Ce mardi 12 mai, des documents stratégiques de campagne de l’ex-conseiller du dictateur géorgien Saakachvili ont été révélés. On y découvre les priorités du futur candidat PS, et surtout ses non-priorités. Face aux révélations, Raphael Glucksmann a beau nié, les conclusions de cette méprisable « étude de marché » sont déjà appliquées, et cela se voit. Tout pour les riches et les retraités à cajoler. Rien pour les pauvres qu’il faut chasser. Un autre Macron est possible. Il s’appelle Raphaël Glucksmann. Notre article.
Caricatures et mépris
Nathalie de Nantes, 57 ans, est professeure de lettres. Elle aime regarder Arte, faire ses courses à la Biocoop, s’habiller chez Comptoir des cotonniers, lire Télérama et écouter Florent Pagny. En 2027, elle compte sur le bulletin Raphaël Glucksmann.
Romain de Romainville militait chez les Écologistes, mais il trouve Marine Tondelier trop “woke”. Gérard de Guérande est retraité et n’a “pas trop de difficultés à boucler ses fins de mois”. Pour l’élection présidentielle, il hésite entre l’eurodéputé et Edouard Philippe.
Ces personnes présentes dans les documents internes de Glucksmann, complètement caricaturales, illustrent les publics cibles sur lesquels le candidat devrait se concentrer. Fichés, infantilisés, caricaturés, ces électeurs apprécieront…Les profils décrits comme “fidèles” sont les personnes “âgées”, “aisées”, et habitantes des “moyennes et grandes métropoles”.
Pire encore, des parties de la population sont listées “à éviter” : “18-25 ans”, “CSP-”, les personnes gagnant “moins de 1500 euros”, les parents “seuls avec enfants” et les habitants de banlieues. Ce document, d’un mépris de classe inouïe, écrit noir sur blanc le principe de la chasse aux pauvres.
“Une campagne électorale n’est pas un placement de produit, mais une démarche de conviction sur un programme”
Révélée par Politico, cette note confidentielle a été rédigée par Mathieu Lefèvre-Martin, fondateur du think tank Destin commun qu’il a quitté pour rejoindre l’équipe de Raphaël Glucksmann pour la présidentielle.
“Ce qu’ont oublié les « génies de la com » de Raphaël Glucksmann, c’est que Nathalie de Nantes n’aime pas du tout les études marketing qui la prennent pour une imbécile” a commenté Manuel Bompard, coordinateur du mouvement insoumis.
Face au scandale, Raphaël Glucksmann a déclaré “avoir rejeté” les conclusions de ce document, ajoutant “Seule la France m’habite, pas des bouts de France”. Même dans sa défense, l’ex-conseiller du dictateur géorgien Mikheil Saakachvili ne peut s’empêcher de ressortir des réflexes marketings par des formules toutes faites.
Qu’importe, les priorités du document se retrouvent dans les orientations affichées par Glucksmann sur les plateaux.
Mépris de classe et renouveau macroniste
Car la conclusion est limpide : pas de temps à perdre avec les classes populaires. Il faut même les éviter. Mais alors, le “tout sauf Mélenchon” n’était finalement qu’un synonyme de “tout sauf les pauvres” ? Bien évidemment ! La haine anti-LFI n’est qu’un prétexte qui masque une ligne politique, celle d’un programme bourgeois de mépris de classe.
“Sa stratégie, c’est d’incarner le renouveau macroniste” constate Clémence Guetté. Cela n’est pas sans rappeler que Place Publique a recruté dans la Macronie : l’ex-ministre de la santé Aurélien Rousseau, le fondateur des Jeunes avec Macron Sacha Houlié et Marguerite Cazeneuve.
Sans doute Raphael Glucksmann n’a t-il pas oublié les enseignements de son ancien mentor. Bien que peu de journalistes trouvent nécessaire de le rappeler – pour rester dans la ligne de l’officialité – Glucksmann a été conseiller du dictateur géorgien Saakachvili. Son bilan ? Suppression du SMIC, licenciement de la moitié des fonctionnaires, baisse massive des impôts sur les grandes fortunes, et pratiques autoritaires du pouvoir.
Quand le bloc bourgeois organise le SAV de Macron contre l’arrivée de Mélenchon au pouvoir
Tandis que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot déclare qu’il y a « beaucoup de points de convergence » avec l’eurodéputé, Clément Beaune souhaite “un candidat unique de la gauche républicaine jusqu’à la droite modérée”.
Depuis l’annonce de candidature de Jean-Luc Mélenchon, la panique est totale dans les états-major macronistes : La France insoumise va être au second tour ! Plus effrayant que de voir le Rassemblement national s’y qualifier une quatrième fois…
Alors, le “tout sauf Mélenchon” conduirait plusieurs cadres socialistes à se tourner vers Edouard Philippe, révèle l’éditorialiste Nicolas Domenach et le journal l’Opinion. Le journaliste de Libération Thomas Legrand titre même “la droite un peu barbante mais reposante d’Edouard Philippe”. On a en effet tous apprécié la petite sieste qu’étaient les bavures policières durant le mouvement des Gilets jaunes…
Bref, le bloc bourgeois est catastrophé à l’idée de voir La France insoumise gouverner. Alors il s’organise autour d’un Macron 2.0, mais par dépit. Rien avoir avec l’idée de modernité que cherchait à incarner Emmanuel Macron en 2017. Les naufragés du macronisme font barrage bourgeois dès le premier tour et en appellent à l’aide du vieux monde : de François Hollande à Dominique de Villepin, en passant par Édouard Philippe et bien sûr, Raphael Glucksmann.
La nouvelle alliance populaire avec Jean-Luc Mélenchon : clarté, rupture et chances de victoires
Ces gesticulations ne pèsent pas pour 2027 au regard de l’intense dynamique enclenchée par Jean-Luc Mélenchon avec déjà plus de 260 000 soutiens. Parce que le bloc mal-proprement nommé “central” s’effondre de semaines en semaines et qu’il partira avec Emmanuel Macron. Ce dernier souffre d’une détestation inédite dans la Ve République, qui entraîne une vague de dégagisme inouïe.
Les gens pâtissent des courses et des loyers chers, de la destruction des services publics, de l’école à l’hôpital en passant par l’audiovisuel. Ils demandent autre chose. Complètement. Et vite !
Quelles solutions ? Tout indique que la primaire de la gauche n’aura pas lieu. Ses tenants appellent à un rendez-vous, en septembre, pour commencer le début d’un commencent de discussion. « Ce n’est pas sérieux » a déclaré Jean-Luc Mélenchon ce mercredi 13 mai. La primaire tenait sur la participation du PS, mais le voilà aspiré par les combines de Vallaud, Glucksmann et Guedj. Ce cirque ne servait qu’à tisser un cordon contre LFI et justifier une candidature social-libérale.
Face à l’embourbement et aux logiques d’affrontements internes, de nombreux militants, cadres et élus communistes et écologistes s’organisent pour se rallier autour d’un “pôle de la radicalité”.
En proposant une nouvelle alliance populaire, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est par conséquent la seule à offrir clarté, rupture avec le néolibéralisme et chances de victoires en 2027.
Lilian Davy