assurance chômage. Des cadeaux à l’extrême bourgeoisie d’un côté, et en « même temps » la guerre aux prolétaires de l’autre. Ce gouvernement mène plus que jamais une guerre de classe féroce.

Alors que 10 millions de nos concitoyens survivent sous le seuil de pauvreté, que 8 millions de Français ont besoin de l’aide alimentaire pour pouvoir manger, le gouvernement continue aveuglement sa politique de l’offre : déverser des milliards d’euros sans aucune contrepartie sur des grandes entreprises qui d’une main se gavent de cet argent public, de l’autre licencient et reversent des milliards d’euros de dividendes en toute impunité.

Face à ce triste constat et cette pauvreté qui fracasse le pays, les insoumis proposent deux mesures d’urgence dans le cadre de leur niche parlementaire qui aura lieu ce 6 mai 2021. L’extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans. Pour ne plus voir ces images intolérables de notre jeunesse dans des files d’attentes interminables simplement pour pouvoir trouver à manger dans la 6ème puissance mondiale. Une taxe sur les profiteurs de crise, sur ces charognards qui se gavent en pleine pandémie pendant que le peuple crève la dalle. Chacun ses priorités.