Appel aux magistrats et greffiers à rejoindre l’Union Populaire, par Albert Levy

J’appelle les Magistrats, greffiers, fonctionnaires des greffes, des services pénitentiaires et de la protection de l’enfance à rejoindre l’Union Populaire avec le candidat Jean-Luc Mélenchon, qui seule pourra offrir à l’institution judiciaire ses lettres de noblesse,

Pour que la justice soit comprise, respectée et instaure une confiance historique et authentique avec le peuple au nom duquel elle est rendue,

Pour que la justice soit dotée de moyens et de personnels non précaires, adaptés aux besoins d’une démocratie moderne et devienne une maison d’accès au droit des citoyens sans exception aucune,

Pour que l’indépendance de la justice en finisse avec l’assujettissement des procureurs aux instructions du pouvoir exécutif et que les grands axes des politiques pénales et civiles soient définis par la représentation nationale et conduites sous son contrôle par les procureurs,

Pour que les magistrats du siège et du parquet puissent se réinvestir dans leur mission constitutionnelle de protection des libertés en se consacrant au seul bien commun de la justice rendue dans l’intérêt de la société et des justiciables,

Pour que l’indépendance de la justice puisse permettre aux magistrats du siège de retrouver leur liberté juridictionnelle sans pression des hiérarchies,

Pour que le procureur, défenseur légitime de la société, la conduise à sortir des affres de la corruption et de la délinquance économique et financière,

Pour que la justice garante des libertés, puisse diriger et effectivement contrôler le fonctionnement des services de police,

Pour que la justice reprenne en main sa proximité juridictionnelle avec les justiciables. Ceux d’abord frappés par la précarité de leur condition : Les femmes seules, battues et violentées, celles et ceux frappés par l’indigence de leur situation,

Pour que l’institution judiciaire voit le retour du juge d’instance – magistrat naturel de proximité – qui seul pourra permettre l’écoute indispensable, directe et simplifiée, que la justice doit aux justiciables en proie aux dettes locatives ou de crédits personnels et dans l’incapacité de pouvoir exprimer leur cause dans les méandres de la procédure de saisine des juges,

Pour que les mineurs redevenus enfants aux yeux de la loi puissent bénéficier d’une justice adaptée, d’une prise en charge éducative et d’une protection avec des moyens dignes des enjeux d’avenir qu’ils représentent,

Pour que la justice soit rendue dans le respect de l’accès aux droits de tous, avec humanité, dans la dignité des justiciables, mais aussi dans la dignité de ceux qui la rendent, magistrats, greffiers et experts,

Pour qu’elle permette aux magistrats d’organiser de véritables débats contradictoires au civil comme au pénal – en dehors d’un « prêt à juger algorithmé » – à l’écoute des justiciables et de leur défense, pour parvenir aux procès équitables dépourvus de clientélisme et de faveurs,

Pour que les règles des procédures rapides pénales, toujours maltraitantes du droit des parties et pourvoyeuses de courtes peines de prison inutiles, soient abolies,

Pour que les règles des procédures civiles, peu respectueuses de l’accès à la justice, soient redéfinies sous l’égide de la collégialité,

Pour que la prison ne porte plus les stigmates de la relégation, que la condition de la personne détenue préparant son retour à la liberté soit centrale dans l’organisation pénitentiaire dans un objectif de désistance,

Pour que l’on donne les  moyens indispensables aux personnels pénitentiaires (CPIP et surveillants) d’assurer l’effectivité des missions de réinsertion et de lutte contre la récidive,

Pour que soit enfin amorcer une déflation pénale, et donc une déflation carcérale, et que la justice ne puisse pas condamner des personnes en état de nécessité conduites à commettre des délits mineurs,

Pour que le code pénal ne soit pas l’instrument d’une répression de masse et que l’on dépénalise les infractions qui frappent les usagers de cannabis ou les voyageurs dépourvus de billets de transport, pour privilégier leur suivi social ou médical,

Pour que la solidarité humaine par aide et protection apportée aux migrants qui s’exprime par la remise d’un gîte, de vêtements et de nourriture ne soit plus réprimée,

Pour qu’enfin la justice devienne un pilier de notre démocratie qui inspire la confiance !

Albert LEVY, ancien magistrat,

membre du parlement de l’Union populaire