« Les devoirs avant les droits » : Macron veut détruire la France

Emmanuel Macron place les devoirs des citoyens avant leurs droits. En août 2021, à l’occasion de la commémoration du débarquement en Provence, il a prononcé ces mots : « Être citoyen, ce n’est pas demander toujours des droits supplémentaires, c’est veiller d’abord à tenir ses devoirs à l’égard de la Nation. Depuis, il continue d’enfoncer le clou. Ces propos s’opposent à tout l’héritage révolutionnaire, et sont dignes de l’Ancien Régime. Emmanuel Macron veut détruire ce qui fait la France. Cette France née de la révolution de 1789 que nous chérissons tant. Notre article.

« Les devoirs avant les droits » : les propos inquiétants de Macron pour la démocratie

Emmanuel Macron n’en est pas à son premier essai. Avant sa déclaration d’août, il avait lancé à des sans-papiers lors d’un déplacement à Nevers : « Vous avez des devoirs avant d’avoir des droits ». Pour ses vœux au Français, parlant de la nécessité de se faire vacciner, il affirmait de façon éhontée : « Les devoirs valent avant les droits« . Enfin, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal lui a emboîté le pas samedi dernier : « On veut aussi poursuivre la redéfinition de notre contrat social, avec des devoirs qui passent avant les droits […] ».

Il a pu marteler de nombreuses fois ses propos. Ils sont à la fois graves et inquiétants. Graves, parce qu’ils envoient aux oubliettes l’héritage de la Révolution française. Inquiétants, parce qu’ils nous interrogent une nouvelle sur la vision qu’a la macronie de la démocratie. « Chaque fois qu’on parle de devoirs, c’est une période réactionnaire ! » avait déclaré Jean-Luc Mélenchon durant une conférence à l’Assemblée nationale sur la Révolution française. Une telle vision des droits et des devoirs portée par la macronie est digne de l’Ancien Régime et s’oppose à tout l’héritage de cette dernière.

Emmanuel Macron enterre l’Histoire et l’héritage de la Révolution française

La déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen a bien failli s’appeler la Déclaration des Droits et des Devoirs de l’Homme et du Citoyen, mais il n’en est rien aujourd’hui. Me Henri Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l’Homme écrivait : « c’est l’énoncé des droits qui, à lui seul, permet à chacun de connaître ses devoirs« . Il a aussi rappelé que « l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits”, précisant que “ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi ».

La déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pose deux principes au fondement de nos démocraties. « Le premier devoir consiste à respecter les droits d’autrui. Le deuxième consiste à user de ses droits de citoyen […] en combattant pour la défense des libertés individuelles mais, aussi des droits économiques, sociaux et culturels« . Visiblement, la macronie n’en a pas la même vision.

Ce leitmotiv inquiète. D’autant que nous connaissons le goût du Président actuel pour l’autoritarisme. Nous pouvons citer la transposition dans le droit commun des dispositions de l’état d’urgence, la gestion de la crise sanitaire en Conseil de défense et le mépris des oppositions au Parlement depuis bientôt 5 ans. L’instrumentalisation feutrée de ces concepts philosophiques en faveur d’un autoritarisme plus assumé ne se présage rien de bon.

Pour rappel, la dernière fois que la Déclaration des Droits de l’Homme a été mise à mal en France, c’était sous le régime de Vichy. Pétain la remplaça par les principes de la Communauté. Il est écrit au principe II : « Reconnaître à l’homme des droits sans lui imposer des devoirs, c’est le corrompre. Lui imposer des devoirs sans lui reconnaître des droits, c’est l’avilir. Emmanuel Macron avait indiqué que Pétain était un grand soldat, oubliant au passage qu’il n’est qu’un traître à la patrie. Après l’avoir réhabilité, il veut l’imiter.

Mélenchon : héritier et défenseur de la France, née en 1789

En 2019, Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis, avait pu s’exprimer au sujet de la Révolution française et de la République : « On ne peut faire la République si on ne fait pas aimer la Révolution« . La République est née dans la Révolution, et a fait la France. Jean-Luc Mélenchon l’avait souligné à la fin de son meeting à la Défense (Paris) : « Vive la République, vive la France ! Et surtout, vive la République parce que sans elle, il n’y a pas de France possible ! Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs eu l’occasion de revenir sur le lien entre Révolution française et la « révolution citoyenne qu’il souhaite mettre en œuvre » dans un entretien avec la revue Ballast.

Jean-Luc Mélenchon défend une France républicaine qui n’accepte pas les logiques de guerre civile que proposent Zemmour et Le Pen. Il défend la France des Lumières, loin d’une France d’Ancien Régime, dont semble s’inspirer la macronie, qui aimerait supplanter les droits imprescriptibles du peuple à des devoirs.

Le candidat de l’Union Populaire parle de la France comme de notre patrie républicaine dans laquelle ce qui nous unit, c’est le contrat que nous formons tous ensemble autour de notre devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». La France, c’est ça, et pas autre chose. Ça ne sera jamais autre chose. Notre drapeau, notre hymne national, notre devise, les mots « nation » et « patriote » que l’extrême droite voudrait aujourd’hui s’accaparer sont nés avec la Révolution et son message universel qui aboutit avec la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

En France, l’amour de la patrie, c’est l’amour de l’humanité toute entière. C’est le meilleur rempart à la haine des Zemmour et des Le Pen. Les vrais républicains, ce sont les insoumis. Les vrais républicains, les vrais patriotes, qui aiment vraiment la France telle qu’elle est, à la fois créolisée et révolutionnaire, ce sont qui ceux qui constituent l’Union Populaire. En cette année 2022, nous allons ouvrir une nouvelle page de l’Histoire de notre pays. Celle de l’ère de l’harmonie entre les humains et avec la nature. Au combat ! Drapeau et musique en tête ! Que surtout, vive la République, parce que sans elle, il n’y a pas de France possible !

Par Nadim Février