Vaccin : déjà un gros fiasco pour Macron

Après les échecs retentissants concernant les masques et les tests, l’impréparation du gouvernement est à nouveau pointée du doigt pour la campagne de vaccination. Sous couvert de « prudence », la stratégie vaccinale de Macron pose question. Choix et coût du vaccin, problèmes logistiques, vaccination au ralenti : autant de zones d’ombres et de balbutiements qui inquiètent les Français.

Une campagne de vaccination… au ralenti

Premier gros flop de cette campagne de vaccination : sa lenteur. Alors que nos voisins européens s’activent pour agir rapidement, la France est à la traîne. Quand l’Allemagne ou le Royaume-Uni peuvent annoncer plusieurs centaines de milliers de personnes déjà vaccinées, notre pays en compte quelques milliers seulement. Et cela concerne uniquement la première dose à injecter, alors qu’il est nécessaire d’en prévoir une deuxième pour être immunisé. Dans le même temps, la pandémie ne faiblit toujours pas et le temps presse. De quoi provoquer de nombreuses réactions hostiles pour dénoncer ce rythme insuffisant.

Le gouvernement avait pourtant annoncé être prêt depuis plusieurs mois afin de mettre en place rapidement la campagne de vaccination. Mais le flou règne toujours concernant le nombre de vaccins réellement disponibles et leur coût. Il semblerait également que l’impréparation au niveau logistique du gouvernement puisse ralentir le processus. Alain Fischer, le « Monsieur Vaccin » du gouvernement estimait pourtant cette question « un peu dérisoire » il y a encore quelques jours. On voit le résultat, la France se ridiculise une nouvelle fois dans sa gestion du Covid. Surtout que ces questions de logistique auraient pu être réglées il y a plusieurs semaines. Mais le fiasco s’annonce déjà. Et au milieu de cette pagaille, difficile de comprendre qui mène la barque.

Qui décide de la stratégie vaccinale ?

La question est devenue centrale dans la gestion de l’épidémie de Covid-19 : qui décide de la stratégie sanitaire gouvernementale ? Après les nombreux couacs de ses ministres, Emmanuel Macron semble désormais chercher des solutions externes. Alors que le très secret Conseil de Défense semble avoir remplacé le Conseil des ministres, le président fait maintenant appel à de nouveaux artifices. Par exemple, la consultation de 35 Français tirés au sort pour se prononcer sur la vaccination en France. Un comité qui devra comporter autant « d’anti-vaccin » que de « pro-vaccin ». Autre invention révélée ce mardi 5 janvier, la France va faire appel au cabinet privé de conseil McKinsey pour l’aider sur sa stratégie vaccinale.

Dans l’impossibilité d’élaborer et de planifier une réponse claire face à la crise, Macron s’en remet à un comité de tirés au sort et à un cabinet de conseil américain. C’est donc sans grande surprise que l’on constate que la stratégie du gouvernement ne fait pas l’unanimité chez les Français.

Pas de quoi rassurer les Français

Selon une récente enquête d’Odoxa, près de 6 Français sur 10 se disent réfractaires à la vaccination. Un chiffre qui a fortement augmenté avec 8 points de hausse en un mois. Si le gouvernement pointe volontiers du doigt les fausses informations qui circulent au sujet du vaccin, il y va également de sa responsabilité. Tout comme le port du masque, les informations contradictoires et le manque de transparence en provenance de l’exécutif inquiètent et interrogent. Depuis le début de la crise, la confiance des Français dans le gouvernement ne cesse de s’effriter. Une tendance confirmée par plusieurs sondages.

À force d’hésitations, le gouvernement aura réussi à donner du grain à moudre aux plus sceptiques. Voilà pourquoi il tente aujourd’hui de relancer la machine. Après avoir appelé à la prudence, Macron souhaite désormais accélérer la cadence après le lancement raté de la campagne de vaccination. Le président n’a pas hésité à vivement critiquer son gouvernement à ce sujet. Celui-là même qui applique pourtant la stratégie déterminée par… l’Élysée. C’est à n’y rien comprendre. Mais c’est une nouvelle preuve, s’il en fallait, qu’Emmanuel Macron navigue à vue dans cette lutte face au Covid. Pas de quoi rassurer les Français.

Maxime Charpotier