Scandale : la FNAC censure un jeu de société sous la pression de l’extrême droite

La FNAC, enseigne française bien connue, a censuré un jeu de société antifasciste (« Antifa») sous la pression de l’extrême droite. Tout est parti d’un tweet mensonger du député raciste Rassemblement National (RN) Grégoire de Fournas. En proférant des allégations mensongères sur le jeu « Antifa », le député d’extrême droite a chauffé à blanc toute la fachosphère. Même le syndicat des commissaires de police s’en est mêlé sur Twitter. Résultat : la FNAC a rapidement supprimé le jeu de son catalogue, et en même temps elle continue à vendre les livres les plus immondes de l’histoire.

Nous avons eu sous les yeux une démonstration de l’effet Streisand. En demandant la censure d’un jeu qui lui a déplu, l’extrême droite a obtenu l’inverse de ce qu’elle voulait. Les ventes du jeu ont explosé, jusqu’à la rupture de stock. Notre brève.

La FNAC a plié face aux mensonges de l’extrême droite

Une œuvre artistique censurée car l’extrême-droite l’accuse d’être violente, ça vous rappelle quelque chose ? Dans ce cas, vous avez certainement plus de 30 ans et vous avez été marqués par l’annulation du concert du mythique groupe Sniper en 2003.

La FNAC a donc censuré un jeu antifasciste sous la pression de l’extrême droite et de ses mensonges. Tout est parti d’un tweet du député RN Grégoire De Fournas, suivi par le un tweet de syndicat de police.

Le député d’extrême droite est bien connu de nos services. Son interpellation raciste contre un député insoumis n’était que l’aboutissement d’une carrière courte mais déjà bien fournie de petites phrases injurieuses et agressives envers toutes les populations discriminées qu’il croise sur son passage. Vraiment, c’est ce personnage qui se permet de juger de ce qui est violent ?

Ses allégations sont mensongères. Grégoire De Fournas a fait croire sur Twitter à l’existence de cases… qui n’existent pas dans le jeu puisqu’il s’agit d’un jeu de cartes. Le député RN a sûrement vu une photo de la couverture du jeu « Antifa » sur Internet, qui l’a profondément agacée, pour qu’il en vienne à mentir de la sorte.

La polémique a enflé, portée par la fachosphère. Celle-ci s’est mobilisée sur les réseaux sociaux. Tout a basculé quand un syndicat des commissaires de police s’est joint à la polémique. La FNAC a rapidement retiré le jeu de son catalogue.

La FNAC est tombée dans un piège à loup tendu par l’extrême-droite

La FNAC a obtempéré sous la pression. Cette décision de l’enseigne française a soulevé la colère et l’indignation. Celle-ci compte en effet dans ses rayons plusieurs feuilles d’extrême-droite autrement plus violentes et aux conséquences historiques plus concrètes qu’un jeu de carte.

Le jeu « Antifa » déjà en rupture de stock

Vous connaissez l’effet Streisand ? Ce qui s’est passé avec le jeu « Antifa » en a donné un exemple concret. La fachosphère, chauffée à blanc par un tweet mensonger du député raciste Grégoire De Fournas, a donné une large audience à cette polémique créée de toutes pièces. Se rappelant ou apprenant l’existence de ce jeu, qui hérisse les poils de l’extrême-droite, de nombreuses personnes se sont procurées le jeu. Résultat : une rupture de stock de la nouvelle édition du jeu sur le site de sa maison d’éditions (Éditions Libertalia). L’extrême droite a voulu censurer un jeu qui lui déplaisait, elle a fait bondir ses ventes. En somme, elle a obtenu l’inverse de qu’elle voulait. Effet Streisand.

Accusés d’inciter à prendre les armes
Mais ce texte n’était qu’un signal d’alarme
Messieurs, comprenez le sens de notre discours
Ne pas confondre un appel au meurtre et un appel au secours

Comme le groupe SNIPER dans les années 2000, qui avait utilisé la polémique comme matériau d’une des sublimes tranches du rap français, le collectif antifasciste La Horde sort renforcé de cette polémique. Le jeu, jusqu’alors méconnu, est devenu un symbole de la lutte contre l’extrême-droite et l’objet d’une grande chasse au trésor à l’approche des fêtes de fin d’année.

« Nous allons le réimprimer. Mais en raison de pénuries de papier, cela prendra plusieurs semaines et nous ne serons en mesure de le livrer qu’en janvier », explique la maison d’éditions sur son compte Twitter. Une bonne idée de cadeau tombe à l’eau. Peut-être en reste-t-il dans une librairie indépendante près de chez vous ?