Mélenchon dégomme le « capitalisme de bons à rien même pas patriotes »

Ce jeudi 23 juillet, l’Assemblée nationale débattait de « l’orientation des finances publiques ». Autrement dit, de la situation financière de l’Etat alors que notre pays subit de plein fouet les conséquences économiques de la crise de la Covid-19. Et si l’essentiel des orateurs s’est contenté d’ânonner des mantras sur « la dette qu’il faudra rembourser » et « l’Europe qui protège », on aura pu entendre ce jour là au moins une voix discordante avec le ronron libéral : celle de Jean-Luc Mélenchon. 

Mélenchon alerte sur la dette privée

Dans son discours le président du groupe La France insoumise a dénoncé le manque d’analyse du gouvernement sur la situation économique du pays. Il a expliqué qu’il était irréaliste de concevoir que 11 points de perte de PIB pourraient être rattrapés en deux ans. Il a aussi rappelé que le gouvernement ne prévoyait rien de sérieux pour les jeunes et n’anticipait ni la crise de la dette privée, ni la crise économique aux États-Unis d’Amérique, ni la crise climatique. 

Jean-Luc Mélenchon a aussi dénoncé le rabais obtenu par plusieurs États européens dans le cadre de l’accord sur le plan de «relance» trouvé lors du Conseil européen de juillet 2020. Il a aussi rappelé qu’il n’y avait aucune mutualisation des dettes contrairement à ce que prétendent en coeur le gouvernement et les médias. Il a de nouveau prôné une annulation de la dette, expliquant que la question n’était pas de savoir si elle aurait lieu mais quand et dans quelles conditions, estimant impossible que celle-ci soit remboursée.

La « classe capitaliste parasitaire », ces « bons à rien même pas patriotes »

Mais c’est à la fin de son discours que Jean-Luc Mélenchon a choisi les mots les plus ciselés pour dénoncer l’inaction des capitalistes français face à la crise. Il a ainsi expliqué : « L’investissement privé, c’est un problème dans ce pays. Comment se fait-il que depuis 2009 les dividendes aient augmenté de 70 % tandis que l’investissement privé a baissé de 5% ? Qu’est-ce que ce capitalisme de bons à rien qui ne sont même pas patriotes et qui fait qu’ils n’investissent pas ? »

Le député insoumis est ensuite revenu sur le bradage de nos fleurons français : « Regardez comment, quand STX a été mis en vente, il a fallu compter sur le capital italien. Il n’y a pas d’argent dans ce pays ? Et aujourd’hui même, on est en train d’attribuer France Rail, la société qui produit les rails, au moment où l’on dit que l’on va développer l’investissement ferroviaire, et bien ça a été attribué à une compagnie anglaise. Et parmi les autres qui se proposaient pour racheter cette société, pas une société française, pas un euro de capital français ! Qu’est-ce que cette classe capitaliste parasitaire incapable de venir à la rescousse de la patrie quand la patrie a besoin d’eux, a besoin des efforts de tout le monde pour remettre en route la machine ? Ah oui, je clame mon indignation. »