Zemmour antisémitisme

Éric Zemmour, partisan de « massacrer les musulmans et même certains juifs » participera à la marche d’instrumentalisation de l’antisémitisme

Qui est volontaire pour marcher aux côtés d’Éric Zemmour ? En matière d’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme, la manifestation proposée par les Présidents du Parlement Larcher et Braun-Pivet se pose en candidate à la médaille d’Or. En atteste, la qualité plus que contestable des participants en matière de lutte contre l’antisémitisme et le racisme.

Eric Zemmour, pour qui Pétain a sauvé des Juifs et qui se place « du côté du général Bugeaud », celui qui « massacre les musulmans et même certains juifs ». Jordan Bardella, celui qui considère que Jean-Marie Le Pen, condamné pour antisémitisme, « n’est pas antisémite ». Marine Le Pen, pour qui la « France n’est pas responsable du Vel d’Hiv ». Meyer Habib pour qui « la haine des juifs est l’aphrodisiaque des masses arabes ». Et bien d’autres. Notre brève.

Au premier rang : Eric Zemmour

S’il ne fallait retenir qu’une seule démonstration de l’incompatibilité absolue de ce personnage avec la lutte contre l’antisémitisme, ce serait cette déclaration du 23 octobre 2019. Celui qui est alors chroniqueur sur CNEWS annonce, en direct à la télévision de Vincent Bolloré, : « Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans et même certains juifs. Et bien moi, je suis, aujourd’hui, du côté du général Bugeaud ».

C’est donc avec ces gens-là que la caste médiatique et politique somme tous les « défenseurs des valeurs de la République » de manifester son soutien aux Juifs persécutés ? Hypocrites.

Extrême droite contre Humanisme

L’antisémitisme est un mal historique, avec toutes les haines raciales et religieuses, c’est l’ennemi juré de l’Humanisme. Cette tradition philosophique place l’être humain au cœur de sa propre Histoire. Les êtres humains sont constructeurs de leur propre Histoire. Il existe des contraintes physiques, sociales avec lesquels il faut composer. Mais il n’existe pas de destin inscrit dans le marbre, pas de prédétermination.

Et c’est cela qui fonde l’égalité fondamentale de chaque être humain sur cette Terre. Chacun, chacune est capable de décider, de croire ou de ne pas croire, de suivre la tradition familiale ou de s’en détourner. Chacun, chacune porte en lui « la capacité de contenir le monde entier, de vous y intéresser, de vous passionner pour lui »

Eric Zemmour, comme tous les penseurs d’extrême droite, est fondamentalement, essentiellement opposé, ennemi même de cette philosophie. Toute sa vision du monde est tournée vers cet objectif de faire rentrer tout le monde dans des cases, dans des étiquettes immuables à travers les siècles et dans une échelle de valeur globalement établie ainsi : c’est comme cela qu’on faisait avant, donc c’est mieux. Conclusion dans la tête d’Eric Zemmour : les Français ont mené une vaste entreprise de colonisation dans le passé, donc la colonisation, c’est bien. Et s’il fallait pour cela « massacrer les musulmans et même certains Juifs », cela ne change rien pour Eric Zemmour.

La participation d’un tel personnage disqualifie totalement la marche du 12 novembre. L’extrême droite est la source, depuis son origine, de tous les préjugés essentialistes, qui classent les gens en fonction de leur couleur de peau, de leur origine sociale, de leur religion, de leur lieu de naissance, de leur genre. Lutter contre l’antisémitisme ne peut être qu’une démarche humaniste. Et donc, elle représente tout ce qu’abhorrent les héritiers de Pétain.

Pour aller plus loin : « Paris Police 1900 » : la série qui retrace les origines de l’extrême droite française et qui dérange Vincent Bolloré

Si Eric Zemmour se sent le bienvenu dans une action qui s’affiche comme une lutte contre l’antisémitisme, alors, nécessairement, par l’opposition intrinsèque de cette mouvance politique à cette juste cause, c’est que les mots d’ordre, les modalités d’action ne sont, au minimum pas suffisamment clairs. Et dans le cas présent, plutôt clairements fait pour instrumentaliser la lutte contre l’antisémitisme pour une toute autre motivation. À savoir : réunir les soutiens inconditionnels aux massacres à Gaza.

Pour aller plus loin : Manifester à côté des héritiers de la SS ? Les insoumis refusent et prennent au sérieux la lutte contre l’antisémitisme et le racisme

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