Portrait – Caroline Parmentier, l’embarrassante attachée de presse de Marine Le Pen qui compare l’avortement à un génocide

Caroline Parmentier a 56 ans. Elle est depuis peu députée Rassemblement National (RN) de la 9ème circonscription du Pas-de-Calais. Elle a été journaliste puis rédactrice en chef chez Présent, un quotidien d’extrême-droite multi-condamné. Elle est celle qui, dans l’ombre, a aidé à adoucir l’imagine de Marine Le Pen pour la campagne présidentielle de 2022. Caroline Parmentier était l’attachée de presse de Marine Le Pen durant la campagne présidentielle. Pas besoin de fouiller bien loin pour se faire une idée du personnage : en 2018, Caroline Parmentier compare l’avortement à un génocide de masse. L’insoumission vous dresse son portrait.

Au second tour des élections législatives, le RN a percé le plafond de verre du Palais Bourbon. Le chef de l’État porte une très lourde responsabilité dans la crise qui s’ouvre : pendant 5 ans, la stratégie politique macroniste a consisté à faire monter l’extrême-droite. Macron a joué avec le feu, il s’est brûlé. Aujourd’hui le parti présidentiel tend la main à l’extrême-droite pour gouverner. Les 5 années qui s’ouvrent s’avèrent décisives si l’on veut empêcher l’extrême-droite de fracasser un autre plafond de verre en 2027.

Le RN a aujourd’hui près de 90 députés, il est temps de les démasquer. Sixième épisode de notre série sur les 89 députés du RN. Portait de Caroline Parmentier.

Caroline Parmentier : Soutien de Zemmour, anti-avortement et employée par un pétainiste

Née en 1965 à Pau, Caroline Parmentier rejoint le journal Présent à 21 ans sous la direction de l’ancien membre de l’Action Française Jean Madiran, un admirateur notoire de Charles Maurras et de Pétain. Dans ce journal, reprenant des thèmes et idées chères à Madiran, la plume de Caroline Parmentier noircit ses pages d’abominations racistes, ultra-conservatrices, islamophobes et anti-immigration.

Dans ses écrits, on retrouve évidemment des références à la thèse galopante du « grand
remplacement », maintes fois démontée et surtout pointée du doigt pour sa dangerosité. À ce sujet, elle a fustigé Éric Piolle, le maire EELV de Grenoble. Selon la députée RN, il se rêverait en « martyr du Grand Remplacement » pour avoir voulu mobiliser les maires de France en faveur d’un meilleur accueil des migrants.

Elle vole aussi au secours du multi-condamné Éric Zemmour, victime selon elle d’une « chasse à l’homme » orchestrée par ce qu’elle qualifie de « gauche culturelle et immigrationniste » (sic). En cause, la déclaration honteuse de Zemmour sur le prénom de la chroniqueuse Hapsatou Sy.

Son point de vue sur l’avortement, sujet sensible au sein du Rassemblement National est nauséabond. En 2018, Caroline Parmentier comparait les 200 000 avortements annuels en France à un génocide de masse lié toujours au fantasme paranoïaque du grand remplacement. « Après avoir ‘génocidé’ les enfants français à raison de 200 000 par an, on doit maintenant les remplacer à tour de bras par les migrants », écrivait-elle dans les colonnes de Présent.

Durant sa carrière, Caroline Parmentier n’a eu de cesse de rabâcher l’habituelle équivalence « islam = terrorisme » chère à l’extrême-droite. Ainsi, le 15 juin 2016 elle liait dès le chapô de son article dans Présent l’infâme tuerie d’Orlando au ramadan. Elle réitéra sa performance odieuse le 18 mai 2018 dans le même journal.

Toutes ses déclarations discriminatoires n’auront pas été sans conséquences. Le 9 février 1994, Caroline Parmentier a été condamnée par le Tribunal correctionnel de Paris pour diffamation et injure raciales, provocation à la discrimination, à la haine et à la violence raciale. Ce procès intenté par la LICRA avait pour sujet un des nombreux écrits de Caroline Parmentier sur l’immigration, dans lequel elle jugeait les immigrés en France « trop nombreux et trop inassimilables ».

Le réveil du chat qui dort

Plus proche que jamais de Marine Le Pen, Caroline Parmentier a été nommée chargée des relations presse de Le Pen pour la campagne présidentielle de 2022. Elle a orchestré, notamment, l’adoucissement des relations entre le RN et les principales rédactions françaises.

C’est ainsi grâce à elle qu’on a pu tant entendre parler des chats de Marine Le Pen, aux dépens d’interrogations et d’analyses sur le programme économique du RN, une saignée pour les classes populaires. C’est aussi grâce à elle que le qualificatif d’ « extrême-droite » est de moins en moins utilisé pour le RN, certains médias préférant à présent qualifier le parti de « droite nationale » ou « nationaliste ».

On comprend sans mal comment Caroline Parmentier et ses idées xénophobes ont toute leur place parmi les 89 députés RN fraîchement élus à l’Assemblée nationale. Chacun de ces députés présentés dans nos portraits nous rappelle que ces idées indignes du cadre républicain, autrefois honnies par l’ensemble de la classe politique de gauche comme de droite, sont aujourd’hui fortement ancrées dans notre société.

La faute à des années de politiques ultralibérales, à leur casse sociale inhérente récupérée par l’extrême-droite, culminant en l’élection de l’avatar du capitalisme qu’est Emmanuel Macron. De Gérald Darmanin qui qualifiait Marine Le Pen de « molle » aux récentes déclarations d’élus et cadres LREM estimant qu’ils n’auraient pas de problème à travailler avec des membres du RN, la porosité des idées d’extrême-droite dans le cadre républicain se fait de plus en plus forte chaque jour, aux dépens du bon sens et de la morale. Et si c’était ça, le véritable grand remplacement ?

Par Wilfried Nass