En une semaine, l’extrême droite a frappé trois fois. Partout, la même logique : terroriser, humilier, intimider. À Paris, Rennes, Bordeaux en février et Angers en janvier dernier, l’extrême droite a menacé et tabassé, assumant saluts nazis et slogans fascistes. Toujours en surnombre, ils ciblent des individus isolés, les frappent et les filment pour les humilier. Le nombre d’attaques ne cesse d’augmenter en France, et leur violence ne faiblit pas.
Face à cette escalade, silence radio du gouvernement. Si prompt à tweeter sur n’importe quelle personne sous OQTF, Bruno Retailleau s’est bien abstenu de toute condamnation de ces attaques. Le ministre de l’Intérieur a même renvoyé dos à dos fascistes et antifascistes, révélant son ignorance totale de l’histoire et des luttes. À moins que ceci ne soit calculé pour diaboliser LFI une fois de plus et servir le thé à ses amis du Rassemblement National. Notre brève.
Vague d’agressions fascistes : l’extrême droite agresse violemment…
L’extrême droite a commis trois agressions violentes en France en seulement une semaine. Le dimanche 16 février après-midi, en plein Paris, des militants d’extrême droite ont attaqué une projection de film antifasciste organisée par Young Struggle. Armés, ils ont pris d’assaut la salle, poignardant un syndicaliste de la CGT et le rouant de coups. Ils ont ensuite pris la fuite aux cris de « Paris est nazi » et « Lyon est nazi aussi ». Le syndicaliste a été hospitalisé.
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Dans la nuit du 18 au 19 février, à Bordeaux, un militant insoumis a été pris en chasse après une mobilisation contre l’austérité budgétaire et la montée de l’extrême droite. Arrêté par un groupe de personnes issus du groupe néofasciste de la Bastide bordelaise, alors qu’il s’éloignait seul du campus de Sciences Po Bordeaux, il a été roué de coups après que les néonazis lui aient demandé « t’es antifa ? », « nous, on est les fa ».
La même semaine, une autre agression a eu lieu à Cintré, près de Rennes. Le samedi 22 février, un conseiller municipal a été pris pour cible alors qu’il sortait d’un bar. Anton Burel s’est approché d’un groupe de personnes qui effectuaient des saluts nazis pour leur reprocher leur geste. Les six militants d’extrême droite ont répondu en le frappant. Coups de poing dans l’œil et dans la mâchoire, l’élu indépendantiste de gauche est tombé sur le trottoir et a perdu connaissance.
Quelques semaines plus tôt, à Angers, des étudiants avaient été agressés dans la rue par une bande fasciste leur ordonnant d’exécuter des saluts nazis sous la menace d’être « butés ». Face à leur refus, ils ont été tabassés, laissés au sol. Quatre agresseurs ont depuis été identifiés.
… et le camp Macron regarde ailleurs
L’extrême droite institutionnelle et les groupuscules violents ne sont pas deux réalités distinctes : ils avancent ensemble, se renforcent mutuellement. Tandis que le Rassemblement National impose son discours xénophobe dans les médias et les instances de pouvoir, les milices fascistes s’occupent de la rue. L’un diffuse l’idéologie, l’autre passe à l’acte. Cette montée conjointe n’a rien d’un hasard : la banalisation des thèses racistes et autoritaires légitime les passages à tabac, les agressions ciblées, les campagnes d’intimidation.
Le gouvernement, lui, laisse faire. Plutôt que d’affronter cette menace, Bruno Retailleau préfère attaquer les antifascistes et reprendre mot pour mot les éléments de langage de l’extrême droite. Quand des militants néonazis s’en prennent à des syndicalistes, des étudiants ou des élus de gauche, le ministre de l’Intérieur garde un silence complice.
Pour aller plus loin : « Le 22 mars, je serai dans la rue » – Face aux agressions fascistes et racistes, les appels à manifester se multiplient
Retailleau ne se contente pas d’ignorer ces violences : il en est le relais. En renvoyant systématiquement dos à dos fascistes et antifascistes, il confirme l’idée fausse que ceux qui luttent contre l’extrême droite seraient eux-mêmes un danger. Il protège les agresseurs tout en criminalisant leurs cibles. Ce n’est pas une dérive, c’est un projet. Et si rien ne l’arrête, la terreur d’extrême droite continuera de s’installer dans nos rues. La mobilisation populaire antifasciste est la seule à pouvoir y mettre un terme.
Par Camille Karlin