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Racisme et violences policières : le rapport choc de l’ONU sur la France de Macron

Bis repetita. Moins d’un mois après s’être faite épinglée pour l’inhumanité de la loi anti-squat de la macronie, la France est de nouveau sous le feu des critiques de l’ONU. Ce lundi 1er mai 2023, alors que 2,3 millions de manifestants continuaient de dire non à la retraite à 64 ans aux quatre coins du pays, la France était auditionnée par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, dans le cadre de l’examen périodique universel sur la situation des droits de l’Homme.

À cette occasion, les représentants de 125 États membres ont pu exprimer leur position sur l’état des droits de l’Homme en France. S’appuyant en particulier sur le rapport accablant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, nombreux sont les pays à avoir publiquement dénoncé les discriminations raciales et violences policières ayant cours dans notre pays.

Après s’être attaqué à la Ligue des Droits de l’Homme, alors qu’il continue de nier en bloc l’existence de violences policières, Gérald Darmanin va-t-il désormais menacer de dissoudre l’ONU, comme il le fait avec tous ceux qui dénoncent la dérive autoritaire du pouvoir macroniste ? Notre article.

De la Norvège aux États-Unis, du Luxembourg à l’Afrique du Sud, la communauté internationale s’inquiète du maintien de l’ordre « à la française »

Alors que la Norvège appelle la France d’Emmanuel Macron à « empêcher l’usage excessif de la force par les forces de sécurité, en particulier envers les manifestants et les journalistes », que l’Afrique du Sud lui recommande de « prendre des mesures pour garantir des enquêtes impartiales par des organes extérieurs à la police dans tous les cas d’incidents racistes impliquant des policiers », ou que les États-Unis la prient « d’intensifier ses efforts pour lutter contre les crimes et les menaces de violence motivés par la haine religieuse », c’est à l’unisson que plusieurs dizaines d’autres pays dénoncent les atteintes aux droits de l’Homme perpétrées en France, y compris directement par les autorités de l’État.

On ne peut plus explicitement, le Luxembourg appelle même la France à « repenser les politiques en matière de maintien de l’ordre ».

Le rapport au vitriol du Haut-Commissariat des Nations Unies sur l’état des droits de l’Homme en France

Comme évoqué précédemment, les prises de positions des États membres de l’ONU ce 1er mai 2023 ont notamment été motivées par un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies sur l’état des droits de l’Homme en France. En 12 pages, l’ONU brosse le portrait sans ambiguïté d’un État où les forces de l’ordre imposent « fréquemment et de manière disproportionnée des contrôles d’identité, des arrestations et des amendes forfaitaires à certaines minorités » et où l’on mène « [d]es politiques migratoires toujours plus rétrogrades ».

Structuré en 15 sections (Libertés fondamentales et droit de participer à la vie publique et politique ; Droits des personnes handicapées ; Droit à l’égalité et à la non-discrimination…), le rapport dresse une liste de 58 points au sujet desquels ont été observées des atteintes aux droits de l’Homme potentielles ou avérées, tolérées ou directement causées par les autorités du pays.

Violences policières, répression des gilets jaunes, discriminations raciales et traitement des exilés : les terribles responsabilités de la macronie

Dans le cadre de sa dénonciation des violences policières en France, l’ONU s’arrête notamment sur la « répression disproportionnée des manifestations des gilets jaunes ». Outre les mains arrachées et les yeux crevés, le rapport s’attarde sur « le nombre élevé d’arrestations et de gardes à vue, les fouilles, la confiscation des biens des manifestants », soit autant de dérives répressives qui ont toujours cours lors des manifestations contre la retraite à 64 ans. À ce titre, le rapport de l’ONU recommande aux agents des services de police de suivre « une formation complète sur les droits de l’homme qui mette l’accent sur les conduites et les mesures nécessaires et proportionnées dans une société démocratique ».

Concernant les pratiques de discriminations raciales par les forces de l’ordre, le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale exhorte la France d’Emmanuel Macron à lutter contre les pratiques de profilage racial par la police. Il dénonce encore le classement sans suite de « la plupart des affaires de violences raciales ».

Au sujet des droits humains des exilés, le rapporteur spécial des Nations Unies s’inquiète quant à lui des « conditions inhumaines et insalubres » dans lesquelles vivent les migrants demandeurs d’asile de la côte septentrionale du pays. L’UNICEF dénonce de son côté « la situation extrêmement préoccupante » des migrants âgés de moins de 18 ans, ainsi que les « pratiques illégales de refus de mise à l’abri ».

La France, pays des droits de l’Homme ? Vraiment ?

Mise en danger de la vie des enfants français détenus dans les camps syriens, difficulté d’accès au logement et expulsion des personnes démunies, pratiques discriminatoires dans les domaines éducatifs et professionnels, la liste des griefs de l’ONU est encore longue.

Si d’aucun venait à lire ce rapport sans connaître le pays dont il est question, nul regard extérieur ne pourrait penser qu’il s’agit de la France, vieille démocratie européenne, grande puissance occidentale, pays de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Mais notre démocratie est malade. Elle permet à un homme de gouverner seul, contre son peuple, en se servant de la police pour tenir. Un pouvoir qui ne tient plus que par sa police est un pouvoir à bout de souffle, en plus d’être dangereux pour ses concitoyens.

La doctrine du maintien de l’ordre, les relations entre la police et les citoyens doivent changer. L’action de l’État vis-à-vis des minorités doit radicalement évoluer. Sans parler du rapport de la France de Macron aux travailleurs, aux plus précaires, de son rapport à la planète et au vivant. Tout doit changer. De la cave au grenier.

Par Eliot

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