Semaine de 60H, congés payés confisqués : l’état d’urgence sanitaire de Macron bientôt permanent ?

Le Coronavirus est-il le nom d’un des plus importants reculs sociaux du quinquennat Macron ? Lors de la réunion de l’Assemblée nationale dans des conditions exceptionnelles le 22 mars dernier, le texte du gouvernement pour mettre en place un « état d’urgence sanitaire » a été adopté par les députés, en dépit de l’opposition des députés insoumis et communistes. 

Des reculs sociaux immenses pour les travailleurs

Ce texte contient de nombreuses mesures amenant à un recul sans précédents des droits des travailleurs, notamment concernant le repos. Toutes les entreprises se voient désormais le droit d’imposer 10 jours de RTT pendant le confinement ! Et elles ont aussi la possibilité, en cas d’accord d’entreprise ou de branche, d’imposer 6 jours de congés payés avec seulement 24h de délai de prévenance.

Mais ce texte menace également la durée du travail hebdomadaire. Pour les entreprises dites « vitales », il est désormais possible d’augmenter la durée du travail jusqu’à… 60h par semaine, contre 48h auparavant ! Et la durée minimale de repos entre deux jours de travail est désormais abaissée à seulement 9h contre 11h jusqu’alors.

Des mesures bientôt dans le droit commun ?

Problème supplémentaire : si le gouvernement n’a cessé de dire que ces mesures étaient exceptionnelles et seraient mise en place uniquement pendant la durée de l’épidémie, le président du parti « La République en marche » Stanislas Guérini a quant à lui évoqué devant les députés la possibilité de faire rentrer les mesures de l’état d’urgence sanitaire dans le droit commun. Il a ainsi expliqué :

« Le cœur de ce texte, c’est l’état d’urgence sanitaire que nous avons créé. Il repose sur trois principes. (…) Le deuxième principe c’est d’avoir construit cet outil juridique mais de l’avoir borné dans le temps. Je crois que c’est un principe de responsabilité. L’heure viendra où nous aurons à réflechir collectivement à la façon d’inscrire de façon plus pérenne dans nos textes cet état d’urgence sanitaire. Ce sera une réflexion qui correspondra au moment de la reconstruction du pays, où nous devrons nous interroger collectivement dans les profondeurs philosophiques, sociétales de ce qu’est notre société. Mais aujourd’hui, il fallait agir dans l’urgence. »

L’opposition sans faille des insoumis et de Jean-Luc Mélenchon : une alternative

Face à ce texte très problématique pour les droits des travailleurs, seuls les députés communistes et insoumis se sont fermement opposés en votant contre. Dans son explication de vote au nom des députés insoumis, Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’il ne pouvait être question de mettre en place de telles mesures signalant une mobilisation des travailleurs sans mettre à contribution les plus riches par le rétablissement de l’ISF et sans réquisitionner et nationaliser les entreprises nécessaires à la production par millions des masques dont notre pays a besoin. Il a ainsi appelé à une planification de la mobilisation sanitaire par l’État.

Jean-Luc Mélenchon a ainsi expliqué que l’opposition formée par les insoumis avait vocation à représenter un recours pour le pays le moment venu. Un recours qui en finirait pour de bon avec l’égoïsme social qui a prévalu au cours des années passées et qui mettrait au premier plan le partage des richesses, l’intérêt général et le retour de l’État. Il a appelé à préparer dès à présent le « monde d’après » en concluant son intervention par ces mots : « Nous ne combattons pas d’autre ennemi que les erreurs et les abus d’une façon de vivre. Le moment est venu d’en changer radicalement. Telle est la Révolution que doit accomplir la civilisation humaine de notre époque. »

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