Police néo-nazis Romans-sur-Isère

Tabassage, gazage, vol de caisse de grève : la lourde répression contre les sans-papiers grévistes d’Emmaüs à Saint-André-lez-Lille

Jeudi 23 novembre, à Saint-André-lez-Lille, les compagnons d’Emmaüs sans-papiers en grève depuis 146 jours ont été sévèrement réprimés par la police. Harcelés, ils ont été jetés à terre par dizaines. Leur caisse de grève, outil précieux et indispensable pour financer leur lutte dans la durée, a été saisie.

Les vidéos ont inondé les réseaux sociaux et provoqué l’indignation collective. Ces personnes, parmi elles, de nombreuses mères et pères de famille avec des enfants en bas-âge, exigent depuis 146 jours la régularisation de leurs titres de séjour et dénoncent leurs conditions de travail inhumaines.

Les insoumis et la CGT ont condamné cette violence, exigeant la restitution immédiate du matériel syndical et de la caisse de grève. Dans un geste de solidarité, la CGT réclame une table ronde avec la présence du ministère de l’Intérieur, de la préfecture du nord, de la direction d’Emmaüs France et des instances de la CGT. Notre article. 

« Jetés au sol, molestés » : l’État répond à la détresse des compagnons d’Emmaüs avec la même brutalité que contre les Gilets Jaunes ou les Soulèvements de la Terre

23 septembre, au petit matin. Un convoi de CRS a débarqué à la Halte Saint-Jean, interrompant brutalement le 146ᵉ jour de grève. « Les forces de l’ordre ont délibérément fait irruption dans les lieux, réveillant violemment les grévistes qui dormaient paisiblement », dénonce Ioannis Kappopoulos, avocat des travailleurs opprimés. La répression s’est intensifiée avec des charges policières, des violences physiques infligées aux grévistes, et même des transferts d’urgence à l’hôpital. Les individus, qui prétendent remplir la mission de police républicaine, mais ne sont ici que des milices racistes, ont volé la caisse de grève, un acte délibéré visant à étouffer la lutte.

Les réseaux sociaux sont inondés de vidéos montrant des policiers surarmés confrontant des manifestants pacifiques. La CGT a condamné cette violence, exigeant la restitution immédiate du matériel syndical et de la caisse de grève. De même pour le député Adrien Quatennens et la suppléante d’Ugo Bernalicis, Marie Boucknooghe, qui se sont rendus sur place dès jeudi. Dans un geste de solidarité, elle réclame une table ronde avec la présence du ministère de l’Intérieur, de la préfecture du nord, de la direction d’Emmaüs France et des instances de la CGT.

Cette répression s’inscrit dans un contexte tendu depuis la perquisition de la communauté Emmaüs en juin 2023, accusée de traite humaine et de travail dissimulé.

Les compagnons et compagnonnes d’Emmaüs n’ont pas de contrat de travail. L’association fondée par l’Abbé Pierre promeut un modèle où les personnes s’intègrent où se reconstruisent par le travail au sein d’une communauté. Elles perçoivent une compensation en échange de leur contribution. Un système qui a fait ses preuves pour certaines personnes très abîmées, pour qui assumer les contraintes d’un travail classique est tout simplement impossible. 

Pour aller plus loin : « Sale gréviste » : enlevé, frappé, gazé, volé, jeté : un délégué CGT Vertbaudet victime d’une expédition punitive

Une politique raciste

Les personnes sans-papier sont interdites de travailler, de bénéficier d’un véritable contrat de travail. Mais impossible d’avoir des papiers s’ils ne peuvent pas prouver leur volonté d’intégration par le travail. Ainsi est faite l’inepte, et cruelle spirale de l’accueil des immigrés en France. 

Ainsi, les communautés Emmaüs s’inscrivent dans une sorte de flou. Les personnes sans-papiers effectuent des tâches souvent bien en deçà de leurs réelles compétences, pour être payées quelques centaines d’euros. Elles le font car en échange, au bout de trois ans, elles peuvent prouver qu’elles ont travaillé 3 années, et donc demander des papiers. 

Sauf qu’à la Halte-Saint-André, des papiers, ils n’en voient jamais la couleur. La directrice Anne Saingier n’a pas démandé l’agrément OACAS, économisant ainsi sur le dos des travailleurs sans-papiers. Et le scandale ne s’arrête pas là. Alixe, porte-parole des grévistes, décrit un régime de peur qui les isole et les soumet à des conditions de vie indignes des idéaux de l’Abbé Pierre.

Les sorties sont contrôlées, les visites soumises à la permission, et la direction refuse les arrêts maladie, forçant même les blessés à continuer à travailler. Les denrées distribuées dans les caisses alimentaires sont périmées. Ce qui n’empêche pas la direction de retirer en contrepartie de cette nourriture de l’argent sur leur allocation. Selon les règles d’Emmaüs, cette allocation doit être de 350 euros mais à Saint-André-Lez-Lille, elle est aux alentours de 200 euros : la direction retient de l’argent pour l’hébergement, l’accès à la buanderie. 

Les grévistes, soutenus par le collectif sans-papier 59 (CSP59), tous les députés France insoumise du département et la CGT, ont entamé leur lutte le 1er juillet dernier, mais la situation n’a guère évolué. Emmaüs France, d’abord frileux à prendre position, a finalement condamné les dérives de cette communauté, amorçant des démarches pour l’exclure du réseau Emmaüs. La réaction de l’État était guettée dans ce dossier sensible de « traite d’êtres humains ». Hier, la réponse est tombée. Ce sera violences policières, par la matraque, le déni de la dignité des grévistes et de leurs droits. 

Cette terrible répression intervient alors que le projet de loi raciste « asile immigration » arrive à l’Assemblée nationale. Face à la répression et l’exclusion des sans papiers, les insoumis défendront bec et ongles la régularisation de tous les travailleurs sans papiers, le respect du droit au regroupement familial, et la régularisation automatique des conjoints, ainsi que la régularisation des étudiants et parents sans papiers d’enfants scolarisés.

Par Ulysse