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Coupures d’électricité cet hiver : sous Macron, le courant ne passe plus

Nous vivrons des coupures d’électricité cet hiver. Pourtant la minorité présidentielle avait affirmé l’inverse entre juin et juillet 2022. Désormais nous y sommes. Il n’y aura pas d’école le matin en cas de coupures d’électricité ciblées et programmées selon le ministre de l’Éducation nationale : où seront placés les enfants ? Un parcours du combattant se dessine pour… joindre les secours en cas de coupures d’électricité. Même le numéro d’urgence 112 sera difficilement accessible. Les services publics et les plus précaires trinquent, comme toujours. Aucun souci du côté des multinationales ou des ultra-riches, à la consommation énergivore. Pour les autres, baissez le chauffage et mettez des cols roulés. En macronie, le courant ne passe plus. Notre article.

Des coupures d’électricité cet hiver ? Quand la macronie se contredit

Le chef de l’État, 3 juin 2022, presse quotidienne régionale : « Je veux vous rassurer : il n’y a aucun risque de coupure parce que quand il y a des besoins, on s’approvisionne sur le marché européen ». Clément Beaune, ministre des Transports, 22 juillet 2022, CNEWS : « Il n’y aura pas de coupure de gaz ou d’électricité cet hiver ». Avant l’été, la minorité présidentielle se voulait rassurante. Aujourd’hui, l’ambiance n’est plus la même : elle se contredit et prépare la France à des coupures d’électricité cet hiver.

Olivier Véran a déployé une habile pirouette linguistique dont la macronie a le secret. Alors, y aura-t-il des coupures d’électricité cet hiver ? « Ça ne veut pas dire qu’il y aura des coupures. Ça veut dire attention, demain ça va être tendu. On pourrait être amenés à rencontrer des situations obligeant à couper pendant 1 heure ou 2 l’électricité dans certains endroits ». Traduction : il y aura des coupures, mais nous n’appelons pas ça des coupures. En quelques mois, le camp présidentiel s’est contredite.

Pas d’école le matin en cas de coupures d’électricité volontaires

« Pas d’école le matin » en cas de coupures d’électricité programmées et ciblées (délestages, ndlr) cet hiver, a confirmé Pap Ndiaye, ministre de l’Éducation nationale. Trois créneaux de coupures seront possibles : 8h-10h, 10h-12h et puis 18h-20h le soir. Les parents d’élèves sont très inquiets : comment faire si l’école est fermée le matin ? Qui va garder les enfants ? Les souvenirs de la pandémie, durant laquelle les écoles étaient fermés, ressurgissent. Alors qu’il n’y a déjà pas de chauffage dans certaines classes, l’Éducation nationale devient une variable d’ajustement de la crise énergétique. Ne serait-ce pas aux plus riches de baisser leur consommation d’électricité, très énergivore ? Ou aux multinationales qui polluent le plus ?

Pour aller plus loin : Canicule : les 100 multinationales responsables de plus de 70% des émissions de gaz à effet de serre

Les syndicats de l’Éducation nationale comparent cette situation à celle de la crise sanitaire. « On a l’impression de revivre l’improvisation et les bricolages qu’on avait connus avec la gestion du Covid. Les informations arrivent sans avoir été travaillées et soulèvent plein de questions », estime Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-UNSA à la Dépêche. « Les conditions envisagées pour la mise en place de cette mesure sont inacceptables », déplore le syndicat Sud Éducation dans un communiqué publié jeudi 1er décembre. « Une nouvelle fois, les parents et les équipes pédagogiques seront prévenus au dernier moment, laissant les parents dans l’incapacité de s’organiser et les personnels dans le stress de devoir tout réorganiser en dernière minute ».

Les réseaux téléphoniques et Internet perturbés en cas de coupures : le parcours du combattant pour joindre les secours

Élisabeth Borne, la Première ministre, doit envoyer aux préfets une circulaire détaillant les mesures à adopter en cas de coupures d’électricité cet hiver. Durant un délestage, « il est confirmé que tous les services de secours seront injoignables durant un délestage, à l’exception du 112 qui devrait être moins perturbé » (Europe 1). « Tous les services de secours seront injoignables » : même le 112 serait juste « moins perturbé ». Celui-ci sera sûrement saturé, étant le seul disponible dans les zones visées par des coupures d’électricité volontaires.

Dans la circulaire de la Première ministre, les préfets trouveront une « cartographie des zones qui ne seraient pas couvertes par le 112 ». Parfois, même le 112 sera indisponible. Pour pallier cette situation, les préfets devront demander aux « aux maires concernés d’activer une ‘cellule de crise’ […] et de prévoir en mairie ou dans des lieux prédéfinis une présence physique en capacité de relayer l’alerte aux services de secours, de santé et de sécurité, pendant la durée du délestage et de la coupure éventuelle du réseau téléphonique » (Europe 1). En résumé, si vous vous cassez la jambe et que vous êtes seuls, allez à la mairie pour joindre les secours.

Un parcours du combattant, simplement pour pouvoir joindre les secours. Combien de drames pourraient subvenir, simplement parce que les numéros numéros d’appels d’urgence 15, 17, 18, 115, et 196 ne peuvent pas être appelés ? Comment joindre les secours lorsque l’on est une personne seule, venant de tomber dans les escaliers ? Cette situation met en grand danger les populations les fragiles, dans la 7ème puissance économique du monde.

Mettez des cols roulés, baissez le chauffage, qu’ils disaient en macronie. Le camp présidentiel préfère faire culpabiliser les Français sur leur consommation, alors que 12 millions d’entre eux souffrent de précarité énergétique. Il ne remet pas en cause le train de vie énergivore des multinationales et des ultra-riches. Il ne s’interroge pas sur les conséquences de la libéralisation du secteur de l’énergie et l’affaiblissement d’EDF depuis des années. Comme au moment du Covid-19, d’aucuns ont l’impression que le gouvernement navigue à vue, comme si rien n’était préparé à l’avance.

Par Nadim Février