Portrait – Azzedine Taïbi, Vice-président du Parlement de campagne de Mélenchon

Ils sont nombreux les communistes à rejoindre la campagne de l’Union Populaire derrière Jean-Luc Mélenchon. Parmi eux, Azzedine Taïbi, le maire de Stains, commune de Seine-Saint-Denis de 39 000 habitants, désigné par les insoumis Vice-Président du Parlement de l’Union Populaire. L’homme qui a attaqué l’État pour rupture d’égalité en Seine-Saint-Denis. L’homme qui a lancé un appel pour unir La France des banlieues et la France rurale des gilets jaunes autour de la défense des services publics. Portrait.

Un militant des quartiers populaires, premier maire d’origine maghrébine de Seine Saint Denis

Un militant des quartiers populaires devenu premier édile de sa commune. Azzedine Taïbi, pionnier de la lutte antiraciste, est devenu la cible de l’extrême droite, lorsqu’il est devenu le premier maire d’origine maghrébine de Seine Saint Denis.

Se décrivant volontiers comme un enfant de la République, Azzedine Taïbi obtient la nationalité française à 18 ans, ses parents ayant quitté la Kabylie avec lui dans les années 60. Son père lui a transmis des valeurs incontestablement de gauche, et une véritable conscience de classe. A sa mort, Azzedine finance ses études par des petits boulots, qui lui servent également à aider sa mère au foyer et sa fratrie.

A l’occasion d’une offre d’emploi, il finit par débarquer à Stains, il y découvre l’effroyable précarité de ses habitants, l’insalubrité de ses immeubles, et le chômage qui guette sa jeunesse.

Un engagement de longue date contre le racisme

Sa prise de conscience politique ? Le racisme dont lui et ses proches sont victimes. Il participera d’ailleurs à la la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, aussi appelée « Marche des Beurs ». Mais c’est finalement la lutte contre l’Apartheid qui le fera adhérer au Parti Communiste Français (PCF).

Bien qu’il refuse d’être uniquement ramené à ses origines, son parcours sert d’exemple pour tous les immigrés de seconde et troisième génération, c’est pour cette raison qu’il est très apprécié à Stains, où il fut animateur dans les quartiers sensibles.

Son caractère bienveillant, à l’écoute, souriant fait de lui le « Grand Frère » des jeunes en difficulté, ce qui contribuera à son élection en tant que conseiller municipal à Stains, puis adjoint au maire pendant plusieurs mandats, avant la consécration : son élection à la tête de la Mairie en 2014 avec 50,3 % des voix, et réélu en 2020 avec plus de 57 % des suffrages exprimés pour un second mandat.

Un recours contre l’État pour « rupture d’égalité républicaine »

Arborer l’écharpe tricolore n’est pas anodin pour ce soutien de Jean-Luc Mélenchon, car il en fait un moyen de défense des opprimés, pour sauvegarder les valeurs républicaines auprès de ses administrés. Ce n’est pas pour rien qu’il forma un recours contre l’État pour « rupture d’égalité républicaine » en janvier 2020, tant la pauvreté le frappe en plein visage lorsqu’il sort dans la rue où qu’il part à la rencontre de ses administrés au seins des centres sociaux et des services publics.

De tous les combats, Azzedine se mobilise également contre les violences policières, rappelant l’obligation d’exemplarité de la police républicaine et dénonce les comportements outranciers dont peuvent faire preuve les agents de police.

Un discours remarqué appelant à allier les quartiers populaires et le monde rural

Mais lors de son discours au meeting de Jean-Luc Mélenchon du 5 décembre à la Défense, c’est le parallèle qu’il fait entre la ruralité et les quartiers populaires qui ressort. « Parce que quand on mène la bataille pour la dignité, l’égalité dans les quartiers populaires, quelque part, on fait grandir et on donne résonance aussi à la bataille dans le monde rural ». Le nouveau Vice-Président du Parlement de l’Union Populaire axe donc son discours sur la nécessité de redéployer les services publics, sur tout le territoire de la République, en particulier sur l’éducation, la sécurité et la justice.

Comment traduit-il cet objectif dans sa commune ? Un exemple résonnant : la « Ferme des Possibles » un bâtiment conçu en matériaux biosourcés et recyclés qui développent des initiatives solidaires en faveur des jeunes. Cette initiative appuyée par Azzedine Taïbi, assemble objectifs sociaux, écologiques et économiques et est à l’image de la politique progressiste de la municipalité depuis 2014.

Un fervent défenseur des services publics, Vice-président du Parlement de l’Union populaire

Le soutien d’ Azzedine Taïbi à la campagne de l’Union Populaire et à Jean-Luc Mélenchon n’est pas anodin, il démontre la capacité de rassemblement des propositions portées par l’Avenir en Commun. Sa présence au sein du Parlement de l’Union Populaire en tant que Vice-Président est une garantie pour tous les jeunes des quartiers populaires, et pour le monde rural qui vivent au quotidien cette rupture d’égalité entre les territoires, de trouver une voix forte pour défendre nos services publics.

Cette voix, c’est un bulletin de vote, et c’est celui de Jean-Luc Mélenchon. Cette élection présidentielle est primordiale, et c’est Azzedine qui en parle le mieux :

« Il y a l’élection présidentielle. Mais au delà, au delà de l’élection présidentielle, il y a le travail qu’il faut mener en permanence. Et vous savez, ce travail, il faut le mener avec un esprit collectif. Aujourd’hui (5 décembre), on fête malheureusement la huitième année du décès de Mandela et Mandela disait : « Ce qui compte, ce ne sont pas les individus, mais c’est le collectif. » Donnons un sens au collectif, donnons un sens à l’égalité, à la dignité dans les quartiers populaires et vous pouvez compter modestement sur ma contribution. »

Par Nicolas Pellegrini.