Les riches polluent, les pauvres meurent

Les riches tirent leurs super-profits de l’exploitation sans limite des humains et de la nature. La destruction de l’environnement causée par leur insatiable avidité est mortelle : les décès liés à la chaleur ont augmenté de 68%, le risque de mort dû aux incendies de 61%. 100 millions de personnes supplémentaires sont en situation d’insécurité alimentaire grave. Les épidémies de maladies infectieuses comme la dengue ou le paludisme se propagent aussi plus rapidement à cause du changement climatique. Les riches sont à l’abri de ses conséquences : ce sont les pauvres qui meurent. À l’ère de l’anthropocène, la lutte des classes est désormais une question de vie ou de mort. Notre article.

La dépendance aux énergies fossiles compromet la santé des humains. Voilà la conclusion d’une étude annuelle menée par 99 experts issus de 51 institutions, notamment de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), sous la supervision de l’University College de Londres.

Les riches sont totalement accros aux énergies fossiles et les gouvernements à leur botte sont complices de ce crime contre l’avenir de l’humanité

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Les onze principales banques de la zone euro « cumulent un stock de plus de 530 milliards d’euros d’actifs liés aux énergies fossiles », soit l’équivalent de « 95 % du total de leurs fonds propres ». BNP Paribas, Société générale, le Crédit agricole, Natixis et le Crédit mutuel ont augmenté de 19 % par an en moyenne leur financement aux entreprises de gaz et de pétrole entre 2016 et 2020. Avec près de 41 milliards de dollars de financements aux énergies fossiles en 2020, BNP Paribas est la banque qui a le plus augmenté ses soutiens entre 2019 et 2020 au niveau international d’après le rapport sur le financement des énergies fossiles. 

Le système capitaliste ultra-libéral repose tout entier sur un secteur financier tout-puissant lui-même totalement dépendant des énergies fossiles. Par peur d’un effondrement de cette économie climaticide, les États se rendent donc complices de ce crime. 

L’étude parue ce mercredi 26 octobre révèle que 69 des 86 gouvernements analysés ont accordé 400 milliards de dollars pour la seule année 2019 à la production et la consommation d’énergies fossiles. Résultat :  « L’intensité en carbone du système énergétique mondial (secteur qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre) a diminué de moins de 1 % par rapport à 1992 » et « au rythme actuel, une décarbonation complète de notre système énergétique prendrait 150 ans ».

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Les riches détruisent le seul écosystème compatible avec la vie humaine

Les conclusions des 99 scientifiques sont accablantes pour les responsables que nous venons d’identifier : les plus riches et les États qui les protègent.

Le nombre de morts causées par la pollution est estimé à 9 millions chaque année dans le monde. En 2021, l’OMS estimait à 250 000 le nombre de morts annuelles imputables au changement climatique entre 2030 et 2050. 

L’étude parue ce jour permet de connaître le détail morbide de ce macabre décompte. 

  • Hausse de 68% des décès liés à la chaleur entre 2017 et 2021 par rapport à 2000-2004
  • Hausse de 61% de l’exposition humaine aux incendies sur les vingt dernières années
  • 100 millions de personnes supplémentaires en situation d’insécurité alimentaire grave cette année par rapport à la période 1981-2010
  • Élargissement de 32,1% de la période la plus propice à la transmission du paludisme en Amérique, 14% en Afrique par rapport à la période 1951-1960
  • Hausse de 12% du risque de transmission de la dengue en cinquante ans.

Or, selon vous, qui va souffrir ? Les riches sur leurs yachts climatisés ou les pauvres dans leurs passoires thermiques ? Les riches dans leurs cliniques privées ou les pauvres dans leurs déserts médicaux ? Les riches qui trouveront toujours un moyen de se gaver de saumon sur lit de caviar ou les pauvres qui subissent déjà les conséquences d’une inflation de 30% sur les produits alimentaires de premiers prix

Face à l’urgence écologique, la lutte des classes est une question de survie. 

Il y a urgence à changer le système économique pour limiter au maximum ce réchauffement climatique aux conséquences dévastatrices pour les plus démunis de la planète. Il y a urgence à engager la bifurcation écologique pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et aller vers un modèle de société d’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. 

Par Ulysse

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