samedi 26 septembre

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Mobilisations de lycéens : la colère d’une jeunesse qui cherche à s’organiser

Lycéens. L’insoumission.fr et Informations Ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et d’Informations ouvrières. La rentrée a été marquée par les 4 000 suppressions de postes, cumulées aux autres nombreux manques dans […]

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Lycéens. L’insoumission.fr et Informations Ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et d’Informations ouvrières.

La rentrée a été marquée par les 4 000 suppressions de postes, cumulées aux autres nombreux manques dans les établissements scolaires. Les élèves sont les premiers à en souffrir, notamment dans les lycées où les nouvelles injonctions ministérielles destinées à mettre la jeunesse au pas ne cachent plus le chaos qui s’installe, mais au contraire l’aggravent.

Au lycée de Villemomble (93), trois élèves sont envoyés en garde à vue suite à une tentative de blocus, au lycée des Ulis (91), la police tourne dans le quartier depuis 3 jours suite à des feux d’artifices. À chaque fois, la répression, l’escalade, et une jeunesse muselée qui ne cherche pourtant qu’à s’organiser pour reprendre la main sur son avenir. Reportage.

Lycée de Fécamp (76) – Blocus contre la classe défense

Le 21 septembre a eu lieu un blocus devant les lycées Maupassant et Descartes de Fécamp contre la classe défense. Les mots d’ordre : « Non aux génocides », « nos vies valent plus que leurs profits » !

Intervention d’un lycéen dans la manifestation : « Les parlementaires ont voté en juin pour une hausse de 36 milliards d’euros sur l’investissement militaire d’ici 2030. Ce sont 36 milliards d’euros qui ne seront pas déversés dans les hôpitaux, les universités, les lycées, collèges, écoles et autres services publics… Tout ira dans la guerre ! »

Lycée de Créteil (94) – « On se mobilise pour avoir plus de moyens pour réussir notre avenir »

Devant le lycée Saint Exupéry de Créteil (94) les lycéens ont organisé un blocus contre les suppressions de moyens dans l’éducation et la sélection.

La parole à un élève de terminale :

« On est tous là pour se mobiliser pour que nous, les lycéens, on ait plus de moyens pour réussir notre avenir et on espère que ça va payer. Le problème c’est qu’on doit passer le bac et qu’on est beaucoup à ne pas avoir de prof. Il y en a qui passent le bac de français sans prof de français, le bac de maths sans prof de maths… Et là on commence l’année, on n’a pas d’infirmière. Si on se sent mal, on ne peut pas être pris en charge. En plus on est tous mis en compétition, on ne peut pas choisir nos filières, on ne peut pas faire ce qu’on veut alors que c’est le but de l’école.

Il n’y a pas de budget pour les services publics, pour l’écologie. Par contre, on met du budget dans les énergies fossiles, dans la guerre. Et il y a des gens qui meurent, des gens qui vont aller se battre, alors qu’il faudrait former les gens à devenir des professeurs plutôt que les envoyer à la guerre ».

Les députés LFI Clémence Guetté et Louis Boyard sont venus soutenir les lycéens et Louis Boyard a publié une vidéo adressée à Macron faite avec les élèves. Extraits :

« Monsieur le président de la République Emmanuel Macron, on a un message à vous faire passer : tous ces jeunes que vous voyez autour sont en train de vous donner le retour de bâton de la jeunesse que vous avez oubliée et méprisée. Leur problème, c’est pas le téléphone, c’est pas l’abaya, leur problème à eux concrètement, c’est qu’ils sont à 35 ou 38 dans les classes, pas de prof de SVT, pas de prof de maths, pas de prof de français depuis des mois ou des années, et ils ont le bac à la fin. Il n’y a pas d’infirmière scolaire, pas de psychologue, et après vous allez dire que dans les lycées de banlieue ça ne va pas… Et bien c’est votre responsabilité ! Là vous avez un beau message de cette jeunesse de banlieue qui est en train de vous demander la liberté, l’égalité et la fraternité, et si vous ne la leur donnez pas, ils viendront la récupérer eux-mêmes ».

Les Ulis (91) – L’interdiction des téléphones portables met le feu aux poudres chez les lycéens

Au lycée L’Essouriau aux Ulis (91), comme partout ailleurs, l’injonction du ministre d’interdire les téléphones portables à la rentrée a posé de nombreux problèmes logistiques et généré une profonde colère parmi les lycéens qui s’est soldée par des tirs de mortier dirigés vers l’établissement, faisant 4 blessés, le 18 septembre. Lors d’un tractage avec les jeunes LFI, nous sommes allés à la rencontre des lycéens qui nous ont raconté comment la situation en est arrivée là. Témoignages.

Dans l’Essonne, 1250 élèves n’avaient pas d’affectation en lycée au mois de juillet, la direction académique avoue elle-même « pratiquer le surbooking », montant les effectifs jusqu’à 36 élèves par classe, les bâtiments sont vétustes, le manque de profs aussi problématique que dans le reste du pays où 69% des établissements n’avaient pas leur équipe au complet à la rentrée…

L’interdiction des téléphones portables est donc apparue aux élèves et aux enseignants comme particulièrement « déconnectée de la réalité ».

« Ça a été mené sans concertation, comme d’habitude », nous souffle une enseignante qui condamne fermement « les injonctions unilatérales » du ministère.

« C’est complètement contradictoire, d’un côté on nous dit de regarder l’ENT (environnement numérique de travail, ndlr) pour consulter nos emplois du temps, regarder si un prof est absent…etc. Et de l’autre on nous interdit de regarder notre portable », nous explique une lycéenne.

Un autre renchérit : « Les portables sont interdits dans les couloirs mais autorisés à la cantine parce qu’on a une application pour pouvoir aller manger. Et ils sont interdits dans les cours, ça c’est normal, mais dans certains cours on est obligés de les utiliser, comme en langue par exemple, parce que le lycée n’a pas le matériel ».

Tous expliquent que les besoins sont énormes dans le lycée (manque de matériel, de personnels, travaux…) et condamnent une mesure absurde et injuste qui ne fait que renforcer le sentiment d’abandon et la colère.

Sur la manière dont cette dernière s’est exprimée, les avis sont partagés : « aujourd’hui, il n’y a que ça qui marche, la violence » nous confie un élève. Un autre n’est pas d’accord, aurait « préféré le dialogue ».

Mais si les avis sont partagés sur la manière de se faire entendre, tous sont d’accord sur le bien-fondé d’un mouvement de la jeunesse contre l’avenir que leur réserve le gouvernement.

Par notre Correspondante

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