Retraites : Rachel Keke (LFI) détruit Élisabeth Borne sur la pénibilité du travail

Retraites. Pénibilité. « Avez-vous la moindre idée des difficultés quand on est AESH, femme de chambre, livreur ou conducteur de bus, avez-vous la moindre idée de ces métiers essentiels ? On ne vit pas la même chose quand on est ministre ou haut fonctionnaire ». Rachel Keke 1, Élisabeth Borne 0.

La députée insoumise, symbole de la lutte victorieuse, après 22 mois de grève avec ses collègues femmes de chambres de l’Hôtel Ibis Batignolles, avait une question à poser à Elisabeth Borne. Sujet : la pénibilité du travail. La députée du Val-de-Marne a dénoncé le « mépris profond » du gouvernement pour les travailleuses et les travailleurs, et son hypocrise à oser parler de « pénibilité » après la suppression de 4 facteurs de pénibilité par… Emmanuel Macron en 2017. Notre brève.

Retraites : Rachel Keke dénonce la suppression de 4 facteurs de pénibilité par Emmanuel Macron en 2017

Pénibilité. Emmanuel Macron « n’adore pas le mot, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible ». On ne sait pas s’il faut rire ou pleurer. Travailler à la banque de Rothschild ne doit pas être le métier le plus pénible du monde. Par contre « quand on est AESH, femme de chambre, livreur ou conducteur de bus », un autre monde.

Rachel Keke a interpellé le gouvernement sur le sujet ce mardi 17 janvier à l’Assemblée nationale : « avez-vous la moindre idée des difficultés de ces métiers essentiels ? ». La députée insoumise a rappelé la suppression de « 4 facteurs de pénibilité » par Emmanuel Macron. La députée du Val-de-Marne fait ici références aux quatre facteurs de risque supprimés en 2017 : les produits toxiques, les vibrations mécaniques, le port de charges et les postures pénibles.

Travail : la macronie, championne du monde de la déconnexion

Peu importe que ces expositions professionnelles puissent causer de graves problèmes de santé, comme les cancers ou les maladies ostéoarticulaires. L’important pour le gouvernement ? La « flexibilité » du travail. Le « coût » du travail. Jamais vous n’entendrez un macroniste vous parler des « accidents » ou des « morts au travail », ni des dos ou des genoux brisés par des années de travail. Même avec genouillères ou exosquelettes, « le travail abime le corps » a rappelé la députée insoumise, ancienne femme de chambre.

« Aujourd’hui, vous faites semblant de vous intéresser aux conditions de travail des gens. Vous dites que vous allez faire un effort sur la prise en compte de la pénibilité et des facteurs que vous avez supprimés. Le travail abîme le corps et on vit moins longtemps quand on est ouvrier ou employé ». Un rappel salutaire de Rachel Keke face à la macronie, championne du monde de la déconnexion.

Depuis des décennies d’injonctions du capital à repousser l’âge de départ à la retraite, ce sont des professionnels de la politique, des « experts », des intellectuels, des éditorialistes, qui se succèdent sur les plateaux de télés parisiens, pour disserter sur le « travail ». Petit problème : ces gens n’y connaissent pas grand-chose. La pénibilité ? Restaurant gastro face à la Tour Eiffel, le 8ème bureau, taxis pour se rendre sur les plateaux, équipe de collaborateurs en guise de nounous, femmes de ménage pour laver son bureau et son salon, ouvriers pour construire sa maison de vacances, soignants pour sauver ses proches… La bourgeoisie : des parasites, des assistés d’en haut qui profitent du travail des autres.

Pendant ce temps-là, les millions de travailleuses et de travailleurs essentiels créent la richesse et font tourner le pays, mais n’ont jamais voix au chapitre. Vous en voyez beaucoup vous des carreleurs, des caissières, des serveurs, des soignantes, des femmes de ménage, des cheminots, des coffreurs sur les plateaux de télé ? Heureusement Rachel Keke est là pour ramener le réel en politique.