Covid 19 : comment les milliardaires Français se gavent en pleine pandémie

De l’enfer des pauvres est fait le paradis des riches. 2020 en est une révoltante illustration. Pendant qu’un million de nos concitoyens basculaient dans la pauvreté, une poignée d’extrêmes riches engrangeait des milliards. Notre article.

La pauvreté fracasse le pays : traverser la rue n’a jamais semblé aussi difficile

« Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. » Ces mots d’Albert Camus résonnent en ce début d’année. L’hiver est particulièrement glacial. 300 000 personnes survivent sans domicile fixe dans notre pays. Un million de personnes a basculé dans la pauvreté l’année dernière, portant à dix millions le nombre de Français sous le seuil de pauvreté. Un Français sur quatre ne mange pas à sa faim. Un Français sur deux n’est pas parti en vacances cet été. Et ainsi de suite.

Cette pauvreté qui fracasse le pays touche particulièrement notre jeunesse. Un pauvre sur deux a moins de 30 ans selon l’Observatoire des inégalités. L’été semble (très) lointain pour la jeunesse confinée. Les perspectives sont peu réjouissantes pour les 800 000 jeunes arrivés sur le marché du travail à la rentrée. La Banque de France prévoit un taux de chômage proche de 11 % au premier trimestre 2021. Traverser la rue n’a jamais semblé aussi difficile. Les licenciements pleuvent dans tout le pays. Bridgestone, Auchan, Cargill, Vérallia… la liste ne cesse de s’allonger. Michelin, dernier en date, vient d’annoncer 2 300 suppressions de postes. Peu importe que l’entreprise ait touché 65 millions de CICE, le chômage partiel, de l’argent du plan de relance… et reversé 357 millions d’euros à ses actionnaires.

Un gouvernement somnambule qui continue aveuglément sa politique de l’offre

Dans la liste des profiteurs de crise, nous demandons Monoprix. Le groupe a refusé de verser la fameuse prime de 1000 euros promise par Bruno le Maire aux « héroïnes » et « héros » du premier confinement. Les salariés de Monoprix ont eu le culot de réclamer la prime covid ? Le groupe a décidé de les attaquer en justice. En 2020 Monoprix a « en même temps » versé 665 000 euros… à son PDG. L’indignité a un nom et une adresse. Ces situations désastreuses sont malheureusement trop nombreuses, encouragées par un gouvernement qui déverse des milliards d’euros à travers son « plan de relance », sans aucune contrepartie en terme de création ou de sauvegarde de l’emploi. À l’aveuglette.

Somnambule, le gouvernement poursuit aveuglément sa politique de l’offre. Peu importe que les milliards d’euros déversés depuis des années sur les grosses entreprises ne créent pas ou très peu d’emplois. Le CICE a couté entre 18 et 20 milliards d’euros entre 2013 et 2017, soit la bagatelle de 100 milliards d’euros sur cinq ans pour… 100 000 emplois créés ou maintenus. Soit un million d’euros par emploi. Une politique de l’offre décidément peu efficace. Même constat pour la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et l’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital. On attend toujours le ruissellement. France stratégie, institut rattaché au Premier ministre, a récemment montré les conséquences de la suppression de l’ISF et de l’instauration du PFU sur l’explosion des inégalités et des dividendes dans le pays.

Des profiteurs de crise qui continuent à accumuler des milliards d’euros en pleine pandémie mondiale

Pendant que 10 millions de Français survivent sous le seuil de pauvreté, que la pauvreté fracasse le pays, des charognards continuent donc à s’engraisser, bien aidés par le gouvernement. Ces profiteurs de crise s’appellent Bernard Arnault, la famille Hermès, les frères Wertheimer, Françoise Bettencourt, Patrick Drahi. Ces milliardaires se gavent… en pleine pandémie mondiale. Bernard Arnault est ainsi devenu le troisième homme le plus riche de la planète. Sa fortune a augmenté de 12 milliards en 2020 pour atteindre 100 milliards d’euros. En 2020, la banque centrale européenne a gavé l’homme le plus riche de France, scandale que vous nous avions expliqué en vidéo sur l’insoumission.

Le patron de LVMH n’est pas le seul à s’être gavé en pleine pandémie. La famille Hermès s’est ainsi engraissé de 12 milliards 500 millions d’euros en 2020, portant son magot à quelque 55 milliards d’euros. Pendant ce temps là, les soignants de l’hôpital public français s’équipaient en sacs poubelle pour affronter la folie meurtrière du coronavirus. Liberté Égalité Fraternité ? Pas très républicaine cette famille Hermès. Mais elle est loin d’être la seule à avoir confisqué des milliards d’euros en 2020 « en même temps » que la pauvreté explose dans notre pays.

Alain et Gérald Wertheimer ont ainsi engrangé 3 milliards d’euros en 2020 pour un trésor total de 53 milliards d’euros. Les frères Chanel sont discrets, bien aidés par la concentration capitalistique des médias, mais ils se portent très bien. Pareil pour Françoise Bettencourt-Meyer. La petite fille du fondateur de l’Oréal, femme la plus riche du monde à égalité avec l’ex compagne de Jeff Bezos, a gagné quelques 6 milliards d’euros en 2020, confisquant une fortune totale de 51 milliards d’euros. Patrick Drahi, patron de SFR, a engrangé 3 milliards 500 millions d’euros en 2020. Et ainsi de suite. De l’enfer des pauvres est fait le paradis des riches. 2020 en est une révoltante illustration. Pendant qu’un million de nos concitoyens basculaient dans l’extrême pauvreté, une poignée d’extrêmes riches engrangeait des milliards. Même au milieu de l’hiver, nous avons tous en nous un été invincible : le partage des richesses, la VIème République, la bifurcation écologique, le retour des jours heureux. Cet été porte un nom : L’Avenir en commun.

Par Pierre Joigneaux.

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