SNCF, raffinerie, fonction publique : quels sont les secteurs en grève aujourd’hui ?

Mardi 18 octobre 2022, journée de grève interprofessionnelle. Des travailleuses et travailleurs se mobilisent dans tout le pays avec un objectif : diminuer la part de la rémunération du capital pour augmenter la part du travail dans le partage de la richesse créée par les entreprises. Toute la journée, l’Insoumission sera mobilisée aux côtés de celles et ceux qui luttent pour l’augmentation des salaires pour relayer leurs actions et revendications. Pour bien commencer cette journée de grève générale, un point très exhaustif sur les secteurs en lutte.

Quels sont les secteurs en grève pour demander l’augmentation de tous les salaires des travailleuses et des travailleurs du pays et défendre le droit de grève attaqué par le gouvernement ?

  • Les raffineries :

Fer de lance de la lutte pour les salaires et en première ligne de la défense du droit de grève puisque de nouvelles réquisitions pourraient encore être annoncée ce mardi 18 octobre.

Les travailleurs et travailleuses des raffineries ont voté, majoritairement, n’en déplaise au gouvernement, pour la poursuite de la grève.

  • Les centrales nucléaires :

Une grève est déjà en cours, depuis fin septembre, dans plusieurs centrales nucléaires. Neuf sites sont mobilisés pour demander de meilleurs salaires. Cette grève est moins visible pour le moment, mais si les patrons d’EDF s’obstinent à refuser des augmentations de salaires, le mouvement se poursuit dans le temps, cela pourrait compromettre les approvisionnements en électricité du pays, déjà mis à mal par le conflit entre l’Ukraine et la Russie et le refus du gouvernement d’investir massivement dans les énergies renouvelables indépendantes.

  • Les transports :

La SNCF, les transports en commun francilien et les transports routiers sont en grève.

Les syndicats de la SNCF n’exclue aucun scénario pour la suite du mouvement de grève.

A l’approche des vacances de la Toussaint, c’est la reconduction de ce mouvement qui devrait donner le plus de sueur froide au gouvernement. Si le peuple n’a ni carburant, ni train et considère que cette situation est la responsabilité du gouvernement qui refuse d’obliger les entreprises à partager leurs super-profits avec celles et ceux qui travaillent, la grogne sociale devrait encore monter d’un cran. Les grévistes de la SNCF seront donc les premières cibles du gouvernement, ils auront besoin de toute notre solidarité.

Les bus franciliens, déjà en grève car les salaires, trop bas, pour des conditions de travail trop difficile, ne permettent plus de trouver des effectifs suffisant, et celles et ceux qui accepte encore de rendre ce service à la collectivité sont à bout.

Un appel à la grève est lancé également dans les métros et tramways et dans les transports routiers.

  • les installations portuaires

La CGT du port de Marseille a décidé d’entrer dans la lutte. Une détermination renforcée par les propos de Renaud Muselier qui les a accusé de faire « une saloperie au peuple français ».

  • L’éducation nationale :

Une grève était déjà prévue le 18 octobre pour dénoncer la réforme brutale du gouvernement sur les lycées professionnels. La mobilisation nationale sur les salaires s’ajoute à cette contestation d’une réforme qui vise à donner plus de place aux entreprises au détriment des lycées professionnels, donc de l’école. C’est vrai, les enfants qui travaillent plutôt qu’aller à l’école, c’est tellement un beau progrès…

Dans toute l’éducation nationale, Guislaine David, porte-parole du SNUipp-FSU, réclame une augmentation de 300 euros par mois pour le corps enseignant, « dans un premier temps », afin de « pouvoir rattraper les salaires des autres pays européens ».

Les Atsem [Agent territorial spécialisé des écoles maternelles], seront également très mobilisés, le secteur est en lutte depuis la rentrée 2022.

Les crèches et tous les services de la petite enfance seront également en grève.

Un mouvement qui impactera très fortement tous les autres secteurs du travail car de nombreux parents ne pourront pas se rendre au turbin car ils devront garder leurs enfants. Un bon moyen de participer au mouvement de cessation de travail quand le rapport de force est trop défavorable pour instaurer une vraie grève dans son entreprise. Merci les crèches et l’éducation nationale !

  • L’industrie

Stellantis, Sanofi, Renault, Safran… La liste des multinationales du CAC 40 qui gavent leurs actionnaires en exploitant les humains et la nature, tout cela sans contribuer au Trésor public est bien représentée en cette journée de grève interprofessionnelle ! De l’argent, il y en a (beaucoup), dans les poches de ce patronat !

  • La fonction publique

Des préavis ont été déposés pour les trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière). La Fédération des services publics soutient les grévistes dans les raffineries, et affirme des revendications salariales (10% d’augmentation du point d’indice tout de suite). Le mouvement dénonce enfin la réforme des retraites. Le préavis fédéral couvre la journée du 18 octobre et « s’étend jusqu’à la fin du mois.

  • Les commerces et les services

La Fédération CGT des personnels du commerce, de la distribution et des services a également appelé à la grève. Cette fédération recouvre 48 branches de métiers : petite enfance, aide à domicile, agents de sécurité, vendeurs, hôtesses de caisse, serveurs, salariés de la logistique. Tous absolument nécessaires, tous sous-payé.

La grève, c’est aussi un moyen de libérer du temps pour manifester.

La CGT annonce 200 rassemblements dans toute la France pour l’augmentation des salaires et la défense du droit de grève.

Cette première journée interprofessionnelle pourrait se poursuivre, jusqu’à ce que les ultrariches et leurs amis au gouvernement accepte de partager. L’Histoire l’a démontré, les avancées sociales sont toujours des conquêtes sociales, c’est le rapport de force en faveur du Travail contre le capital qui les oblige à partager. La seule limite à l’exploitation, c’est la lutte. La seule manière d’obtenir un meilleur partage des richesses, c’est la lutte.

Caisse de grève : la solidarité populaire, le seul moyen pour gagner contre les ultra-riches.

Il existe un moyen pour toutes celles et ceux qui ne peuvent pas faire grève ou manifester, soit parce qu’ils n’ont pas de travail par choix (retraités, étudiants) ou par contrainte (personne privée d’emploi) soit parce que les conditions matérielles d’emploi ne permettent pas de faire grève. Si vous parvenez encore à boucler vos fins de mois, vous pouvez contribuer à une caisse de grève pour aider celles et ceux qui marchent au devant de la lutte à payer les factures et remplir le frigo tout en continuant ce combat pour l’intérêt général.